La mal nommée Charte des valeurs québécoises aura fait couler beaucoup d’encre. Comme bien des gens, elle me dérange, mais surtout parce qu’elle m’oblige à sortir de ma semi-retraite pour intervenir dans un débat public qui me semble bien mal engagé. Tout d’abord, il semble que tout le monde soit pour la laïcité mais pour le Parti libéral, il semble que ce soit à condition qu’elle ne soit pas appliquée. Pour Charles Taylor et le Canada anglais, ce serait une nouvelle manifestation d’intolérance des nationalistes québécois. Enfin pour Maria Mourani et les indépendantistes du manifeste anti-charte, ce serait une charte de l’exclusion ni plus ni moins. On rejoint ici la position des chroniqueurs de La Presse qui lancent des cris d’orfraie à vous en déchirer les tympans. Et puis il y a la position de mes camarades du Québécois, celle que je respecte le plus qui se demandent si ce n’est pas simplement de l’électoralisme pur à la sauce péquiste qui ne nous fera pas avancer d’un poil vers l’indépendance.
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Pour en finir avec la sacro-sainte Charte!
Je sais aujourd’hui que l’indépendance ne se fera pas avec les nationaleux, mais bien avec les révolutionnaires. En fait, je le sais depuis longtemps, depuis avant le Printemps Érable, j’ai compris que pour faire l’indépendance du Québec, il faut ébranler les colonnes du temple néocolonialiste canadien. Pour réussir à les ébranler par contre, faut savoir les identifier ces colonnes.
Revenir à Falardeau
Vous en avez déjà assez de tout ce débat merdeux autour de la charte de la laïcité ou plutôt des valeurs québécoises du PQ? Vous en avez assez de tout ce provincialisme? Moi aussi! Et pour recharger nos batteries, pourquoi pas revenir à l’œuvre et à la pensée de Pierre Falardeau? Ça tombe bien, il y a deux événements autour de Falardeau dans les prochains jours…
Lettre à Maria Mourani
Ma très chère Maria !
J’ai suivi attentivement tes mésaventures dernières à l’intérieur du Bloc Québécois. Et j’ai entendu tes critiques à l’égard de la patente à gosse du PQ, c’est-à-dire la charte du village des valeurs. Et comme toi, je suis profondément mal à l’aise par rapport à la tournure que prennent les événements présents.
La charte, c’pas une raison pour s’faire mal!
Décidément, le Québec a un don pour péter les plombs dans les dossiers secondaires, et rarement en ce qui concerne l’essentiel. Le dossier de la charte du village des valeurs du PQ en est un bon exemple. Tout fout le camp, les requins voraces ont les yeux fixés sur les richesses de notre pays, mais nous, on est bien trop occupés pour combattre ça. On préfère s’obstiner sur la place du ti-jésus de plâtre ou du bouddha ben gras dans nos institutions ; ça c’t’important, ça c’est fondamental.
Ces symboles qui dérangent… ou pas
Le Parti Québécois veut doter le Québec d’une charte de la laïcité. Le PQ devrait plutôt se consacrer à faire l’indépendance, on y reviendra, mais bon, sur le principe, je suis tout à fait en faveur de la laïcité. Ce qui m’étonne, cependant, c’est à quel point les symboles religieux peuvent soulever les passions présentement au Québec, alors que d’autres symboles lourds de sens et omniprésents ne semblent déranger personne… Faudrait s’ouvrir les yeux un peu plus!
Je me souviens
{jcomments off}
Il est très rare que je parle de choses personnelles dans mes chroniques, essentiellement politiques. Aujourd’hui, cependant, j’ai le goût de le faire parce qu’il y a des personnes de ce pays qui méritent qu’on se souvienne d’elles même si elles n’ont pas passé leur vie sous les projecteurs. Mon père est l’une de ces personnes. Ou plutôt était l’une d’elles. Aubert Bégin est décédé le 15 août 2013 à 85 ans.
Lettre à M. Aussant
Je vous ai lu et je comprends votre idée toute louable de passer du temps avec vos enfants. Je comprends l’intérêt de travailler pour les nourrir. Je comprends aussi qu’on puisse avoir envie de travailler dans un pays que l’on aime beaucoup. Je comprends aussi l’envie de pointer du doigt une personne qui vous embête.
Cependant, malgré le fait que les gens font bien ce qu’ils veulent de leur vie, je ne vois aucune ligne consacrée aux militants, ces gens qui ont fondé beaucoup d’espoir pour l’avenir de leur patrie à partir de vos propres motivations. Cela n’est pas un reproche, cela tient plus de l’explication de la détestation qui vous suit désormais.
Qui est l’oligophrène?
Je me demande si Jean-Martin Aussant a bien lu mon texte. A-t-il mal compris ou fait-il exprès? « L’un des textes qui me pourfendaient venait de quelqu’un qui n’a de cesse d’admirer son père, de montrer ses photos avec lui, de se souvenir de lui, d’être fier de lui. Alors quand je le vois critiquer ma décision d’être un père pour les miens, je me dis qu’il y avait peut-être un certain manque de réflexion dans sa critique. » Je lui reproche d’être « un père pour ses enfants »? Je me cite : « Ainsi donc Jean-Martin Aussant a quitté le parti qu’il a fondé 2 ans plus tôt pour s’occuper de ses jeunes enfants. Noble et difficilement attaquable. » Je me demande qui de nous deux manque de réflexion, sachant qu’il a fondé un parti politique alors qu’il avait déjà 2 jeunes enfants et que c’est cette raison qu’il invoque pour le quitter. Tant mieux s’il s’en occupe de ses enfants. Ce n’est pas ce que je critique. Je dis simplement qu’avoir une famille n’est pas une excuse pour se défiler lorsque la mer devient mouvementée. Sinon, tout le monde a un prétexte pour légitimer la prédominance de ses intérêts personnels sur ceux de la collectivité.
Aussant en emporte le vent
Ainsi Jean-Martin Aussant a quitté le parti qu’il a fondé il y a deux ans pour plutôt s’occuper de ses jeunes enfants. Noble et difficilement attaquable. Il veut faire de la musique. Tant mieux pour lui. Il décide d’aller répandre la bonne parole à travers le monde en retournant à la « City of London » travailler pour les philanthropes et grands bienfaiteurs de l’humanité Morgan-Stanley. Ça, je n’applaudirai pas. Ce départ ne m’émeut guère. Lorsque qu’il marchera dans les rues de Londres, il pourra remarquer ce que les Anglais ont réussi à construire grâce aux richesses, à la sueur et au sang de leurs colonies.
