L’indépendance d’abord

Dans une entrevue publiée samedi dernier, l’ancien ministre péquiste Réjean Hébert déclare que le PQ doit revenir à ses racines progressistes et qu’un parti de coalition gauche-droite ne l’intéresse pas, l’indépendance n’étant pour lui qu’un moyen d’accomplir un projet de société social-démocrate. Cette déclaration ramène une question essentielle sur la raison d’être du PQ. Ce […]

Fini le niaisage : au travail!

Plus on y pense, plus la défaite du PQ pourrait être salutaire pour le mouvement indépendantiste, car le moment de la clarté est venu. Ou bien le PQ met l’indépendance au coeur de son discours, de ses actions et de ses campagnes électorales, ou bien il abandonne son option fondamentale. Ce que les Québécois ont rejeté lors de l’élection, ce n’est pas l’indépendance. C’est plutôt un parti qui n’avait à offrir que gêne, hésitation et improvisation par rapport à l’article un de son programme… Maintenant, fini le niaisage.

Colère !

Depuis le 7 avril, je suis carrément en furie.  En furie contre notre situation politique qui a de moins en moins d’allure.  Et en furie contre les principales têtes d’affiche qui l’animent.

Cette furie est tout d’abord nourrie par ceux qui tentent de nous faire croire que c’est l’indépendantisme qui a perdu le 7 avril dernier.  Celle-là, quand même, elle est forte.   Le PQ a passé la campagne, comme les 19 dernières années d’ailleurs, à s’excuser de son souverainisme timoré. Il a garanti qu’il n’y aurait pas de référendum dans un premier mandat, voire un deuxième ; Agnès Maltais allait jusqu’à clamer haut et fort que le Oui perdrait le prochain référendum.  Dans la campagne, tout a été dit pour commander une débandade magistrale à la suite de la petite excitation provoquée par le bras levé de PKP. Et ce serait l’indépendantisme qui aurait perdu le 7 avril dernier?  Voyons donc !  C’est l’ambivalence péquiste qui a été retournée dans ses terres le 7 avril dernier.  Les Québécois ont signifié à ce parti qu’il ne pouvait pas toujours avoir le cul assis entre deux chaises :  Oui à la souveraineté, un jour peut-être, mais sans jamais travailler pour la réaliser, ni jamais s’engager à quoi que ce soit à ce chapitre.   C’est grotesque comme stratégie.  Et il est maintenant démontré qu’elle conduit à la défaite cinglante.

L’idée d’indépendance n’a pas été battue!

Avec les résultats électoraux désastreux pour le PQ, les fédéralistes tentent encore une fois de faire croire que l’indépendantisme est mort. Rien n’est plus faux. Les Québécois ont rejeté le gouvernement du PQ, pas l’idée d’indépendance. D’ailleurs, l’indépendance n’a pas été un enjeu de cette élection. La mécanique référendaire, oui; pas l’idée d’indépendance. Donc ne comptez pas sur moi pour m’inscrire au club des découragés!

Restons debout patriotes

Et voilà, le verdict populaire est tombé, un gouvernement majoritaire libéral. Là, il va y avoir beaucoup de personnes pour accuser le peuple québécois d’être vraiment des imbéciles, peut-être pour une partie, je peux le concéder. Mais il y a surtout une bonne partie du peuple qui est écoeurée au plus haut degré de la politique actuelle. Réglons tout de suite la question de la division du vote : le vote péquiste a été divisé par les libéraux et les caquistes, essentiellement. Comme quoi les clowns qui font la girouette entre les trois sont les vrais imbéciles heureux, des ignorants de la politique ou des pleutres qui cèdent au chantage de l’élite et aux sondages truffés de demi-vérités des médias. Les résultats d’ON et QS sont principalement ceux de votes de convictions, acquis chèrement grâce au travail de terrain acharné, j’en ai une petite idée maintenant pour l’avoir vécu.

Les élections de la honte

« Les gens ont peur d’un référendum. » – Patrice Roy, Radio-Canada.

Peur d’un référendum? Tu ne peux pas avoir peur d’un référendum. Tu peux avoir peur des foules, peur des araignées, peur des hauteurs, peur de la guerre, peur du Bonhomme Sept Heures. Pas d’un référendum. Est-ce que les gens ont vraiment peur d’un référendum, ou est-ce que ce sont les médias qui inventent cela et qui créent cette peur?

C’est quand même incroyable que PKP avec son poing dans les airs et son affirmation « avoir un pays » ait provoqué cet effet. Une sorte d’euphorie un peu surréaliste chez les militants péquistes et chez certains indépendantistes, une sorte de dégoût chez une frange de la gauche, une peur chez certains, un semblant de panique au ROC. Et finalement, PKP, la nouvelle recrue, le Sydney Crosby du PQ, qui bouscule le tranquille petit agenda de campagne; Charte, avance dans les sondages, pas trop de souveraineté, un « livre blanc » d’Amérique… Trop pressé pour le PQ le gars, Pauline est obligée de back-off : « oui, un pays, mais pas de frontières, pas de monnaie, pas de passeport ». Coudonc, y va rester quoi? Pas d’armée non plus, je gage. On garderait le dollar canadien, le passeport et l’armée canadienne? Finalement, le PQ essaie de recadrer la campagne et d’encadrer sa nouvelle recrue. Pas de référendum avant que les Québécois ne soient prêts.

PKP, le PQ et la cause du peuple

C’est arrivé le 9 mars dernier, l’un des deux grands magnats du Québec en ce qui concerne le monopole médiatique et l’abêtissement public officialisait sa candidature dans la circonscription de St-Jérôme sous les couleurs du PQ. Cette nouvelle, quoique très peu surprenante, a tout de même fait couler beaucoup d’encre sans compter qu’elle a provoqué l’éveil de quelques Elvis Gratton, comme le grand intellectuel Sam Hamad! « Intellectuel » cuistre évoquant tout le respect qu’il porte à ses électeurs dans cette citation : « les gens de Québec, ils ne veulent pas un pays, ils veulent une équipe de hockey »! Cet épique commentaire est tout à fait digne de celui qui l’exprime. Il est seulement fort désolant de constater qu’encore autant de gens dans notre société soient à ce point éloignés de tout esprit civique pour toujours plébisciter ce genre d’individu.

Assez de paroles, il faut des engagements!

À ceux qui disent que le PQ parle d’indépendance durant la campagne et que tous les indépendantistes devraient donc se rallier, vous n’avez vraiment pas compris ce qui a causé l’émergence de tant de mouvements et partis en dehors de celui jadis fondé par René Lévesque. Ce n’est pas que pour un manque de paroles que plusieurs indépendantistes ont quitté le PQ. Clamer « On veut un pays! » ne fera pas l’indépendance…

PKP, ses actions et la face cachée de la lune

« [Les médias] nous empoisonnent.
On a la plus grosse concentration de la presse dans le monde occidental.
Pis y a pas un journal pour le peuple. 
Les caisses populaires, avec 88 milliards d’actifs,
crisse, elles nous donnent la Revue Notre-Dame.
Pis le mouvement syndical, avec 750 000 membres,
calvaire, ils sont pas capables de donner un journal pour le peuple.
Après ça, les gens chialent que le peuple est pas intelligent pis qu’il vote pas bien.
Mais y a personne qui lui dit la vérité ».
 
– Michel Chartrand, novembre 1998

 

Plusieurs me demandent ce que je pense de la candidature de Pierre Karl Péladeau, et ce, en vertu de la liberté de la presse. Il est vrai que mon militantisme passé m’a régulièrement poussé à traiter de l’engagement politique des médias au Québec. Que certains veuillent savoir ce que je pense du fait que le boss de Québecor ait décidé de faire de la politique partisane, c’est probablement juste normal ;  à leurs yeux en tout cas (et aux miens également, sans doute).  Après maintes hésitations, j’ai décidé de donner mon opinion à cet égard, même si c’est un sujet explosif, et même si les croyants me reprocheront un crime de lèse-majesté ou un autre pour avoir émis une critique par ci ou par là à l’égard de ce Parti Québécois qui fait son nid dans la cour de Québecor.

PKP au Parti Québécois : la réorganisation des astres ?

La nouvelle a frappé comme une tonne de briques. Pierre Karl Péladeau (PKP), le milliardaire antisyndical qui traîne dans sa foulée une myriade d’âpres conflits de travail, a annoncé hier qu’il se présente sous la bannière du PQ dans St-Jérôme.  Les voyants rouges sur les écrans radars de tous ceux impliqués en politique se sont du coup allumés à la plus fort intensité.

Mais au-delà du caractère spectaculaire de ce nouvel épisode électoral, qu’est-ce que signifie une telle candidature dans le paysage québécois ?