L’Affaire Martine Ouellet comme illustration de la « féminisation » du débat politique

Signe des temps, c’est aussi le déplacement de la politique vers la « féminisation ». La remplacement des idées des protagonistes par le règne du commérage : les prétextes utilisés par les sept dissidents pour discréditer Martine Ouellet sur son leadership.

Ils ont prétendu ne pas avoir de vraies différences de principe avec elle, la ciblant plutôt comme des mégères sur sa personnalité et ses traits de caractère. Cette « féminisation » du débat, qui délaisse le fond pour la forme, a été reprise massivement par la plupart des médias et des commentateurs politiques. A-t-on cherché à interviewer Martine Ouellet sur ses idées, son programme, la proposition principale du Bloc? À donner aux idées la place centrale qu’elles devraient occuper en politique?

Si on l’a fait c’était en de rares occasions car, en général, ce qu’on a vu c’est un barrage médiatique donnant dans le même travers, avec pour résultat une dégradation du débat public dont les médias – transformés en échotier – sont grandement responsables. Dans cette drôle d’inversion des rôles traditionnels, c’est MO qui occupait le camp de la virilité politique traditionnelle, s’en tenant essentiellement à des démonstrations et explications rationnelles.

Chez les hommes, nous avons eu le spectacle affligeant d’un groupe qui n’en finissant plus de pérorer sur la couleur de la crinoline de Martine. En face, une Martine Ouellet, sortie des stéréotypes du passé, terrain sur lequel on voudrait peut-être la voir retourner? Elle n’a pas cédé à la facilité des mégères. Refusant de descendre au niveau des chicanes de ménage, elle a personnifié l’idée que pour rester dans le débat d’idées utile à la cité, la politique ne doit pas se transformer en théâtre de cancaniers. Elle a honorablement maintenu la hauteur du débat contre la démagogie populiste – quand le populisme fait l’affaire du système il passe inaperçu – de ses adversaires, y compris les médias.

Posted in chroniques politique québécoise, Journal Le Québécois.

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