Votons pour le courage et l’indépendance

Quand Legault et Couillard, les Denis Drolet du dégraissage de l’État, nous font miroiter des emplois et des baisses d’impôt, ils veulent dire en fait qu’ils comptent accorder en sous-traitance le contrat de la création de la richesse à leurs amis rapaces financiers. Selon Couillard, «l’emploi ne se crée pas par l’État», donc il faut abandonner les leviers économiques au capital. Avec des partenariats public-privé, entre autres.

Legault et Couillard nous demandent de donner carte blanche à ceux qui, loin de créer vraiment la richesse, s’en approprient une proportion sans cesse grandissante. Il faudrait faire confiance à Goldman Sachs, à Standard & Poor’s et aux multinationales étrangères pour veiller sur nos intérêts économiques. Il faudrait laisser la richesse s’accumuler toujours plus dans les paradis fiscaux.

L’écran de fumée que colportent allègrement caquistes et libéraux est conçu pour chasser les mauvaises pensées d’égalité et de justice de l’esprit de l’électeur. Le citoyen lambda doit être convaincu que son intérêt et celui du milliardaire coïncident. Les fruits du travail ne doivent pas revenir à ceux qui travaillent et être partagés avec les démunis; ils doivent être siphonnés en catimini, à coup de milliards de primes et de profits abusifs, par les rentiers parasites de la grande finance apatride.

Legault et Couillard, les visages maquillés de la servitude. La croissance de 60 milliards de dollars de la dette du Québec pendant les années Charest, conjuguée à une croissance de 158 milliards de dollars de la dette fédérale entre 2008 et 2014, est caractéristique du cercle vicieux engendré par le néolibéralisme: endettement de l’État, redressement des finances par de funestes mesures d’austérité, mises à pied, chômage, pauvreté.


Pour ajouter l’insulte à l’injure, Couillard nous annonce sans broncher qu’afin de maximiser les dividendes trimestriels, tous les employés sans exception devront savoir parler anglais parfaitement au Québec. Quant au français, c’est une langue officielle facultative, comme en témoignent les nombreux anglophones qui habitent au Québec depuis des lunes sans être capables de tenir une conversation en français. 

Au Canada anglais, tout le monde sait parler anglais, ce qui est normal. Mais au Québec, c’est la langue de la minorité que tout le monde devrait parler. Les immigrants francophones qui ont choisi le Québec justement à cause du français sont choqués d’apprendre, dès leur arrivée, qu’on les a trompés et qu’ils ne pourront pas travailler à moins de connaitre l’anglais. Parions que Couillard verra à dissiper toute ambigüité. Il fera savoir dans toutes les ambassades qu’au Québec, c’est la langue dollar qui compte avant tout.

Les partisans du Parti Québécois voient avec beaucoup d’appréhension l’arrivée possible au pouvoir de Couillard le Saoudien, et ils ont raison de craindre que le Québec en souffre, quoique je ne sois pas certain que leur parti soit présentement le meilleur véhicule pour nous affranchir des dogmes néolibéraux. Mais, en toute amitié, j’aimerais expliquer à mes amis péquistes pourquoi, malgré le péril libéral, je ne voterai pas pour le Parti Québécois le 7 avril et pourquoi la défaite éventuelle de ce parti ne pourra aucunement être imputée aux indépendantistes convaincus qui, comme moi, voteront plutôt pour le jeune parti Option nationale.

La maison mère des exploiteurs fédéralistes est à Ottawa

À entendre parler le Parti Québécois, on dirait que le Québec ne devrait pas se séparer du Canada, mais du Parti libéral. La hantise du PLQ s’est substituée à la quête de la souveraineté. Ottawa est pratiquement absent du discours péquiste. On dirait même que le gouvernement Marois cherche à donner une impression de bonne entente avec Ottawa.

À preuve, l’exubérance d’Alexandre Cloutier lors de la décision récente de la Cour suprême concernant la nomination de Marc Nadon au poste de juge. RDI a bien pris soin de le souligner à gros trait rouge: la Constitution du Canada et les institutions fédérales protègent les intérêts du Québec. Pour des raisons que seul l’état-major péquiste peut comprendre, le ministre s’est gardé de rappeler l’évidence, à savoir que cette protection n’existe que lorsqu’elle est compatible avec la vassalisation du Québec. N’y aurait-il pas eu un complément d’information à donner aux téléspectateurs sur la Constitution et la Cour suprême, dans une perspective indépendantiste?

Le 21 mars 2014, le ministre péquiste des Affaires intergouvernementales du Québec, Alexandre Cloutier, est tout sourire devant une décision que la Cour suprême n’avait pas le choix de prendre, pour des raisons politiques et juridiques. Le ministre fait indirectement l’apologie du fédéralisme canadien. Un ministre libéral aurait tenu le même propos, à peu de choses près. Au cours de l’entrevue, le ministre Cloutier se donne même la peine de dire que les gouvernements du Québec et d’Ottawa se sont entendus à merveille dans le dossier de la catastrophe ferroviaire de Lac-Mégantic, où le gouvernement fédéral est pourtant, de toute évidence, en bonne partie responsable de la mort de 47 personnes et de dégâts matériels et environnementaux énormes.


Le Parti Québécois semble vouloir faire oublier les effets concrets et actuels de l’asservissement des Québécois au sein du fédéralisme canadien, ce qui n’est évidemment pas de nature à convaincre la population que l’indépendance du Québec est nécessaire. La population a de plus en plus de difficulté à suivre le raisonnement du Parti Québécois lorsqu’elle le sent à l’affut du moment propice pour déclencher un référendum. Elle peine à voir le lien entre le projet indépendantiste et le discours habituel des dirigeants péquistes, qui est émaillé d’accusations contre le PLQ, mais qui épargne Ottawa.

Les ministres du gouvernement Marois dénoncent avec fougue la corruption et la mauvaise administration libérales, mais on les entend rarement se plaindre d’Ottawa. Alors, s’il faut nettoyer les écuries d’Augias, la commission Charbonneau ne suffit-elle pas? Nul besoin que le Québec devienne un État indépendant pour mettre fin aux magouilles, se dit l’électeur indécis que la perspective de «briser le Canada» effraie encore.

Le Parti Québécois a complètement délaissé la pédagogie de l’indépendance. Depuis bientôt deux décennies, il braque tous ses canons sur ses adversaires provinciaux, dans un débat provincial. Pourtant, ce ne sont pas les occasions qui manquent de montrer aux Québécois qu’il n’est pas du tout dans leur intérêt de confier leur destin aux institutions fédérales. Voici deux exemples frappants où il aurait été facile pour le Parti Québécois de rappeler aux Québécois que se faire gouverner par une autre nation présente des inconvénients majeurs.

Lac-Mégantic: une tragédie made in Ottawa

L’été dernier, un train bourré d’hydrocarbures a explosé dans une municipalité du Québec. Nous en avons tous vu les résultats catastrophiques. Quarante-sept Québécois sont morts calcinés, et la négligence d’Ottawa ne fait plus aucun doute. Pire encore, nous ne savons toujours pas ce que contenaient vraiment les wagons pour provoquer des explosions d’une telle puissance. Le Bureau de la sécurité des transports disait en septembre dernier ne pas avoir encore terminé ses analyses, mais avoir pu quand même déterminer que le «pétrole brut» avait un point d’ignition semblable à celui de l’essence.

Six mois plus tard, les analyses s’éternisent. Parions que le gouvernement d’Ottawa et «l’intérêt national» ont quelque chose à voir dans ce long délai, car nous connaissons la grande passion pétrolifère et le gout de la guerre de Stephen Harper. Nous savons que c’est un enthousiaste et inconditionnel allié de Washington et de Tel Aviv, quels que soient les crimes de masse orchestrés dans ces deux capitales.

Le «pétrole brut» venait des États-Unis et appartenait à World Fuel Services, l’un des principaux fournisseurs de carburants de l’armée de ce pays (ce que les médias se sont bien gardés de signaler). Les wagons sont passés à proximité de plusieurs raffineries, aux États-Unis, avant de s’échouer à Lac-Mégantic. Leur contenu devait être livré dans un port de l’Atlantique, St. John, à un moment où se préparait un nouveau bombardement humanitaire de l’OTAN, du genre «Irak 2.0», avec prétextes fallacieux et campagne intense de mensonges médiatiques, dans le but de «protéger les civils» en Syrie.

Le drame de Lac-Mégantic pue à plein nez la négligence criminelle d’une administration qui laisse le ti-coune propriétaire de la société Montreal, Maine & Atlantic Railway jouer n’importe comment avec le chemin de fer Petit Réseau qu’il vient d’acheter au Monopoly. Mais il pue aussi la dissimulation et la belligérance de Harper. Quelle substance explosive contenaient exactement les wagons de la mort? Pourquoi Pauline Marois, qui aspire à être chef d’État d’un Québec parlant en son propre nom dans le monde, n’est-elle pas capable, de temps à autre, de sortir de sa gestion provinciale et d’exiger des explications de la part du fürher de la promenade Sussex? Pourquoi la population de Lac-Mégantic a-t-elle été sacrifiée, exactement?

Que contenaient exactement les wagons du train ayant déraillé à Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013, pour qu’une explosion d’une telle puissance ait lieu? Ni le Bureau de la sécurité des transports ni la Sureté du Québec n’ont encore répondu à cette question. On dit que le «pétrole brut» issu des schistes de Bakken, au Dakota du Nord, était explosif, mais personne n’a présenté un résultat d’expertise démontrant que le «pétrole brut» pouvait engendrer une telle explosion à Lac-Mégantic. De plus, l’absence de poursuites pénales est suspecte, car elle pourrait avoir pour but d’empêcher la communication de la preuve, donc la divulgation des expertises scientifiques.


La politique étrangère de l’État voyou fédéral aux antipodes des valeurs québécoises

Et que dire des œuvres de bienfaisance qu’Ottawa perpètre dans le monde avec nos impôts, dans l’immoralité la plus abjecte? Depuis la chute du mur de Berlin, il semble y avoir régulièrement un peuple qui a besoin qu’Ottawa lui enseigne la démocratie et le respect des droits de la personne, du Rwanda à la Syrie, en passant par la Yougoslavie, l’Afghanistan, la Libye et la Côte d’Ivoire. Avec ses amis humanitaires de l’Atlantique Nord, champions des bombes philanthropiques et du mensonge libérateur, le Canada a un formidable bilan «humanitaire» à son actif, auquel se rattachent des dépenses de dizaines de milliards de dollars.

Cet argent, dont au moins 20 % provient des poches des contribuables québécois, est utilisé pour semer le chaos, la mort et la destruction dans les pays qui désobéissent à Wall Street. Le Québec se voit ainsi privé malgré lui de sommes considérables qui pourraient être utilisées de manière nettement plus constructive et plus compatible avec ses valeurs. Quelques milliards de plus ne seraient sans doute pas superflus pour financer l’art, la culture, l’éducation, la santé, le transport en commun, les autres services publics et le développement économique.

Comme l’a souligné le vérificateur général au printemps 2013, rien que pour l’année 2010-2011, Ottawa a versé 3 milliards de dollars en «aide publique au développement délivrée par les organisations multilatérales» sans que les contribuables puissent savoir exactement à quoi a servi l’argent. Il y a de bonnes raisons de croire qu’en fait, une partie de cette «aide au développement» a été utilisée pour le financement d’activités subversives et terroristes. C’est le cas notamment en Syrie. Pour en savoir davantage à ce sujet, le lecteur trouvera, au bas de la présente chronique, un petit extrait de l’encyclopédie de la barbarie canadienne en guise de complément d’information. Je me contenterai, pour illustrer mon propos, de l’exemple récent du coup d’État en Ukraine.

Le dernier exploit des grands défenseurs des droits de la personne au Parlement d’Ottawa est d’avoir manifesté à l’unanimité, tous partis confondus, leur appui aux assassins néonazis qui ont renversé le gouvernement démocratiquement élu de l’Ukraine et instauré un régime de terreur dans ce pays. Dans un excellent article, où il dresse le portrait des principaux acteurs politiques ukrainiens, le Québécois Ahmed Bensaada relate l’histoire véritable de ce coup d’État, qui n’a rien à voir avec le récit fantaisiste des médias de propagande, comme La Presse et Radio-Canada, ou avec les canulars des manipulateurs de médias sociaux.

La vidéo «I am a Ukrainian», visionnée par des millions de personnes sur YouTube, sur Facebook et ailleurs, a été diffusée sur les médias sociaux pour manipuler l’opinion des contribuables qui, par l’intermédiaire de leurs gouvernements, ont financé le coup d’État en Ukraine. Comme nous l’avons appris sur Russia Today — un média essentiel pour quiconque veut échapper au lavage de cerveau à grande échelle orchestré par Radio-Canada et consorts —, ce n’est pas une jolie et sympathique Ukrainienne qui a produit cette vidéo, mais bien Larry Diamond, du National Endowment for Democracy, un organe du Département d’État créé par Ronald Reagan pour s’occuper des activités de désinformation qui relevaient auparavant de la CIA. L’information dont nous avons été inondés depuis novembre 2013, à propos de l’Ukraine, visait essentiellement à «fabriquer notre consentement», une fois de plus, pour que nous nous taisions pendant que notre argent servait à tuer des gens et à faire tomber un pays dans le piège du grand capital prédateur.

À l’article de M. Bensaada, paru le 3 mars, s’ajoutent deux importantes pièces à conviction publiées subséquemment, soit les témoignages d’Urmas Paet, ministre des Affaires étrangères de l’Estonie, et d’Alexander Yakimenko, ex-chef du Service de sécurité de l’Ukraine. Ces deux témoignages incriminent lourdement les nouveaux patrons de Kiev et leurs commanditaires de l’OTAN, qui ont utilisé des tireurs embusqués, dont certains étaient issus des forces spéciales étasuniennes, pour assassiner des dizaines de policiers et de manifestants à Kiev. Ils ont par la suite imputé ces crimes au président renversé, Viktor Ianoukovitch.

Si vous lisez la presse aux ordres des pays de l’OTAN, vous n’y trouverez pratiquement aucune mention des témoignages cruciaux d’Urmas Paet et d’Alexander Yakimenko. Vous n’y verrez que des déclarations des putschistes de Kiev accusant l’ancien président d’être responsable du carnage. Bien entendu, selon Radio-Canada, ce sont les putschistes le cocktail Molotov à la main qu’il faut croire.

En réalité, l’OTAN et sa presse aux ordres sont en guerre contre la Russie, qui dérange beaucoup Wall Street et qui est le pays du G8 à la croissance économique la plus soutenue. C’est la raison pour laquelle vous n’avez probablement pas une très haute opinion de Vladimir Poutine: à grand renfort de reportages mensongers, Radio-Canada et les autres médias de l’oligarchie se sont chargés de bien vous enfoncer dans la tête, depuis des années, toutes sortes d’idées sans aucun rapport avec la réalité, à propos de la Russie et de son président.

Le renversement de Ianoukovitch est en fait une agression contre la Russie, qui commence à en avoir sérieusement marre des psychopathes mythomanes de l’OTAN et de leur promesse maintes fois trahie de ne pas installer de missiles et d’autres dispositifs guerriers en Europe de l’Est pour menacer le territoire russe. La Russie, notre voisin du Nord, avec lequel le Québec a intérêt à entretenir de bonnes relations, s’est emparée de la Crimée sans tirer un coup de feu, à la grande joie de la population, et cet acte de résistance est source d’espoir pour tous les peuples de la terre martyrisés ou rançonnés par l’OTAN, y compris le Québec.

Le 13 mars, Stephen Harper a annoncé que le gouvernement d’Ottawa enverrait aux néonazis assassins de Kiev 220 millions de beaux dollars. Parions que ce n’est pas la dernière somme affectée par Ottawa au développement de la démocratie des fusils en Ukraine. Qu’il est donc intéressant pour nous, les Québécois, qui nous faisons dire par Legault et Couillard que la caisse est vide, de voir notre argent financer l’essor du fascisme en Ukraine! M. Couillard a peut-être raison: la population du Québec ne veut pas de référendum sur la souveraineté. Faisons donc un référendum sur une question plus simple. Demandons aux Québécois laquelle des deux options ils préfèrent: que leur argent serve à améliorer les services publics ou qu’il serve à financer le néonazisme aux portes de la Russie.

John Baird regarde avec satisfaction le résultat du joli travail de ses amis les «manifestants pacifiques», à Kiev, le 28 février 2014. Quelques jours plus tard, le 3 mars, M. Baird comparait la Russie à l’Allemagne nazie sous prétexte qu’elle avait «envahi» la Crimée. Aujourd’hui, la population largement russophone de la Crimée est enchantée d’être de retour au bercail et d’être délivrée du joug de l’extrême droite ukrainienne. Rappelons, à l’intention de M. Baird, que 26,6 millions de personnes sont mortes en URSS pendant la Seconde Guerre mondiale et que les alliés doivent avant tout leur victoire contre Hitler et le nazisme aux sacrifices des soldats russes.

Série de vidéos en ordre chronologique montrant l’escalade de la violence par les «manifestants pacifiques» en Ukraine. Les deux premières vidéos ont été mises en ligne le 1er et le 2 décembre 2013. Elles montrent que, contrairement au récit fictif répandu par La Presse, Radio-Canada et les autres perroquets médiatiques, des émeutiers en herbe s’attaquaient violemment à la police dès les premiers jours des manifestations. Un peu plus tard, les manifestants se mettront à lancer des cocktails Molotov et à employer des armes à feu. La police n’a pas eu le choix, à partir de ce moment, de tirer à balles réelles, elle aussi. Dans la septième vidéo de la série, des manifestants se font canarder par des tireurs embusqués se trouvant dans l’Hôtel Ukraine. Ces tireurs étaient sous les ordres d’Andreï Parubiy, «commandant de Maïdan» et homme de main de Washington. Aujourd’hui, M. Parubiy, un meurtrier de masse, est secrétaire du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine, sous les applaudissements de Harper, Mulcair, Trudeau et cie.

Des drapeaux canadiens flottent à Kiev, tout près des affrontements sanglants. Dans sa motion adoptée à l’unanimité le 27 janvier 2014, la Chambre des communes condamne le gouvernement ukrainien pour ses manières prétendument antidémocratiques et approuve tacitement la violence des manifestants. La Chambre «offre ses condoléances aux amis et aux familles des personnes ayant perdu la vie aux mains des forces de sécurité ukrainiennes le 21 janvier 2014». Ce jour-là, comme on peut le constater dans cette vidéo, les manifestants étaient d’un pacifisme redoutable. 


La charte antifoulard: tout pour éviter de parler d’Al-Qanada

Le Parti Québécois a l’air pétrifié quand vient le temps de critiquer l’État dont il dit pourtant vouloir amener les Québécois à s’affranchir. Il semblerait que sensibiliser les contribuables au détournement de leur argent par Ottawa soit au-dessus des forces du très souverainiste Parti Québécois, qui a préféré proposer au peuple une charte de la laïcité. La cible principale: des petites madames portant un foulard sur la tête. 

Tchador par-ci, charia par-là, tous les épouvantails électoralistes sont bons quand on sait que les musulmans ne représentent que 1,5 % de la population du Québec. Le Parti Québécois croyait pouvoir, sans risque électoral trop important, leur casser du sucre sur le dos. Malheureusement pour lui, le stratagème a mal tourné.

Le débat sur la charte antifoulard a donné lieu à un déferlement d’ignorance et d’hypocrisie qui ne fait honneur ni au Québec ni au mouvement souverainiste. Aux gens qui prétendent que la charte est rassembleuse et neutre, qu’elle ne vise aucun groupe religieux en particulier et qu’elle met tous les Québécois sur un pied d’égalité, je répondrais par la litanie de propos islamophobes qu’ils ont tenus eux-mêmes, en répandant toutes sortes de faussetés et d’exagérations. Tout en invoquant le contenu neutre de la charte, Bernard Drainville et ses suiveurs n’ont pas cessé eux-mêmes de parler de l’islam. La contradiction est flagrante.

Avec la charte antifoulard, Bernard Drainville s’est fait de bons amis, comme la famille Pineault-Caron, qui ont compris tout de suite que le sujet du projet de loi n’était pas vraiment la neutralité de l’État, mais la musulmanie. On trouve, parmi les défenseurs de la charte, beaucoup de gens qui n’ont jamais vu en personne une femme portant le niqab, mais qui n’hésitent pas à s’autoproclamer docteurs ès islam et à nous dire comment il faut interpréter le coran. Les jeunes Québécois, qui sont nombreux à être allés à l’école avec des musulmans, trouvent en général que la charte n’a aucun rapport ni avec leurs priorités ni avec les problèmes sociaux réels. Auront-ils envie de faire confiance au Parti Québécois? Seront-ils réceptifs lorsque le Parti Québécois leur parlera de souveraineté?


Pour faire progresser la laïcité, on n’avait qu’à cesser de financer les écoles privées confessionnelles. Pour aider les femmes, on n’avait qu’à adopter des mesures favorisant l’équité salariale. Et pour s’assurer qu’une éducatrice, une infirmière ou un enseignant s’acquitte de ses obligations dans le respect le plus strict des normes et des règles de neutralité et de professionnalisme établies par l’État, on n’a pas besoin de lui enlever le foulard ou le turban sur la tête. On n’a qu’à observer ce qu’il dit ou ce qu’elle fait. On n’a qu’à voir si, selon des critères objectifs, sa tenue vestimentaire nuit à l’exercice de ses fonctions. Pas besoin d’une charte antifoulard pour tout cela. Des critères de compétence et de rendement sont de loin préférables à un galon servant à mesurer la longueur du crucifix.

Ce qui est le plus désolant, dans cette grande mobilisation électoraliste antifoulard de souverainistes égarés, c’est que, tout en polarisant une partie du vote contre lui et en ne gagnant apparemment que peu de sympathisants, le Parti Québécois a raté une occasion en or de montrer au peuple québécois qu’Ottawa utilise son argent pour financer le terrorisme islamiste. S’il fallait déclarer la guerre à l’intégrisme religieux, le Parti Québécois n’avait qu’à commencer par Al-Qanada, commanditaire du terrorisme islamiste et fidèle partenaire des princes saoudiens.

Comme le lecteur pourra le constater dans le complément d’information au bas de la présente chronique, Ottawa a pris de l’argent dans les poches des Québécois, au cours des dernières années, et s’en est servi pour assister militairement des terroristes islamistes en Libye ainsi que pour héberger, nourrir et soigner le même genre de barbus fanatiques en Syrie. Contrairement au commun des mortels, le gouvernement Marois était sans doute parfaitement au courant de ce détournement de deniers publics. Pourquoi a-t-il choisi de laisser Al-Qanada tranquille? Craignait-il de se faire poser une bombe quelque part? À moins que ce ne soit la peur de se faire voler un autre référendum?

Si je comprends bien le raisonnement du gouvernement Marois, financer le terrorisme islamiste avec des deniers publics serait conforme aux valeurs des Québécois, tandis que porter le hidjab dans une garderie serait une atteinte à la neutralité de l’État. Hallucinant. Au lieu de faire la chasse aux sorcières en tchador, le ministre Drainville et ses collègues n’étaient-ils pas capables de demander des comptes aux bandits en complet d’Ottawa?

Un vote pour Option nationale = des moyens pour promouvoir l’indépendance

Dernièrement, je me trouvais dans un centre commercial de Lachute, aux portes de la circonscription d’Argenteuil, qui est représentée par le député péquiste Roland Richer. Près d’une épicerie se trouvait un présentoir avec des journaux gratis. Je venais justement de croiser monsieur le député et d’échanger quelques mots cordiaux avec lui. Quelle ne fut pas ma déception de ne trouver, dans le présentoir, que des feuilles de chou anglaises: le journal Main Street, tiré à 14 000 exemplaires, «seul journal anglophone des Laurentides»; le journal The Review, publié dans l’Est ontarien, plus précisément à Vankleek Hill, et distribué également au Québec.

Ma déception s’est transformée en indignation lorsqu’à la page 13 de Main Street, j’ai trouvé une publicité du député Richer à côté d’un article sur les bagnoles. Évidemment, le journal en question contenait aussi une publicité du candidat libéral, Yves St-Denis. Gras dur, le journal. Bien engraissé avec les deniers publics des Québécois pendant que les indépendantistes, eux, se font refuser le même privilège.

Il y a quelques années, sous l’influence des radios-poubelles de Québec parties en guerre contre les indépendantistes qui se tiennent debout, le Parti Québécois a décidé de cesser d’acheter de la publicité dans le journal Le Québécois, seul journal indépendantiste au Québec. Ça a l’air que moi et mes camarades du Québécois étions une bande de terroristes, en somme. Comme chacun le sait, les radios-poubelles, elles, sont des exemples de modération et d’intelligence citoyenne. Elles méritent toute l’empathie du Parti Québécois.

La publicité de Roland Richer et du Parti Québécois dans un journal anglophone des Laurentides. M. Richer s’imagine peut-être qu’il convaincra ainsi des anglophones de voter pour le Parti Québécois. 

L’autre journal trouvé dans un présentoir à Lachute, anglophone lui aussi, est subventionné par le ministère du Patrimoine canadien, ce qui lui permet d’être diffusé plus largement, notamment au Québec.


Alors, résumons. Depuis deux décennies, le Parti Québécois considère qu’il n’y a plus lieu d’expliquer aux Québécois pourquoi ils devraient se doter d’un pays à eux. Il attend que les «conditions gagnantes» arrivent par l’opération du Saint-Esprit. Il finance la construction complètement irrationnelle et extrêmement couteuse de deux mégacentres hospitaliers universitaires à Montréal. Dans le premier mégacentre, les adeptes de l’apartheid linguistique pourront travailler en anglais et angliciser davantage le coeur de Montréal, donc renforcer l’opposition à la souveraineté du Québec. Dans le second mégacentre, qu’on finira par bâtir plus tard, la majorité francophone, qui constitue 80 % de la population, aura droit à 50 % des budgets. 

Le Parti Québécois regarde, sans protester ni même questionner, la négligence et la belligérance d’Ottawa causer un drame épouvantable dans une municipalité du Québec. Il reste muet devant le détournement éhonté de l’argent des Québécois, par Ottawa, pour financer la quête effrénée du pétrole, les coups d’État, les bombardements humanitaires, le terrorisme et les génocides.

Au lieu de dénoncer la complicité d’Ottawa avec les Bédouins wahhabites d’Arabie Saoudite, principale source de fanatisme islamique dans le monde, le Parti Québécois préfère déclencher une chasse aux sorcières portant le hidjab qui risquent de porter atteinte à la neutralité de l’État dans les garderies.

Le Parti Québécois regarde Ottawa dépenser des dizaines de millions de dollars en propagande fédéraliste au Québec chaque année: 400e anniversaire de Québec, omniprésente publicité pour le Plan d’action économique du Canada, subventions aux périodiques anglophones diffusés au Québec, chaires de recherche du Canada, Centre de santé universitaire McGill. La liste est longue. Puis, la cerise sur le gâteau: au lieu de donner une petite chance aux valeureux indépendantistes qui se débrouillent avec rien pour publier un journal, les députés du Parti Québécois préfèrent acheter de la publicité dans les journaux anglophones.

Et après, tandis que Pauline n’en finit plus de répéter qu’il n’y aura pas de référendum, sauf si des extraterrestres apportent un jour aux Québécois la révélation que l’indépendance est possible, nous, les indépendantistes, qui nous sacrifions depuis des années pour notre cause et pour notre patrie, devrions mettre un X pour Pauline sur nos bulletins de vote. Il y a des limites à prendre les militants pour des valises!

Que le Parti Québécois cesse d’accuser les autres partis indépendantistes de diviser le vote et qu’il se regarde donc un peu aller. Ce n’est quand même pas la faute des autres partis si le poing levé de Pierre-Karl Péladeau a fait dérailler la campagne de Pauline. Ce n’est pas la faute de M. Péladeau non plus. C’est le résultat de dix-neuf années d’attentisme et d’électoralisme. Le Parti Québécois ne peut même plus prononcer le mot souveraineté sous peine de perdre les élections. Pauline Marois déçoit les militants indépendantistes, qui espéraient que l’audace de Pierre-Karl Péladeau sonnerait le réveil, et, du même coup, elle soulève une vague de scepticisme dans la population, qui perçoit un manque de sincérité dans son insistance à nier l’article premier des statuts du Parti Québécois. Comprenez-vous, maintenant, pourquoi je voterai pour Option nationale?

Chaque vote pour Option nationale lui permettra de bénéficier d’un financement public accru qui compensera la paralysie actuelle des élites du Parti Québécois. La vigueur et la détermination des militants d’Option nationale seront multipliées chaque fois qu’augmentera le pourcentage des votes qu’ils récolteront. La voix de la souveraineté se fera entendre, plutôt que d’être étouffée par l’électoralisme frileux. Du point de vue d’un indépendantiste, voter pour Option nationale, c’est donner des moyens à un parti politique qui les consacrera entièrement à la libération du Québec, pour que notre patrie se débarrasse du joug de l’État fédéraliste, héritier de l’Empire britannique et serviteur contemporain de l’Empire étasunien. Pour que nous prenions enfin en main notre destin et que nous puissions dialoguer fraternellement avec les autres peuples de la terre.

Option nationale ne divise pas le vote indépendantiste; il le crée. Il essaie de convaincre sincèrement. Contre vents et marées. C’est comme ça qu’on bâtit un pays: avec la jeunesse, l’énergie, l’ingéniosité, le courage. Cessons de croire que notre pays, nous l’aurons avec des votes stratégiques. Nous gagnerons notre lutte en restant fidèles à nos convictions. Vive le Québec libre! Vive Option nationale et ses valeureux militants!

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Extraits de l’encyclopédie de la barbarie canadienne dans le monde

À lire également: l’encyclopédie de la barbarie canadienne sur son territoire, qui couvre deux siècles et demi et comprend plusieurs tomes, par exemple, sur les pensionnats autochtones, les réserves indiennes et la répression massive d’octobre 1970, où Ottawa a occupé le Québec avec 12 000 soldats et a emprisonné sans motif environ 500 dangereux terroristes, comme des poètes, des chanteuses, des syndicalistes et des travailleuses sociales. Des heures de lecture fascinante.

Rwanda

Le Canada et son héros cinématographique Dallaire ont aidé l’un des plus grands criminels de tous les temps, Paul Kagame, à prendre le pouvoir au Rwanda, dans un bain de sang effroyable. Le génocide et la traque des Hutus, commencés en 1990, se poursuivent encore aujourd’hui, avec la complicité d’Ottawa et des journalistes aveugles spécialisés dans le copier-coller, qui n’entendent que les pleureuses tutsies à la solde de Kagame.

En 1994, le père Claude Simard, un Québécois, est assassiné au Rwanda. Un enquêteur canadien découvre que c’est l’œuvre des sbires de Kagame. Simard en savait un peu trop sur les atrocités de masse commises par les sinistres individus de l’Armée patriotique rwandaise, qui se faisaient passer pour des sauveurs ayant mis fin au génocide, alors qu’ils en étaient eux-mêmes les principaux artisans. Le rapport de l’enquêteur parvient à Ottawa, qui enterre l’affaire. Un prêtre québécois de plus ou de moins, qu’est-ce que ça peut bien faire dans le grand dessein d’Ottawa?

En 1997, un autre prêtre québécois, Guy Pinard, est assassiné par un tueur à gages de Kagame. Lui aussi en savait trop. Après s’être dit «profondément attristé et choqué», dans un communiqué, Jean Chrétien décide qu’encore une fois, pour ne pas nuire au chiffre d’affaires de certaines multinationales de Bay Street, il vaut mieux laisser les tueurs en paix. Peu importe que Guy Pinard fût de Shawinigan, comme le premier ministre canadien de l’époque, Ottawa n’embêtera plus jamais Kigali à ce sujet.

En janvier 2013, le bon ministre Jason Kenny livre le pauvre Léon Mugesera en pâture à Kigali, où une sordide geôle l’attend et où il subira le même sort que l’opposante Victoire Ingabire: un procès truqué et une condamnation injuste organisés par des dirigeants qui sont eux-mêmes des meurtriers de masse. Léon Mugesera vivait paisiblement au Québec depuis une vingtaine d’années avec sa femme et ses enfants. Il avait quitté le Rwanda en 1993, avant l’apothéose de l’horreur de 1994. Mais Léon est quand même un génocidaire, selon le gouvernement d’Ottawa, grand défenseur de la primauté du droit et surtout, grand ami de Paul Kagame. C’est fou comme la primauté du droit peut être un concept élastique lorsque des minières canadiennes font de gros profits à piller l’Est de la République démocratique du Congo, sous la protection des tueurs de Kagame.

La gouverneure générale Michaëlle Jean serrant chaleureusement la main du dictateur génocidaire Paul Kagame, à Kigali, en avril 2010.


Yougoslavie

Après les «bombardements humanitaires» en Yougoslavie, le Canada s’est vanté de ses exploits guerriers. Voici un extrait d’un article de Guy Leblanc à ce sujet:

«La flotte aérienne du Canada a fourni 18 CF-18 au contingent de 800 appareils qui ont bombardé la Yougoslavie. Les pilotes canadiens ont effectué 10 % de toutes les frappes aériennes de l’OTAN contre la Yougoslavie, effectuant un total de 678 sorties, dont 558 pour bombardements. À cause du mauvais temps, et d’attaques de missiles sol-air serbes, des missions ont avorté et 224 sorties ont effectivement résulté en bombardement. Toutes les régions de la Yougoslavie ont été soumises aux bombardements canadiens.

«Le Canada aurait largué en tout 361 bombes guidées au laser et 171 bombes ordinaires de 220 kilogrammes. Le travail des pilotes canadiens était tellement apprécié par les dirigeants de l’OTAN qu’ils ont dirigé plus de la moitié des opérations internationales auxquelles ils ont pris part, selon le ministre de la Défense, Art Eggleton.

«Henault a admis explicitement que les Canadiens ont été responsables de la destruction de ponts sur le Danube, de raffineries, d’entrepôts de pétrole, d’émetteurs radio, d’aérodromes, d’édifices gouvernementaux, sans oublier des forces serbes au Kosovo. Ailleurs, il a été aussi fait mention de la participation, lors des derniers jours de la guerre, des avions canadiens à l’extermination d’un important bataillon serbe sur le Mont Pastrik, près de la frontière entre le Kosovo et l’Albanie. Plusieurs experts considèrent cette boucherie comme le tournant de la guerre.

«Puisque l’OTAN évalue à 52 milliards de dollars (35 milliards US) la reconstruction de la Yougoslavie (une évaluation conservatrice puisque le 20 mai, le gouvernement yougoslave estimait à 100 milliards de dollars US les dommages causés par les bombardements de l’OTAN), on peut dire sans se tromper que le Canada est responsable d’au moins 5 milliards de dollars de saccages directs en Yougoslavie en 79 jours de frappes aériennes.

«Henault a indiqué que les bombes, guidées au laser, ont atteint leurs cibles 3 fois sur 4. Nous en déduisons donc qu’au moins 1 fois sur 4 les militaires canadiens ont imposé des dommages officiellement non militaires. Le lieutenant-général a nié toute implication dans les bombardements controversés de civils par l’OTAN. Préparé par des faiseurs d’opinion publique professionnels pour son point de presse, le sous-chef de l’état-major a choisi ces mots avec précautions. Il n’a rien nié d’autre qu’une implication dans les bombardements controversés de civils par l’OTAN. Lorsqu’on sait que les cibles « militaires » consistaient en ponts, autoroutes, usines, il serait miraculeux que les cibles « manquées » n’aient pas compris des civils, des quartiers résidentiels ou des écoles.

«Le cout total de l’opération militaire pour le gouvernement canadien est estimé à plus de 700 millions par l’armée. […]»

Deux documentaires montrent l’horreur et la perfidie de la guerre de l’OTAN contre la Yougoslavie, en 1999: «ЗАШТО? WHY?» et «Yougoslavie. Une guerre évitable». 

 


Afghanistan

Actuellement, les derniers soldats canadiens sont en train de quitter l’Afghanistan, pays que le Canada occupe depuis 2001, en compagnie de ses partenaires moralisateurs et détenteurs exclusifs de la vertu et de la justice. Cette occupation a eu lieu dans le cadre d’une «guerre contre la terreur» déclenchée par George Bush fils, au lendemain des très suspects attentats du 11 septembre 2001, dont les véritables auteurs demeurent inconnus à l’heure actuelle. Selon Radio-Canada et les autres propagandistes de guerre canadiens, nos impôts doivent être utilisés en Afghanistan pour libérer la population locale de l’intégrisme des talibans.

Les talibans sont en fait les moudjahidines d’hier qui, financés et lourdement armés par les États-Unis, sont parvenus à vaincre l’armée soviétique pour remplacer le socialisme par un régime islamique. C’était à l’époque de la Guerre froide. Au cours des 12 dernières années, nos impôts ont servi à combattre, en Afghanistan, un problème créé de toutes pièces par Washington.

Avec nos blindés, nos hélicoptères, nos bombes et nos fantassins Robocop qui débarquent dans les villages la mitraillette au poing pour donner des bonbons aux enfants, nous avons essayé de gagner la confiance de la population locale, qui est demeurée très réticence à nous la donner, et pour cause. La propagation militaire des «valeurs canadiennes» en Afghanistan a eu des conséquences dramatiques.

Depuis 2001, des dizaines de milliers de civils afghans sont morts et des centaines de milliers ont été blessés, souvent mutilés, à cause de la guerre: des hommes, des femmes et des enfants qui ne nous ont jamais demandé d’aller les «aider». Mais, pour délivrer les pauvres Afghanes de leur bourka, il faut bien en sacrifier quelques-unes, n’est-ce pas? Mince réconfort: selon les chiffres des «bons gars» de la coalition de la vertu, les attaques des talibans font plus de victimes parmi les civils que les attaques financées par les contribuables des pays de la coalition. Comme toujours, il faudrait croire sur parole les grands pacifistes de l’OTAN, qui disent toujours la vérité.

Les talibans avaient éradiqué la culture du pavot en Afghanistan. Mais, depuis que les vertueux soldats de la coalition angélique veillent sur le territoire, l’Afghanistan est devenu le premier exportateur d’héroïne. On dit que 90 % de la production mondiale de cette drogue est concentrée en Afghanistan. Pourquoi? Parce que c’est la monnaie d’échange de nos généraux. Pour tâcher de convaincre, du moins en partie, une population hostile à nos soldats de ne pas se ranger totalement dans le camp des talibans, l’armée canadienne et les autres armées d’occupation laissent les champs de pavot intacts. L’héroïne se retrouve ensuite dans nos villes, où, comble de la fourberie, notre gouvernement fédéral, allié objectif des producteurs d’héroïne en Afghanistan, ne veut surtout pas que l’on ouvre des centres d’injection supervisés pour atténuer les méfaits de la drogue.

Des dizaines de soldats québécois sont morts en Afghanistan et des centaines y ont été blessés. Le gouvernement fédéral a toujours refusé de fournir des chiffres exacts permettant d’évaluer le cout total de l’occupation de l’Afghanistan pendant plus de 12 ans. À Ottawa, le directeur parlementaire du budget a estimé que, pour la période de 2001 à 2011, le cout pourrait atteindre 18,1 G$. Quoi qu’il en soit, le cout humain et financier de cette guerre aura été indiscutablement énorme. Et il s’ajoute aux autres dépenses de «sécurité» du gouvernement fédéral qui ont un effet très hypothétique sur la «sécurité» des Québécois.

Voici un extrait d’un rapport publié en février 2014 par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) du Québec sur «les couts de l’escalade sécuritaire au Canada»:

«Les dépenses sécuritaires ne suivent pas la même trajectoire que les dépenses visant à améliorer la qualité et l’accessibilité des services publics. Alors que l’État fédéral prétend manquer d’argent pour les politiques sociales, les budgets servant à financer des opérations militaires à l’étranger au nom de la guerre au terrorisme semblent infiniment extensibles, comme ceux destinés à doper les capacités opérationnelles des services de renseignement, des corps policiers ou encore des services carcéraux.

«[…] les crédits alloués à la Défense nationale ont connu une hausse importante depuis la fin des années 1990. De 1997–1998 à 2012–2013, cette augmentation s’élève à 6,5 G$, soit une progression des dépenses de l’ordre de 48 %. Cette tendance haussière a atteint un sommet en 2010–2011 (22,2 G$), pour ensuite connaitre un recul de 10 % (2,2 G$) durant les deux années suivantes en raison du plan fédéral de lutte au déficit. […] rappelons que les compressions à la Défense nationale ont été appliquées avec une année de retard par rapport aux autres postes budgétaires du gouvernement fédéral. Ce délai indique l’importance des dépenses militaires dans la stratégie politique et économique du présent gouvernement.»

Et quel aura été le résultat de l’occupation de l’Afghanistan, à part l’enrichissement des marchands de canons? Demandez aux parents des soldats morts en Afghanistan ou revenus du champ de bataille avec des cicatrices permanentes ce qu’ils pensent de la «mission» désastreuse du Canada, qui se retire d’Afghanistan avant que la défaite ne soit devenue trop évidente. Des Québécois sont morts pour rien. Des milliards provenant des poches des Québécois ont été dépensés en pure perte et ont infligé de grandes souffrances aux Afghans. Les talibans sont toujours en mesure de frapper et finiront peut-être par reprendre le pouvoir. Ils sont chez eux, en Afghanistan, et ils sont très déterminés. Les Afghanes portent encore la bourka. Les Afghans nous détestent. Voilà le résultat.

Femme et enfants afghans tués, le 15 janvier 2014, par les gentils soldats de la coalition des missionnaires de la démocratie. Ce jour-là, 13 civils ont été tués, contrairement aux affirmations initiales du très fiable Washington Post. Dans le coin inférieur droit, une femme afghane, photographiée en aout 2008 devant sa maison détruite du village d’Azizabad, nous montre à visage découvert ce qu’elle pense de nos efforts pour l’affranchir de la bourka. Le 22 aout 2008, un raid aérien d’une durée de 6 heures, perpétré avec un avion de combat AC-130, des hélicoptères Apache et des drones Predator, a fait 91 morts parmi les habitants d’Azizabad.


Libye

La Libye, autrefois pays phare du développement de l’Afrique, est aujourd’hui dévastée et livrée à des bandes armées. La violence s’y est même aggravée dernièrement. L’État est très affaibli, l’économie est en panne, et les armes automatiques se font souvent entendre dans les rues. Le pays est devenu la plaque tournante du trafic d’armes alimentant 14 conflits dans le monde. Voilà le cadeau que le Canada a fait aux Libyens en 2011, avec l’argent des contribuables, qui ont financé les bombes et les missiles largués depuis les F-18 pour «aider la population». Selon le mensonge officiel de l’OTAN, les Libyens «se faisaient massacrer par le dictateur», alors il fallait décréter une zone d’interdiction de vol et s’acoquiner avec des égorgeurs islamistes financés et équipés entre autres par le Qatar. Voilà comment le gouvernement fédéral du Canada, avec l’appui de la Chambre des communes et du Sénat, répand les valeurs canadiennes de démocratie et de respect des droits de la personne en Afrique et au Moyen-Orient.

Pour en savoir davantage sur l’œuvre humanitaire du Canada en Libye, j’invite le lecteur à consulter «Les crimes de guerre de Charles Bouchard», un article que j’ai publié le 6 novembre 2011 sur Vigile.net.

La ville de Syrte en ruine, cadeau d’Ottawa aux Libyens. C’est le général Charles Bouchard, un Québécois, qui dirigeait les bombardements et qui a ordonné l’attaque aérienne ayant conduit à l’assassinat de Mouammar Kadhafi.


Côte d’Ivoire

Le 11 avril 2011, en Côte d’Ivoire, après une guerre civile longue de presque neuf ans, les soldats français de la Force Licorne ont employé la «solution finale» pour renverser Laurent Gbagbo, un homme immense et un modèle pour l’humanité au même titre que Gandhi. Ils ont bombardé la résidence présidentielle, un objectif civil, où se trouvaient des femmes et des enfants, pour ensuite remettre le pouvoir au dictateur spoliateur Alassane Ouattara et à ses chefs de guerre sans foi ni loi, dont le grand patron était Guillaume Soro.

La France et ses alliés principaux, les très humanitaires pays que sont les États-Unis et le Canada, ont ainsi livré la Côte d’Ivoire à des bandits et des assassins notoires, les Forces nouvelles, qui avaient commis une grande quantité de meurtres et d’autres crimes dans la zone qu’ils occupaient depuis 2002. En mars 2011, peu de temps avant l’aboutissement du coup d’État, les Forces nouvelles ont notamment massacré des centaines de civils à Duékoué, dans l’Ouest du pays.

Pendant la «crise postélectorale», qui a suivi l’élection du 28 novembre 2010, remportée par Laurent Gbagbo (quoi qu’en disent les radiocanadiens), Ottawa a financé les Forces nouvelles. De l’aveu même du «ministre» Patrick Achi, à la caméra de Radio-Canada, le Canada a versé un million et demi de dollars au «gouvernement» d’Alassane Ouattara au début de mars 2011, alors que les hommes de main du dictateur en devenir retranché dans son hôtel étaient affairés à massacrer la population ivoirienne pour prendre le pouvoir par la force.

Comme j’ai déjà passablement écrit sur le drame de la Côte d’Ivoire, en particulier pour le public québécois, je me permets de proposer au lecteur quelques liens avec des articles de mon cru qui lui permettront d’en savoir davantage.

Les Forces nouvelles, une organisation terroriste généreusement commanditée par Ottawa avec l’argent des contribuables québécois, exécutent sommairement des civils présumés «pro-Gbagbo» dans les rues d’Abidjan, le 8 avril 2011.

 


Syrie

Le gouvernement d’Ottawa a aidé Al-Qaïda et d’autres groupes intégristes du genre en Syrie, sous le couvert d’une aide humanitaire qui, comme l’a souligné le vérificateur général au printemps 2013, échappe à tout contrôle. Rien que pour l’année 2010-2011, Ottawa a versé 3 milliards de dollars en «aide publique au développement délivrée par les organisations multilatérales» sans que les contribuables puissent savoir exactement à quoi a servi l’argent, même si on s’en doute un peu.

On s’en doute même beaucoup lorsqu’on voit Ottawa envoyer des dizaines de millions de dollars pour aider les réfugiés syriens dans les pays limitrophes (Jordanie, Liban, Irak et Turquie) où sont basés des terroristes, souvent étrangers, que l’on appelle gentiment les «rebelles syriens». On s’en doute beaucoup quand on sait que les camps de réfugiés en Turquie, par exemple, sont installés tout près de la frontière et ressemblent beaucoup plus à des camps retranchés, avec barbelés et miradors, qu’à de véritables camps de réfugiés où de pauvres victimes mangent du riz tous les jours et dorment sous la tente. (Voir de nombreux reportages: 10 avril 2012, 13 mai 2012, 14 mai 2012, 2 aout 2012, 29 septembre 2012, 25 octobre 2012, 19 décembre 2012.)

Ottawa ne semble aucunement gêné de se joindre à l’agression perpétrée contre la Syrie par des régimes antidémocratiques et répressifs comme l’Arabie Saoudite et le Qatar, symboles par excellence de l’intégrisme religieux le plus rétrograde.

Malgré la guerre commanditée entre autres par Ottawa et malgré les mensonges des médias de la haine comme Radio-Canada et La Presse, le brave peuple syrien, toutes confessions confondues, se rassemble autour d’une chanson dans une rue de Damas, le 20 juillet 2013. Un joli pied de nez musical aux agresseurs. 

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