Un magnat de la presse endetté jusqu’au cou

Hier, on apprenait que le Groupe Capitales Médias venait d’acheter six journaux appartenant jusque-là à Gesca, filiale médias de Power Corporation.

D’emblée, le dossier soulevait des interrogations concernant l’actionnaire unique de Capitales Médias qui est Martin Cauchon, ex-ministre libéral fédéral.

Dans un premier article publié sur le sujet, je me demandais hier comment l’homme avait pu faire pour acheter un tel lot de journaux tout d’un coup?

J’étais et je demeure convaincu que des appuis en moyens ont permis à Cauchon de se hisser au rang de magnat de la presse.

Le journal Argent (Québecor) s’est posé les mêmes questions que moi. Et ils ont publié aujourd’hui un article stipulant que Martin Cauchon avait contracté une nouvelle hypothèque pour sa maison d’Outremont en mai 2014 au montant de 1,2 million$. La valeur de sa maison étant justement estimée à 1,2 million$. Cela démontre que l’homme est bien mal placé pour acheter, seul, les journaux de Gesca. Il n’en a tout simplement pas les moyens.

Lorsqu’on fait l’exercice consistant à vérifier ce qu’une telle hypothèque exige en termes de remboursements mensuels, on découvre un montant d’environ 6000$. N’ayons pas peur des mots: L’homme est endetté jusqu’au cou. Cauchon est un magnat de plastoc!

Il est aussi intéressant de savoir que l’hypothèque a été contractée auprès du groupe Investors, filiale de Power Corporation. Martin Cauchon siège d’ailleurs sur le conseil d’administration dudit groupe.  Autre démonstration que tout le monde travaille ensemble dans cet univers-un-chum-c’t’un-chum.

Ce qui nous ramène aux questions d’hier. Qui a permis à Martin Cauchon d’acheter les journaux de Gesca? Pour quelle raison cette aide lui a-t-elle été fournie? Et pourquoi ces gens tiennent-ils à rester cachés?

Et est-ce que ces gens aideront encore Martin Cauchon dans l’avenir pour maintenir à flot ses journaux? Car la situation de la presse écrite n’est actuellement pas très positive. C’est le moins que l’on puisse dire. La Presse n’est d’ailleurs plus rentable depuis des années si l’on se fie aux analyses avancées par Yves Michaud. Alors qui renflouera les coffres du Soleil et des autres journaux de Capitales Médias quand ils auront besoin de liquidités pour payer les salaires ou les retraites des employés? Certainement pas Martin Cauchon et sa rente fédérale en tout cas!

Pour que nous ayons l’image la plus précise possible de qui tire les ficelles des grands médias du Québec, il est important de connaître les détails concernant le montage financier ayant permis à Martin Cauchon d’acheter les journaux de Gesca. Déjà que ce soit un ancien ministre libéral qui se porte acquéreur de tous ces journaux demeure inquiétant eu égard à la supposée indépendance dont devraient faire preuve les médias dans un contexte démocratique digne de ce nom. S’il fallait en plus que les appuis dont jouit Cauchon soient eux aussi des acteurs politiques, il nous faudrait alors nous inquiéter encore davantage.

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3 Comments

  1. Cette transaction cache quelque chose de plus insinueux à mon avis. Le PLQ cherchera sûrement à faire passer une nouvelle loi pour exclure PKP de l’AN à cause de ses actions de Québecor et soustraire Power Corp de cette loi. En plus, avec la presse régionale contrôlée par la bande par les Desmarais, on attaquera le PQ sur son terrain en région à l’abri des regards

    • « En plus, avec la presse régionale contrôlée par la bande par les Desmarais, on attaquera le PQ sur son terrain en région à l’abri des regards »

      C’est déjà le cas.

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