Restons debout patriotes

Le PQ devra faire sont mea culpa, car il est le seul responsable de sa défaite cuisante aux mains des libéraux, et il faut le dire aussi, aux mains de la CAQ, qui a raflé toute la Rive-Nord de la grande région métropolitaine, ainsi que les forteresses péquistes de Lanaudière. La seule bonne nouvelle pour le PQ, c’est la démission de Pauline Marois. Elle qui était définitivement détestée, même par une bonne partie des indépendantistes, du moins par bien des personnes que j’ai côtoyées qui ne pouvaient pas la blairer dès son accession au poste de cheffe. Ceci laisse cependant place à des personnes qui ne seront guère mieux : Bernard Drainville, qui a amené l’idée de la Charte ne créant en bout de ligne que la division au sein du mouvement souverainiste; Jean-François Lisée, qui aura été plus mou que jamais sur la question nationale; et PKP qui a certes une impressionnante notoriété, mais qui sera probablement un élément de division entre les droitistes et les progressistes (à part les adeptes aveugles de la gauche syndicale pro SPQ-Libre, qui sont capables de fermer les yeux sur les pires turpitudes du roi du lock-out, juste pour goûter à la liberté d’un Québec, qui s’avérerait très probablement un Canada 2.0 au niveau politique, social et économique). Est-ce que nous voulons vraiment avoir un Québec qui se rapproche du Canada de Harper? Pourquoi l’accepterai-je plus pour mon pays que pour le Canada?

Le résultat de cette élection envoie le message clair au PQ qu’il n’a pas su rassembler l’électorat indépendantiste, surtout le progressiste, celui qui lui permettrait réellement de mettre l’indépendance à l’ordre du jour. Il a préféré miser sur l’électorat nationaliste de droite de la CAQ et du Libéral pour gagner des élections. Mais les libéraux ont sorti leur meilleure carte : la peur du référendum. Les nationalistes n’étant pas tous indépendantistes, le PQ a été obligé de se lancer dans une défense anti-référendaire maladroite, qui lui a fait perdre autant les nationalistes à la CAQ, que les indépendantistes, au profit de QS, d’ON ou carrément dans le gouffre de l’abstentionnisme.  J’imagine qu’avec une baisse de 5% des intentions de vote, quelques 300 000 personnes ont probablement fait ce que j’ai fait, soit ne pas voter du tout. Tant qu’à donner un vote à des partis qui ne nous représentent plus, dans un système qui nous exploite, plusieurs préfèrent boycotter le système. Si j’ai déjà été un fervent défenseur du devoir de voter, aujourd’hui je m’identifie bien plus aux anarchistes à cet égard. Il n’y a rien de plus à espérer de la politique par la voie de la représentation électorale, maintenant le peuple doit prendre la rue et entamer la révolution et la socialisation du Québec. Ceux qui auront des sévères reproches à me faire sur ma non participation à cette mascarade de démocratie pourront se faire aller la yeule, j’en ai strictement rien à cirer de leurs lamentations.

Naturellement, l’organisation du Québécois, plus précisément le RRQ va se réactiver dans ce contexte politique, qui est le même que le contexte où il a pris naissance. Mais le réseau sera beaucoup plus sélectif quant à ses membres dorénavant. Si à un certain moment, nous avions ouvert les portes à toutes les tendances partisanes, cette fois nous serons moins tendres envers les membres qui mettront cette partisannerie devant la cause indépendantiste. La loyauté sera LA valeur la plus primée de notre groupe, tenez-vous le pour dit. Les batailles syndicales pour défendre les revendications ouvrières; les associations avec les Premières Nations pour défendre la Mère-Terre et respecter leur droits ancestraux, leur droit à l’autodétermination et la protection de leurs territoires; le combat contre le saccage colonial de nos ressources naturelles, l’obstruction systématique des plans de destruction contre l’environnement et rendre l’exercice du néo-colonialisme canadien le plus pénible possible sur notre territoire, voilà autant de batailles que nous devrons mener avec détermination et ténacité pour les prochaines années à venir. Notre action se définit non pas seulement dans la défense de notre identité comme peuple, mais surtout et principalement pour notre liberté collective. Et nous avons des alliés qui se joignent à nous dans cette guerre d’usure contre ce système, notamment Alternative Socialiste et le Mouvement Progressiste pour l’Indépendance du Québec. Nous allons continuer d’augmenter nos appuis dans les organisations anti-capitalistes, socialistes, indépendantistes, environnementalistes, révolutionnaires et tous ceux qui défendent les causes sociales pour les gens les moins nantis de la société, car les personnes qui veulent réellement changer la face du Québec s’y retrouvent en grand nombre.

Les indépendantistes qui voient en cette écrasante victoire libérale l’apocalypse du Québec se trompent, elle est au contraire l’électrochoc qui va permettre de brasser la cage des militants en dormance depuis 18 mois pour aller de l’avant et arrêter d’attendre la venue du messie ou du grand soir. La révolution est dans le cœur et la tête de tous ceux qui veulent être partie prenante de l’avenir de notre coin du monde. Ce n’est pas le temps de se considérer vaincus. Nous avons passé à travers des défaites bien plus écrasantes, plus démoralisantes et plus meurtrières dans notre histoire, et nous sommes toujours restés debout. Continuons le combat et restons encore debout jusqu’à la victoire.

Nous vaincrons patriotes!