Rencontre du Plan Nord : Le temps des bouffons

Le 8 décembre au Palais des Congrès, loin des projecteurs, le gratin politique et financier se livrent à une stratégie de marketing pour vendre le Plan Nord aux entreprises qui veulent profiter de nos ressources naturelles pour s’en mettre plein les poches. À 350$, le billet d’entrée, ce n’est surtout pas des gens ordinaires qui vont aller se gargariser des soi-disant bienfaits du Plan Nord à ce forum économique.

Les grandes vedettes du Nord

On y retrouve des représentants de compagnies qui ont des réputations qui ne sont plus à refaire : Osisko, minière qui a exproprié plus de 200 familles, créé des projets de mines à ciel ouvert avec des cratères immenses dans des zones urbaines, avec tous les risques de rejets de cyanure et de mercure que cela comporte. Les effets négatifs sur la population de Malartic ont surpassé les promesses de prospérité; la Royal Nickel Company, minière de nickel qui projette de créer la plus grosse mine à ciel ouvert du Canada. Et ce, sans aucun scrupule quant aux impacts sur les zones habitées et les milieux environnementaux fragiles, que ce soit par les rejets de poussières ou par le bruit des explosions et excavations, tout ça avec la bénédiction du BAPE.

Rio Tinto Alcan, responsable de rejets de bauxite dans l’air à deux reprises au Saguenay (phénomène de neige rouge), sans compter les pertes d’emploi importantes occasionnées par la fermeture de son usine à Shawinigan. Pétrolia, compagnie d’exploration pétrolière notamment intéressée par le pétrole de schiste, qui est prêt à tout pour poursuivre ses activités de forage, envers et contre la population s’il le faut, avec les moyens juridiques écrasants que leurs avocats de luxe leur fournissent, on se rappellera des litiges avec la ville de Gaspé, et aussi toutes les histoires concernant l’exploitation du pétrole de schiste sur l’île Anticosti, les ententes conclues derrières des portes closes, dont on ne connaîtra certains détails que plusieurs mois plus tard.

Aucune vision d’envergure à long terme

Ce qui est plus troublant c’est de constater que le commanditaire le plus important soit le Fond de Solidarité FTQ, qui s’est notamment positionné pour le projet de pipelines de TransCanada, c’est dire comment ce syndicat n’a aucune considération pour l’environnement. Les grandes centrales syndicales auraient intérêt à changer leur discours et faire de la pression politique pour favoriser le transfert des emplois du secteur d’exploitation d’énergies fossiles non renouvelables vers un secteur d’innovation et d’implantation de nouvelles compagnies qui exploiteraient plutôt des énergies renouvelables, et donc durables, assurant des emplois à long terme sans impacts environnementaux néfastes. Mais nous sommes dans l’obligation de constater que la bureaucratie syndicale s’enlise dans une logique corporatiste, et nous, travailleurs et travailleuses, devons impérativement nous organiser et mettre de la pression sur l’appareil syndical pour qu’il retourne à son mandat d’origine : défendre nos intérêts plutôt que les intérêts des boss.

Ces gens-là vont prendre des décisions d’une importance capitale qui vont affecter nos conditions de vie de façons dramatique. Et ce, sans même nous consulter! Organisons-nous!

– Pour un investissement massif dans le transport en commun, seul moyen de sortir de notre dépendance au pétrole!
– Pour un investissement massif dans les énergies renouvelables et la création d’emplois dans ce secteur!
– Pour la nationalisation sous contrôle démocratique des ressources naturelles!

Manifestation lundi 8 décembre au Palais des Congrès :https://www.facebook.com/events/563829017085294/

Publié le Alternative Socialiste, partenaires du RRQ et étiqueté , , , , , , , .