Quelques mots sur l’Affaire Maria Mourani…

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Ainsi, toi, Maria Mourani, jusqu’à hier et depuis des années indépendantiste pure et dure, tu crois maintenant que la préservation de l’identité québécoise passe par le fédéralisme canadien, ce tombeau de notre peuple qui a fait chuter le poids des francophones jusqu’au maigre 22% d’aujourd’hui (et ça continue)… T’es tombée sur la tête? En tout cas, tu tombes vraiment bas. Pierre Falardeau (que tu disais admirer il n’y a pas si longtemps!) avait coutume de dire que les gens se révèlent dans les situations de crise. Eh bien Maria, toi que j’ai souvent appuyée jadis, tu te révèles pitoyablement petite aujourd’hui. Quelle trahison! Et te lire faire la promotion de la Charte canadienne des droits et libertés de Trudeau…

Cette charte canadienne, imposée de façon antidémocratique au peuple québécois lors du coup de force constitutionnel de 1982, serait désormais, selon ta nouvelle foi fédéraliste, gardienne de l’identité québécoise… Ayoye! D’un surréalisme grattonien. Oublies-tu que c’est en s’appuyant sur cette charte que tu vénères aujourd’hui que la Cour suprême de ton nouveau pays a charcuté la loi 101 de tous bords et de tous côtés? C’est pourtant toi-même qui le soulignais il n’y a pas si longtemps. Oui, toi, membre-fondatrice du Mouvement Montréal français qui réclame (avec raison) un renforcement musclé de la loi 101! La charte de Trudeau gardienne de l’identité québécoise… Tu te moques de nous et c’est extrêmement insultant.

Réduire l’indépendance au PQ et le PQ à son projet de charte, voilà donc la logique… Merde! On peut être critique par rapport à la charte de la laïcité et au PQ, pas de problème, je le suis moi-même comme beaucoup d’indépendantistes, mais désormais tourner le dos à la lutte de libération nationale, à la lutte pour la liberté des peuples, de ton peuple… Quitter le mouvement indépendantiste en crachant dessus, en l’accusant d’ethnocentrisme, alors que ce mouvement t’a accueillie les bras ouverts, avec des milliers d’autres Québécois d’origines diverses qui, eux, n’abandonnent pas la cause de notre liberté… Et quand tu penses à tous ces indépendantistes, de toutes origines, qui t’ont appuyée ou ont milité pour toi durant toutes ces années, tu n’as pas un peu honte de leur cracher ainsi au visage, et de si malhonnête façon? C’est d’un mauvais goût…

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Ceci dit, le mouvement indépendantiste québécois ne repose pas sur Maria Mourani. La lutte pour la liberté du peuple québécois va continuer. Parce que c’est la vie ou la mort du peuple québécois qui est en jeu. Ou on reste une minorité en route vers son assimilation, ou on se libère du système canadien. On n’en sort pas. Il ne s’agit pas de savoir si dans 100 ans le Québec va être interculturaliste, multiculturaliste, transculturaliste ou ce-que-tu-voudras-culturaliste, il s’agit de savoir si dans 100 ans le Québec va encore être. Point. Et sans l’indépendance, nous sommes cuits. Sans État souverain, les peuples sont cuits.

En tout cas, ce n’est pas un projet de charte provinciale mal foutu qui me fera signer l’arrêt de mort de mon peuple et tourner le dos à son nécessaire désir de libération. Faut être vraiment petit pour faire ça. Et, malgré les trahisons et les reculs, comme mon ami Jules Falardeau, je refuse le désespoir : Québécois de toutes origines, ensemble, nous vaincrons!

En terminant, voici la réaction, très juste, du Nouveau mouvement pour le Québec à la conversion de Maria Mourani au Canada de Trudeau :

« Les Québécois peuvent soutenir ou s’opposer à la Charte de la laïcité, mais prêter allégeance à la Charte canadienne des droits et libertés sous prétexte qu’elle protège les Québécois d’eux-mêmes, c’est préférer un Québec sous tutelle à un Québec responsable de ses choix.

Venant de quelque politicien québécois que ce soit, un tel déni de liberté serait décevant, mais venant d’une femme qui se proposait, il y a un an à peine, de prendre la tête d’un parti dont le seul objectif est l’indépendance nationale, cela est inacceptable. »

Ite Missa est.