Ottawa se fiche des droits de la personne et n’aime pas la vérité

Certains voudraient nous faire croire que le gouvernement d’Ottawa est respectueux des droits de la personne parce qu’il vient de présenter ses excuses à Omar Khadr et qu’il lui versera 10,5 millions de dollars. Mais en réalité, Ottawa s’est toujours fiché éperdument des droits de la personne, comme en témoignent les réserves indiennes, l’incarcération sans mandat d’environ 500 innocents pendant la crise d’octobre 1970 ainsi que les guerres meurtrières auxquelles Ottawa a souvent participé, dans le camp des agresseurs, notamment en Corée, au Rwanda, en Yougoslavie, en Afghanistan, en Côte d’Ivoire, en Libye, en Syrie et en Ukraine. Ottawa ne s’intéresse qu’au droit divin de s’enrichir des gros actionnaires de Bay Street, surtout ceux qui cotisent à la caisse du parti au pouvoir. Si Justin Trudeau n’avait pas été mis au pied du mur par la Cour suprême et par des avocats dévoués, les souffrances endurées par Omar Khadr auraient été le cadet de ses soucis.

Le jeune Canadien d’âge mineur grièvement blessé par les forces spéciales étasuniennes était très loin des pensées des libéraux au pouvoir à Ottawa, pendant les trois années où ils l’ont laissé souffrir aux mains des bourreaux de Guantanamo. De 2002 à 2005, ils n’ont rien trouvé de mieux à faire que lui envoyer des agents du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) pour tenter de lui extorquer de faux aveux sous la torture. Dans le documentaire choc 
Vous n’aimez pas la vérité, Omar Khadr, âgé de 16 ans et handicapé par ses blessures, sanglote « maman » entre deux interrogatoires des agents fédéraux envoyés par le gouvernement libéral de Paul Martin.

Bien sûr, tant qu’à devoir indemniser Omar Khadr, Justin Trudeau revêt ses habits vertueux pour soigner son image parmi ses électeurs. Libéral ou conservateur, un premier ministre du Canada a toujours les deux mêmes objectifs : premièrement, servir l’oligarchie et deuxièmement, plaire à ses partisans par des artifices électoralement rentables. Seule la rhétorique change selon qu’on est rouge libéral ou bleu conservateur. Trudeau joue le personnage du philanthrope, ce qui plait à une partie de l’électorat manipulé, tandis que son adversaire conservateur préfère jouer le personnage du justicier, ce qui plait à une autre partie de l’électorat manipulé.

Ces jours-ci, le titulaire du rôle de justicier est le très pratiquant Andrew Scheer, qui va à la messe tous les dimanches, parait-il, à l’instar de son prédécesseur Harper. Le dieu d’Andrew Scheer aime la guerre, comme les électeurs conservateurs. Les bons tuent les méchants, puis vivent heureux et ont de nombreux enfants. Dieu les bénit pour leurs bonnes actions de purification de l’humanité. Il n’y a rien de plus saint qu’un soldat déployé en Afghanistan par un ministre conservateur, afin de tuer des méchants. Et il n’y a rien de plus diabolique qu’un libéral qui verse des deniers publics à une personne associée aux méchants. Voilà le genre de discours qui permet de rameuter l’électorat du justicier.

Entre les élections, les politiques du philanthrope et du justicier se ressemblent beaucoup. Seul l’enrobage diffère. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir l’augmentation faramineuse des dépenses militaires (de 18,9 milliards de dollars à 32,7 milliards en 10 ans, soit une hausse de 73 %) que vient de décréter le philanthrope libéral. Le justicier ne ferait pas mieux. Libéraux et conservateurs se fichent éperdument d’Omar Khadr et du reste du troupeau d’électeurs canadiens, à part ceux qui ont beaucoup d’argent. Quant au parti orange, les néodémocrates, il ferait comme les deux autres partis s’il arrivait à gagner les élections, mais cela ne risque pas de se produire.

Après avoir dit la vérité aux agents du SCRS venus l’interroger à Guantanamo, Omar Khadr a vu ces sombres personnages lui annoncer que son récit ne leur plaisait pas. Il devait leur raconter ce qu’eux voulaient entendre, même si c’était faux, c’est-à-dire qu’Omar et son père auraient été des intimes de Ben Laden et seraient même allés régulièrement chez lui casser la croute après la prière du vendredi à la mosquée. De là, la célèbre phrase lourde de sens qu’Omar Khadr a lancé à ses interrogateurs et dont est tiré le titre du documentaire : « je vous dis la vérité, mais vous n’aimez pas la vérité. »

Le SCRS, qui est le pendant canadien de la CIA, n’aime pas la vérité, car il a comme fonction de diffuser des tas de mensonges, souvent par faux journalistes interposés, pour aider les dirigeants politiques fédéraux à prendre les décisions qui plaisent à l’oligarchie et aux patrons du Canada à Washington, peu importe que ces décisions soient contraires aux intérêts des simples citoyens ou qu’elles soient carrément immorales. Les dirigeants politiques fédéraux n’aiment pas la vérité non plus, car ils doivent nécessairement avoir recours à une forte dose de mensonges, en grande partie fabriqués par le SCRS, afin de maintenir leur emprise sur le peuple asservi.

Le dossier d’Omar Khadr est lié à deux vérités qui dérangent beaucoup les valets rouges, bleus ou orange de Bay Street siégeant à Ottawa ainsi que les perroquets médiatiques ayant comme tâche de cultiver la notoriété de ces valets sans jamais remettre en question certains dogmes. Voici ces deux vérités.

La première vérité qu’Ottawa n’aime pas : Maher Arar est un terroriste jamais torturé auquel les contribuables ont versé 10,5 M$

Lorsque le gouvernement d’Ottawa a annoncé qu’il verserait 10,5 millions de dollars à Omar Khadr, beaucoup ont immédiatement fait la comparaison avec le montant semblable versé en 2007 à Maher Arar, qui a été détenu en Syrie pendant un peu moins d’un an, prétendument parce que la GRC aurait transmis des renseignements erronés aux autorités étasuniennes. Or, Tasha Kheiriddin, une commentatrice proche du Parti conservateur du Canada, disait l’autre jour, à la tribune généreusement offerte par la société d’État chargée de désinformer les contribuables, que Maher Arar méritait cette compensation, mais pas Omar Khadr.

À entendre Mme Kheiriddin, Maher Arar serait un simple citoyen canadien tout ce qu’il y a de plus honnête et il aurait été torturé en Syrie par la faute de la GRC. Il avait droit à un dédommagement substantiel, tandis qu’Omar Khadr serait un vulgaire terroriste ne méritant rien d’autre que le sort qu’il a subi. L’opinion de Mme Kheiriddin est partagée par beaucoup de gens, ce qui n’a rien d’étonnant vu le lavage de cerveau que subissent constamment les consommateurs de récits fabriqués par le SCRS et diffusés par les médias. Faisons donc une mise au point.

N’en déplaise à Mme Kheiriddin, c’est plutôt Maher Arar, et non Omar Khadr, qui mériterait la qualification de terroriste. M. Arar est associé de près aux Frères musulmans et a suivi un entrainement de combattant islamiste en Afghanistan. Pour la GRC et le FBI, Maher Arar est lié à Al-Qaïda. L’ambassadeur de la Syrie au Canada, Bashar Akbik, n’a pas manqué de souligner encore en 2012 que Maher Arar est un terroriste aux yeux du gouvernement syrien. L’extrait suivant d’une lettre envoyée au cabinet du solliciteur général du Canada, par le sous-commissaire Loeppky, de la GRC, figure à la page 413 du rapport du commissaire Dennis R. O’Connor (2006) sur l’affaire Maher Arar :

M. Arar fait actuellement l’objet d’une enquête liée à la sécurité nationale au Canada. Bien qu’il n’y ait en ce moment pas de preuve suffisante pour justifier des accusations en vertu du Code criminel, il reste un sujet de grand intérêt ; notre enquête reprendrait s’il revenait. Des preuves circonstancielles lient M. Arar à plusieurs suspects de terrorisme connus et éminents, au Canada et à l’étranger.

Non seulement Maher Arar est associé à des « suspects de terrorisme », comme l’indique la GRC, mais il n’existe aucune donnée fiable permettant de croire qu’il a été torturé en Syrie, son pays d’origine. Il a été chanceux de pouvoir revenir au Canada parce que les autorités syriennes avaient des raisons valables pour le détenir et lui faire un procès en bonne et due forme. Quand on lit bien le rapport O’Connor — ce que très peu de journalistes semblent avoir fait —, il en ressort clairement que les croyances largement véhiculées à propos de Maher Arar ne sont pas fondées et que cet homme n’est pas la victime que l’on croit.

À la page 163 du rapport O’Connor, on apprend, chose étonnante, que Maher Arar n’a jamais voulu donner sa version des faits concernant les douze jours où il a été détenu à New York, du 26 septembre au 8 octobre 2002, date à laquelle les États-Unis l’ont finalement expédié en Syrie, via la Jordanie. Autrement dit, Maher Arar a refusé d’expliquer au commissaire O’Connor pourquoi les allégations précises de terrorisme portées contre lui par le FBI, la GRC et les autorités syriennes seraient sans fondement. Tiens, tiens.

Aux pages 305 et 306 du rapport O’Connor se trouve le passage suivant :

La plus connue [des nombreuses maisons d’accueil de djihadistes en Afghanistan], fréquentée par de nombreuses recrues et probablement synonyme du mouvement Al-Qaïda, était la maison d’Abdullah Azzam (également appelée « Bayt Al Arab » ou « Makdaboul Kitimat »), à Peshawar. C’est à cet endroit que M. Arar aurait dit aux Syriens qu’il avait séjourné [en 1993].

Par ailleurs, aux pages 258, 259 et 261 du rapport, on peut lire ceci :

Le ministre Graham n’était au courant d’aucun acte précis de torture en Syrie, ni des conditions de détention et des méthodes d’interrogation, mais il savait de façon générale que la Syrie avait notamment la réputation de réprimer la dissidence, en particulier le mouvement des Frères musulmans. […] L’ambassadeur [du Canada en Syrie] a souligné que « rien n’indiquait qu’il y avait des violations graves et vérifiables des droits de la personne » [en Syrie]. […] pendant toute sa détention en Syrie, aucun signe de mauvais traitement ou de torture n’a été observé à l’occasion des visites consulaires à M. Arar. L’ambassadeur a déclaré que s’il avait cru que M. Arar était soumis à la torture, l’ambassade n’aurait pas gardé le silence car elle devait veiller au bien-être de M. Arar.

Bref, le gouvernement du Canada n’a jamais eu de preuve concrète que la torture était pratiquée dans les prisons syriennes ou que Maher Arar y avait été torturé.

Quant à la répression des Frères musulmans, elle est tout à fait normale vu les lourds antécédents de meurtres et d’attentats terroristes de ce groupe radical largement instrumentalisé par les promoteurs de changements de régime qui oeuvrent à Washington et à Ottawa. Pour bien le comprendre, il suffit de lire le deuxième chapitre de l’excellent ouvrage de Stephen Gowans paru récemment chez Baraka Books, Washington’s Long War on Syria.

Après avoir constaté que les services de police de trois pays considéraient M. Arar comme un terroriste formé en Afghanistan pour faire le djihad armé et après avoir vu également l’absence de preuve de torture, le commissaire O’Connor a néanmoins conclu que Maher Arar avait été emprisonné injustement et torturé par la faute de la GRC. Pourquoi est-il arrivé à une telle conclusion ?

C’est que Maher Arar ressemble beaucoup à un agent secret du SCRS, tout comme d’autres individus chargés de faire la liaison avec les islamistes radicaux auxquels Washington et Ottawa s’associent pour atteindre certains objectifs stratégiques, notamment avec les bandes de tueurs qui ont déferlé dans un bain de sang sur la Libye et la Syrie, depuis 2011. Ces bandes ont été financées, formées, armées, rémunérées et ravitaillées par Washington et ses valets atlantistes et pétromonarchistes, y compris le Canada.

À l’instar de Washington et des djihadistes fanatisés, Ottawa a toujours réclamé agressivement le départ de Bachar al-Assad a abondamment participé à la guerre en Syrie, notamment en y larguant des bombes dans le cadre d’une opération illégale et contraire au principe de la souveraineté des États. Ottawa a aussi fourni, par l’entremise d’organisations n’ayant pas de comptes à rendre aux contribuables canadiens, des centaines de millions de dollars de supposée aide humanitaire qui a très bien pu se retrouver dans les faux camps de réfugiés abritant des terroristes et dans les zones de la Syrie sous l’emprise des groupes radicaux d’inspiration salafiste. Bref, contrairement à ce qu’on essaie de nous faire croire, Washington, Ottawa et leurs alliés ont toujours été dans le même camp anti-Assad que Daech, Al-Qaïda et les autres coupeurs de tête auxquels M. Arar s’est associé.

La guerre d’Ottawa et de ses alliés islamistes fanatiques contre le gouvernement baasiste de Syrie, principal tenant du socialisme, du panarabisme et de la résistance à l’impérialisme dans le monde arabe, explique l’avalanche d’information mensongère sur la Syrie diffusée par les médias canadiens dans le but de flétrir le président Bachar al-Assad. En réalité, M. Assad n’a jamais commis les crimes qu’on lui reproche et bénéficie d’un très fort appui du peuple syrien. Tout ce que Radio-Canada raconte sur Bachar al-Assad fait partie d’une infâme campagne de propagande de guerre où les terroristes islamistes dont Maher Arar reconnait être un sympathisant sont présentés comme de valeureux combattants prodémocratie.

En mars 2015, l’arrestation de l’agent du SCRS Mohammed al-Rashed (au centre, sur la photo) par les autorités turques — une vengeance de leur part pour l’appui d’Ottawa aux Kurdes — montre bien les liens étroits du Canada avec les djihadistes radicaux en Syrie. Au moment de son arrestation, Mohammed al-Rashed se trouvait en Turquie, près de la frontière syrienne, et s’employait à faire passer des jeunes femmes britanniques dans la zone contrôlée par Daech pour qu’elles soient mises au service de cette organisation terroriste contre laquelle le Canada prétend être en guerre.

L’appartenance probable de Maher Arar au SCRS expliquerait l’empressement d’Ottawa à lui verser une généreuse compensation pour son année de détention en Syrie. Le prétexte de la torture et de « l’erreur » de la GRC aura servi à justifier le montant colossal de cette compensation. Des agents du SCRS se sont rendus à Damas du 19 au 24 novembre 2002 pour y rencontrer M. Arar et les autorités syriennes. Contrairement à Omar Khadr, M. Arar n’a pas eu du tout à se plaindre d’un mauvais traitement de la part des agents du SCRS. De larges pans du rapport O’Connor portant sur l’intervention du SCRS dans le dossier Arar sont censurés.

À la page 346 du rapport, il est écrit que le SCRS était conscient de la solidité du dossier à charge de la Syrie contre M. Arar, mais qu’il s’attendait néanmoins à ce que celui-ci soit libéré « avant Noël ». La libération de M. Arar n’a pas eu lieu en décembre, mais plutôt quelques mois plus tard, probablement parce que les Syriens ont été très vexés de la décision du gouvernement du Canada, à la mi-décembre 2002, de classer le Hezbollah parmi les organisations terroristes.

Puis, à la page 348, le SCRS précise que M. Arar n’a probablement pas été torturé. Lorsque le consul canadien à Damas, Léo Martel, a rendu visite à M. Arar, ce dernier lui a dit qu’il n’avait pas été torturé (p. 425) et qu’il était « très bien traité » (p. 353). Soulignons que M. Martel était un diplomate de grande expérience. Maher Arar n’a jamais affiché de signes de torture. Aucune des personnes ayant pu rencontrer M. Arar pendant sa détention en Syrie, n’a observé de tels signes : M. Martel (à huit reprises), l’ambassadeur du Canada, Franco Pillarella, le conseiller politique Ian Shaw, les députés fédéraux Sarkis Assadourian et Marlene Catterall ainsi que les agents du SCRS.

Alors, comment le commissaire O’Connor s’y est-il pris pour conclure que Maher Arar avait été torturé, ce qui permettait au gouvernement du Canada de justifier une compensation de 10,5 millions de dollars ? Eh bien, sous prétexte que les personnes ayant pu rencontrer Maher Arar en Syrie, pendant sa détention, n’étaient pas des experts en torture, le commissaire a tout simplement balayé du revers de la main leur témoignage et y a préféré les affirmations nouvelles et contradictoires de M. Arar à son retour au Canada, de même que l’opinion de prétendus experts n’ayant même pas rencontré M. Arar, c’est-à-dire Julia Hall, de Human Rights Watch, Henry Hogger, ancien ambassadeur du Royaume-Uni en Syrie, et Richard Ofshe, un sociologue étasunien. En somme, les histoires de torture sont apparues à postériori, et ont nettement l’air fabriquées de toutes pièces, avec la complicité du commissaire O’Connor.

En fin de compte, Maher Arar a été libéré en octobre 2003. La prévision du SCRS s’est avérée avec quelques mois de retard. Pourquoi la Syrie a-t-elle renoncé à traduire Maher Arar devant la justice, malgré le solide dossier à charge dont elle disposait ? Pourquoi le SCRS croyait-il que M. Arar allait être libéré malgré tout ? Sans doute parce qu’il savait qu’Ottawa ne laisserait pas tomber son agent secret et déploierait tous les moyens possibles et imaginables pour le rapatrier et éviter les révélations lourdes de conséquences qu’auraient pu faire M. Arar lui-même ou encore sa femme, Monia Mazigh, si le gouvernement du Canada les avait abandonnés à leur sort.

Maher Arar n’est pas une victime de torture, mais bien un islamiste radical formé au djihad en Afghanistan. Serait-il aussi un agent secret du SCRS ? À qui les contribuables canadiens ont-ils versé 10,5 millions de dollars, au juste ?

La deuxième vérité qu’Ottawa n’aime pas : les causes réelles de la guerre en Afghanistan

Dans le dossier d’Omar Khadr, la deuxième vérité dont on ne veut jamais discuter à Ottawa est celle des causes réelles de la guerre en Afghanistan.

Si l’on s’en tient à la version officielle, que les médias ressassent encore aujourd’hui, Ben Laden aurait orchestré une série d’attentats le 11 septembre 2001, aux États-Unis, et les armées dirigées par George W. Bush, y compris l’armée canadienne, seraient parties traquer le méchant et ses acolytes dans les grottes d’Afghanistan. Une dizaine d’années et des milliers de morts plus tard, les forces armées coalisées les plus puissantes au monde seraient enfin parvenues à tuer le terroriste barbu et auraient jeté son corps à la mer. C’est dans cette guerre qu’à l’âge de 15 ans, Omar Khadr a été grièvement blessé et a été capturé par les forces spéciales étasuniennes, avant d’être incarcéré dans l’infâme prison de Guantanamo, qui n’est toujours pas fermée et où les détenus sont régulièrement torturés.

Les détails de ce qui est arrivé exactement à Omar Khadr figurent entre autres dans le site Web de la campagne menée afin de lui venir en aide. Pour résumer, disons que les forces spéciales étasuniennes ont attaqué et rasé l’endroit où le jeune Khadr se trouvait, et celui-ci a survécu par miracle après que des soldats lui eurent tiré dans le dos à bout portant. Il n’était pas armé. Il a perdu l’usage d’un oeil, et ses blessures lui ont laissé d’autres séquelles permanentes. Avant d’envahir l’Afghanistan, les forces impériales de Washington s’étaient arrogé tous les droits. Leurs ennemis n’en avaient aucun, y compris les civils d’âge mineur.

Les personnes présentes sur le territoire afghan devaient se laisser massacrer sans se plaindre, à défaut de quoi elles commettaient un crime. Quiconque résistait ou tentait d’échapper à un soldat étasunien allait soit mourir sur place, soit être incarcéré, puis condamné par un tribunal fantoche. Donc, en admettant qu’Omar Khadr eût lancé une grenade comme on l’a accusé faussement de l’avoir fait, il aurait commis un crime de guerre aux yeux du gouvernement des États-Unis puisqu’aucun « ennemi » n’avait le droit de répliquer aux attaques meurtrières des soldats étasuniens.

Le 27 juillet 2002, Omar Khadr git au sol, la poitrine perforée de trous béants de sortie de projectile, après que les forces spéciales étasuniennes lui eurent tiré dans le dos. Un des soldats présents sur place a dit qu’il pouvait voir le coeur battre à travers le trou inférieur. Omar Khadr n’était pas armé et avait 15 ans.

Selon Bush et ses semblables, républicains ou démocrates, les ennemis en Afghanistan n’ont jamais été des combattants dignes de ce nom, mais plutôt des terroristes ou des sous-humains qu’il est loisible aux forces autoproclamées du bien d’exterminer comme de la vermine. Même chose pour les civils innocents qui ont le malheur de se trouver à proximité de ceux que Washington a dans son collimateur. La souveraineté de l’Afghanistan est très relative, car les légions impériales des États-Unis et de leurs vassaux ont le droit d’intervenir à l’étranger selon les caprices de leur commandant en chef, sans se soucier du droit international ni des lois locales. Voilà les règles de la guerre définies unilatéralement par les États-Unis avant d’envahir la terre des Afghans et d’y semer la désolation.

La guerre en Afghanistan dure maintenant depuis plus de 15 ans. En théorie, le Canada n’y participe plus, même si des militaires canadiens sont toujours présents là-bas pour assurer la protection des diplomates canadiens. Ottawa a envoyé mourir en Afghanistan 159 Canadiens. Plus de 1 800 y ont été blessés. Les contribuables canadiens ont dû débourser environ 18 milliards de dollars pour cette tuerie sans lendemain, et beaucoup plus d’argent encore si l’on compte les soins dispensés aux anciens combattants.

Toutes ces pertes humaines et tout cet argent n’ont strictement rien donné. En fait, la situation est pire qu’avant. Aujourd’hui, l’Afghanistan est un pays ravagé, où l’insécurité règne partout, jusque dans le quartier diplomatique de la capitale, Kaboul, où un attentat a fait au moins 90 morts et 400 blessés, en mai 2017. Malgré l’aide de ses parrains de Washington, le gouvernement afghan, issu d’une mascarade électorale, ne contrôle qu’environ les deux tiers du territoire national. L’Afghanistan produit des tonnes d’héroïne — les talibans avaient pratiquement éradiqué la culture illégale du pavot avant l’invasion de 2001 —, et cette drogue est vendue dans les rues du Canada, où elle fait beaucoup de victimes. La guerre en Afghanistan : quel invraisemblable gâchis !

Pour justifier le bourbier afghan, on nous rappelle sans cesse les terribles attentats du 11 septembre 2001, dont Ben Laden aurait été responsable. Si seulement c’était le cas, on pourrait quand même se dire que Washington et sa suite n’avaient pas tellement le choix et qu’il fallait effectivement neutraliser coute que coute les forces du mal dans leur caverne. Mais beaucoup de gens aux États-Unis et ailleurs dans le monde pensent que Washington nous a menti au sujet du drame de septembre 2001. Et ils ont tout à fait raison d’être sceptiques, car, depuis Hiroshima et Nagasaki, les États-Unis ont été maintes fois gouvernés par de belliqueux mythomanes qui n’ont pas hésité à mentir effrontément pour commettre des meurtres de masse au nom de la démocratie et qui sont passés maitres dans l’art d’entretenir la peur parmi leurs électeurs.

En réalité, Ben Laden et ses pirates de l’air sont les personnages d’une fable racontée par les créateurs de la légende des armes de destruction massive de Saddam Hussein. Néanmoins, il est de bon ton, dans les grands médias, de qualifier de « partisans des théories du complot » les gens qui sont sceptiques devant les explications officielles. Les hypothèses les plus farfelues sont amalgamées aux observations les plus rigoureuses pour décrédibiliser en bloc tous ceux qui osent pointer du doigt les énormes incohérences colportées par les médias ou les faits que ces derniers occultent systématiquement, à propos des attentats du 11 septembre 2001.

Ce n’est pas parce que certains illuminés pensent que tous les juifs — pas seulement le très louche propriétaire Larry Silverstein — sont restés chez eux, le jour fatidique, ou qu’une bombe nucléaire avait été placée sous les gratte-ciels qu’il faut nécessairement mettre la totalité des critiques dans le même panier. Quiconque a pris le temps de se renseigner dans le site Web des nombreux architectes et ingénieurs qui militent pour que la lumière soit faite sur la tragédie du World Trade Center ne peut que rester dubitatif devant les explications fournies par des individus comme George W. Bush, dont les énormes mensonges et la propension à tuer des millions d’innocents ne font plus aucun doute.

De l’aveu des médias eux-mêmes, Bush et cie se sont affairés à berner le monde entier pour justifier la guerre de 2003 en Irak, après l’invasion de l’Afghanistan. Pourtant, les mêmes médias éclatent de rire lorsque d’autres tromperies aussi sordides sont clairement mises en évidence, plus précisément les histoires à dormir debout concernant le drame du 11 septembre 2001. La presse officielle nous somme de croire sans regimber au complot de Ben Laden depuis sa grotte en Afghanistan, sous peine d’être qualifiés publiquement d’hurluberlus, voire de fous. Je me demande bien, alors, qui sont vraiment les amateurs de « théories du complot » : ceux qui croient religieusement au complot de Ben Laden ou ceux qui sont sceptiques ?

Bien que le présent article n’ait pas pour but d’entrer dans les détails des attentats du 11 septembre 2001, je peux dire que, pour ma part, j’ai acquis la certitude que les trois édifices du World Trade Center — mais oui, il y en a bien trois qui se sont écroulés, ce jour-là — ont été détruits au moyen d’explosifs soigneusement disposés à l’intérieur par des experts en démolition, ce qui suppose une longue préparation.

Il n’y a jamais eu d’avion ni de pirates de l’air, car on n’en a jamais retrouvé la moindre trace dans les décombres. De plus, un avion est fait d’alliage léger, alors qu’un gratte-ciel est fait de poutres d’acier très solides et est conçu pour résister même à de forts tremblements de terre. Un avion ne saurait pénétrer dans un édificecomme un couteau dans du beurre. Les vidéos des avions engloutis comme par magie dans les tours du World Trade Center sont donc un trucage largement diffusé par les médias complices du crime, ce qui explique leurs manoeuvres d’occultation et leur dénigrement de ceux qui dénoncent la version officielle.

En outre, tout le monde s’entend pour dire que l’édifice numéro sept du World Trade Center, qui s’est effondré des heures après les deux autres, à 17 h 20, le 11 septembre 2001, n’a été frappé par aucun avion. Qu’est-ce qui a provoqué cet effondrement ? Selon la version officielle, ce serait à cause d’un incendie qui a fait rage pendant des heures. Or, les exemples de gros édifices ayant été ravagés par les flammes sont nombreux, et nous venons d’assister à la tragédie de la Grenfell Tower, à Londres, où environ 80 malheureux auraient péri. Ce fut un violent incendie, qui s’est poursuivi pendant des heures. Pourtant, la tour Grenfell est toujours debout. Les gratte-ciels modernes ne s’écroulent pas à cause du feu. Leur armature, une merveille du génie humain, est faite pour résister aux flammes, même si ces dernières sont alimentées par du kérosène provenant d’un avion.

La démolition contrôlée de l’édifice sept du World Trade Center, le 11 septembre 2001, avait nécessairement été préparée de longue date, tout comme celle des deux tours jumelles. Malgré les nombreuses démonstrations scientifiques infirmant la thèse officielle, le gouvernement des États-Unis et la plupart des médias continuent honteusement de prétendre que les attentats du 11 septembre 2001 résultent d’un complot ourdi par un barbu saoudien du nom de Ben Laden, qui se terrait en Afghanistan.

Radio-Canada et TVA préfèrent nous montrer sans cesse les mêmes extraits de vidéos truquées d’avions percutants les tours jumelles, plutôt que l’édifice numéro sept en train de s’effondrer comme un château de cartes, supposément à cause d’un incendie. Radio-Canada et TVA préfèrent que nous oubliions l’édifice numéro sept, mais que la face de Ben Laden soit bien imprégnée dans nos souvenirs. Car la dernière chose que voudraient les promoteurs de la guerre « juste » en Afghanistan, c’est bien que le public se rende compte que ce désastre incommensurable, au milieu duquel le jeune Omar Khadr a failli trouver la mort, avait pour véritable et unique motif la sempiternelle quête effrénée et immorale de profits des multinationales occidentales obsédées par les minerais, le pétrole, le gaz et les pipelines.


Bernard Desgagné
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