#MeTomorrow : Et si on construisait pour demain?

Je n’avais pas encore parlé du MeToo. Parce qu’à bien y penser, la liste serait longue. En prime, j’aurais fini par dire que c’est Kan-même-pluss-pire-en-France-qu’au-Québec. Ca fatigue tout le monde. Surtout depuis que l’austérité a créé un recul qui dissout ces fameux 30 ans de décalage du progrès social.

L’histoire la plus récente s’est passée chez moi avec une personne avec qui j’ai tenté d’en parler ensuite. Pour qu’il ne reproduise pas avec d’autres. Lui, persuadé d’être féministe avec des comportement adéquats, s’en est agacé, s’est mis dans une posture d’incompris. J’ai cessé de dialoguer rendu à cette inversion. Moi j’ai pris plusieurs semaines à m’en remettre. Il reproduira quand même en restant persuadé qu’il n’y a aucune remise en question à faire. Je connais son charisme et la faculté des gens à garder pour eux, ce qui les troublent.

Moi je parle aux gens désormais. Vous connaissez mon postulat de pédagogie? Je suis persuadée qu’il est nécessaire de dialoguer des erreurs commises avec les gens qui les font. Parce que lorsque nous nous taisons, les personnes qui s’auto-justifient n’apprennent rien. Ni par le dialogue, ni par l’effet de groupe, qui délimite ce qui n’est plus acceptable. Les personnes qui subissent cumulent les situations similaires et souffrent en silence jusqu’au jour du point de faille insoutenable. On n’est pas forcé de nourrir ça.

Parfois les gens sont cons parce qu’ils pensent ne rien faire de mal. Jusqu’à ce qu’on leur explique et prennent conscience. J’ai pu ouvrir ce genre de dialogue assez régulièrement. Les gens se sentent coupables ensuite. Moi je leur propose de plutôt se sentir “au courant désormais”. Sans minimiser les choses, car on peut dire que je sais plutôt très bien jusqu’où les choses peuvent devenir grave. La bêtise de bonne foi, ça arrive à tout le monde. Par contre il y a des gens qui auront besoin de se le faire dire plusieurs fois ou par les limites qui régissent notre société.

Nommer les choses pour trouver des solutions après conscientisation. C’est là où nous en sommes. Comment permettre des prises de conscience. Comment dialoguer les refus. Comment sortir d’une situation d’abus. Comment générer une limite sociale, consciente. Comment être utile lorsque quelqu’un se confie. Comment faire front. Quelles sonnettes d’alarme tirer. Comment signifier aux autres que nous sommes fiables en cas de détresse, etc.

Organiser la solidarité face à l’ignominie. C’est l’étape qui suit le constat.



Marie Eve Richard
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