L’indépendance d’abord

Dans une entrevue publiée samedi dernier, l’ancien ministre péquiste Réjean Hébert déclare que le PQ doit revenir à ses racines progressistes et qu’un parti de coalition gauche-droite ne l’intéresse pas, l’indépendance n’étant pour lui qu’un moyen d’accomplir un projet de société social-démocrate. Cette déclaration ramène une question essentielle sur la raison d’être du PQ. Ce parti existe-t-il pour faire l’indépendance ou pour gouverner une province?

Pour commencer, comme beaucoup d’autres progressistes, je trouve absurde que l’appui à l’indépendance soit conditionnel à un projet de société de droite, de gauche, de centre ou de ce que vous voudrez. La liberté n’est pas qu’un moyen. La libération nationale par l’indépendance politique est une fin en soi. C’est la base de la vie d’un peuple : la capacité de faire ses propres choix.

Oui, la liberté nationale est un but en soi, progressiste et positif. Ce qui ne m’empêche pas d’être farouchement de gauche et de souhaiter que l’indépendance se fasse le plus à gauche possible, comme disait Bourgault dans les années 1960. Or, à partir de là, un parti politique peut-il se fonder sur le seul objectif de la libération nationale?

Oui, c’est possible, d’ailleurs le PQ a été fondé sur cette base. Mais c’est possible à une seule et unique condition : que le parti s’engage à faire l’indépendance rapidement dans un premier mandat. Et c’est ce que le PQ doit faire s’il veut revivre. Sinon, s’il s’enligne plutôt pour gouverner la « province de Québec », il devra se positionner sur l’axe gauche-droite, proposer un programme de gouvernance, un ensemble de politiques sociales, économiques, culturelles, etc. On ne gouverne pas dans le néant. Et c’est là que la coalition éclate, comme c’est arrivé chaque fois que le PQ s’est détourné de l’indépendance.

Que le PQ revienne donc à l’indépendance d’abord! Qu’il propose de faire du Québec un pays rapidement dans le premier mandat. Sa survie en dépend. Si les péquistes ne le comprennent pas maintenant, ils ne le comprendront jamais. Au moins, il y a Mario Beaulieu au Bloc qui est prêt à faire la bataille de l’indépendance. Comme l’a dit Bernard Landry la semaine dernière, les péquistes devraient faire de même. La gouvernance provinciale, c’est assez.

Si le PQ ne veut pas faire l’indépendance, nous la ferons sans lui.

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J’aurais voulu écrire sur la tragédie palestinienne, mais les mots me manquent. Quelle boucherie. Je voudrais simplement rappeler à mes camarades palestiniens que je ne suis pas canadien et que la position d’appui extrême à Israël du gouvernement canadien ne reflète pas le sentiment du peuple québécois.

Courage!