L’incohérence d’un peuple

Après les multiples tentatives d’assimilation de notre peuple francophone, depuis la conquête sur les plaines d’Abraham, les Québécois ont quand même résisté tout ce temps en continuant à parler français. Après avoir subi le rapatriement de la constitution en 1982 unilatéralement par Pierre Trudeau sans notre consentement en nous imposant une charte des droits et libertés axées sur les droits individuels, les Québécois semblent s’être réfugiés dans un mutisme incompréhensible en se détachant de leurs valeurs profondes et de leur désir de résister.

Nous sommes un peuple plus incohérent que nous ne l’avons jamais été. En plus d’avoir toléré d’innommables injustices du fédéral à notre égard, nous les avons accepté sans réagir et avons adhéré à leurs idéologies axées sur la peur qu’un Québec indépendant serait pire que de rester dans ce beau Canada qui continue de mépriser ce que nous sommes. Les Canadiens, lors du dernier référendum, sont venus nous dire, l’espace d’une journée, qu’ils nous aimaient mais depuis c’est le silence radio. Plus d’amour à répandre. Sûr que les dollars Canadiens du parti libéral de Jean Chrétien ont sûrement convaincu tous ces Canadiens de l’ouest qui sont venus nous faire du charme « Su’l bras », juste pour nous faire changer d’idée.

Le Canada anglais continue sa guerre silencieuse contre le fait français au Québec, dans un mépris totalement inventé par les médias anglophones. Le pire c’est que le dernier venu dans l’application de cette dépossession tranquille du Québec est le gouvernement libéral du Québec avec, à sa tête Philippe Couillard, qui semble être à la solde d’un fédéralisme déterminé à nous faire prendre les rangs une bonne fois pour toutes. Les adversaires du fait français au Québec arrivent d’Ottawa avec pour but de nous déposséder subtilement. Un travail de longue haleine mais qui semble fonctionner à merveille. Charest fut le premier « Jedi » fédéraliste envoyé ici. Il avait été ministre conservateur et il est devenu chef du parti libéral du Québec en 1998. Son ami Paul Desmarais l’a sûrement convaincu de se lancer. Est-il celui qui lui a versé 75 000$ par année pendant dix ans? On ne le saura jamais. Oh! Quelle démagogie!

En 2003, Charest fut élu comme premier ministre du Québec. Les citoyens ont subi son gouvernement pendant presque dix ans au travers un laxisme et un « je m’en foutisme » honteux. Je pensais bien avoir vu le pire premier ministre à avoir dirigé le Québec depuis Duplessis mais nous n’avions encore rien vu avec Philippe Couillard.

En 2012, les Québécois disaient vouloir mettre les libéraux dehors après avoir subi le printemps Érable provoqué par Jean Charest qui voulait empêcher les jeunes étudiants moins nantis d’avoir accès aux études. Il avait voulu augmenter les frais de scolarité de 75% sur une échelle de cinq ans. Les jeunes n’ont pas accepté cela et ce fut le début du printemps-érable. Il est quand même aberrant qu’un premier ministre, qui était en même temps le ministre de la Jeunesse, s’en prenne aussi sournoisement aux étudiants en se servant de sa police répressive pour tenter de les piéger. Mais le véritable but du premier ministre était de jouer sa réélection sur la frustration des étudiants en démontrant qu’il avait les choses bien en main face à leur supposée violence qu’il avait lui-même provoquée. Il a fait semblant de négocier avec eux, attendant presque deux mois avant de les rencontrer. Il était évident qu’il n’y aurait aucune entente avec les étudiants et que le but était de les faire mal paraître. Il avait été tellement mauvais comme gérant de l’État, en plus de refuser pendant presque deux ans qu’une commission d’enquête sur la construction soit instituée, qu’il devait bien se douter que ses chances d’être réélu étaient nulles.

Après son élection le 4 avril 2012, la première ministre Pauline Marois a subi les critiques les plus acerbes pendant son règne minoritaire de dix-huit mois. Les gens surveillaient plus son accent Québécois quand elle parlait anglais que l’aide qu’elle apportait aux victimes du Lac Mégantic. Cette première femme à devenir première ministre du Québec a subi un dur mandat. Le soir de sa victoire, elle a été victime d’un attentat contre sa personne au Métropolis à Montréal. Une personne a été tuée. Le présumé coupable Richard Baines, un anglophone anti-souverainiste notoire, n’a pas encore été condamné pour son geste. Il joue les débiles mentaux en exigeant de se faire payer ses avocats par les contribuables. Quand le mépris surpasse la logique. Si Stephen Harper ou Philippe Couillard avait été les victimes de cet attentat, inutile de vous dire que ce procès serait déjà réglé.
Le 7 avril 2014, Le Parti Libéral a été élu majoritairement. Les Québécois, dans leur incohérence inexplicable, ont voté pour le parti supposément le plus corrompu. En fait, dix-huit mois plus tôt, les Québécois ont simplement chassé Jean Charest du pouvoir mais ont quand même élu une cinquantaine de députés libéraux. Inutile de vous dire que malgré la victoire du PQ, j’étais dans tous mes états de voir le Québec donner autant de votes aux libéraux, malgré les neuf dernières années de misère qu’ils nous avaient fait subir. C’est cette incohérence que je ne comprends pas des Québécois.

Les Québécois ne votent pas par convictions. Ils votent pour des personnages ou pour des gens qui sont malades et qui attirent la sympathie. C’est la même chose quand ils votent à l’émission « La voix ». Si la personne a eu un parcours difficile entremêlé d’une maladie, elle se réserve une place dans la revue : « La semaine » et va sûrement faire la finale pour l’emporter. Les gens adorent ça. Gerry Boulet, que j’ai connu personnellement, a eu de la difficulté à vivre de sa musique jusqu’à temps qu’il ait le cancer en fin de vie. Les gens se sont mis à l’apprécier.

Une fois au pouvoir, Couillard a entrepris de faire le contraire de ses promesses en instaurant un régime d’austérité extrême. Il est allé chercher le très déshonorable Gaétan Barrette, médecin intransigeant, ancien président de la Fédération des médecins qui a décidé apparemment de détruire le système de santé public. Les libéraux veulent sûrement nous retourner dans le système privé. Les libéraux ont décidé de couper partout dans tous les secteurs de notre société, au nom d’un faux retour à l’équilibre budgétaire. Pourtant, ce sont ces mêmes libéraux qui ont été au pouvoir les neuf dernières années. S’il y a un déséquilibre budgétaire, ils en sont les principaux responsables. Ils ont réussi à faire croire aux citoyens que le Parti Québécois avait tout détruit en dix-huit mois de pouvoir minoritaire. Tout le monde est supposé savoir qu’un gouvernement minoritaire a besoin de l’appui de l’opposition pour passer ses lois. Mais les Québécois ont cru ce mensonge. Encore une incohérence inexplicable.
Mais le plus ironique c’est que des députés libéraux, pas contents de ne pas avoir de postes de ministres, ont démissionné en cours de chemin en quittant leurs fonctions avec des primes de départ très avantageuses. Ce qui n’est pas le cas pour des citoyens ordinaires. Ces députés laissent des comtés où des élections partielles devront être entreprises pour les remplacer. Cela va coûter beaucoup d’argent aux contribuables. Les élus qui partent avant la fin de leurs mandats devraient plutôt subir des punitions financières au lieu d’avoir des primes de départ avantageuses. Les Québécois ne sont pas contents mais ils ont couru après leurs propres malheurs en élisant ce gouvernement qu’ils savaient corrompu. Couillard est bien en selle et il continue de déposséder les Québécois en privatisant tout. Il soutient le fédéral comme aucun autre premier ministre du Québec ne l’a fait avant lui. Quand il parle, on croirait entendre un ministre d’Ottawa tellement sa ferveur fédéraliste prend le dessus sur son rôle de Premier ministre du Québec, qui serait supposé nous défendre. C’est à se demander si Couillard n’est pas à la solde d’intérêts fédéralistes.

Une nouvelle campagne fédérale a débuté le 2 août 2015. Elle se terminera le 19 octobre en devenant la plus longue campagne électorale à avoir existé au Canada. Gracieuseté de Stephen Harper. Les Québécois (à part une majorité de gens de la ville de Québec) voulaient que le parti conservateur ne soit pas réélu. Plusieurs ont dit qu’en votant pour le NPD, les Québécois pourraient y arriver. Ils avaient sans doute oublié qu’en 2011, le Québec avait voté majoritairement pour le NPD et Harper a quand même eu sa majorité. Jusqu’à la semaine dernière, les Québécois s’apprêtaient à refaire la même chose. Mais le récent événement où une dame portant le niqab a demandé à la cour d’appel fédérale de lui autoriser le droit d’être assermentée le visage voilé, a enflammé les réseaux sociaux et les médias. Surtout après avoir gagné sa cause. Thomas Mulcair qui menait dans les sondages s’est permis d’appuyer cette manière de faire en acceptant que ces gens puissent être assermentés le visage couvert.

Justin Trudeau va également dans le même sens. Harper a dit qu’il allait contester en cour suprême cette décision mais je le suspecte d’avoir organisé cet événement à des fins électorales. Effectivement, les derniers sondages indiquent que Mulcair a perdu des points et que Harper est remonté. Je trouve que les Québécois ont la mémoire courte. Ils ne veulent plus voter pour le Bloc car ils disent que c’est un parti souverainiste et qu’il ne prendra jamais le pouvoir à Ottawa. Pourtant c’est le seul parti qui pourrait y défendre les intérêts du Québec. En 2006, le Québec a voté pour le Bloc et 51 députés ont été élus. Harper s’est retrouvé minoritaire. En 2008, le Québec a voté Bloc et 49 députés ont été élus. Harper s’est retrouvé minoritaire. En 2011, le Québec a voté NPD en larguant le Bloc avec un Gilles Duceppe ébranlé par tant d’incohérence et Harper s’est retrouvé majoritaire. C’est bien la preuve que le Québec n’a aucun pouvoir décisionnel dans cette campagne. Les 40 millions d’anglophones au Canada anglais vont décider de leur gouvernement et les Québécois vont continuer de voter au rythme de leurs émotions et non de leurs convictions.

Les Québécois critiquent les politiciens qui les protègent et admirent ceux qui les dépossèdent. De là cette incohérence aberrante. Plusieurs d’entre eux ne connaissent même pas les noms de leurs premiers ministres mais ils vont voter pour choisir quelqu’un qu’ils ne connaissent pas. Souvent, ils ne font pas la différence entre le fédéral et le provincial. Les Québécois oublient très vite les méfaits de leurs gouvernements contre eux. Tout le monde décrit les Québécois comme des gens pacifiques mais en fait, ce sont des peureux et des analphabètes politiques. Ils ont plus peur d’être indépendants qu’ils ont peur d’être soumis. Quand on leur parle de protéger leur langue française, ils se font traités de racistes et finissent par croire qu’ils le sont. Les Québécois auraient avantage à s’intéresser à la politique. Ils ont besoin de l’opinion des autres pour se faire une idée eux-mêmes, trop ignorants de leur histoire.

Je ne sais pas quel sera le résultat le 19 octobre prochain. Mais une chose est sûre. Si les Québécois votent pour Mulcair, Trudeau ou Harper, ils voteront contre eux. Est-ce de l’ignorance ou par conviction? Je ne le sais pas. Mais il serait temps que les Québécois reprennent le contrôle de leur destinée. Il y a une maladie au Québec. Ça s’appelle : L’INCOHÉRENCE. Si les Québécois veulent voter pour eux, ils doivent voter pour le Bloc majoritairement pour passer un message clair au reste du Canada et pour avoir un parti qui prend sa part à Ottawa. Arrêtez de nous traiter comme des moins que rien. Nous ne voulons pas de vos pipelines, de vos assermentations à visage couvert. Cessez d’utiliser la caisse d’assurance-emploi pour vos magouilles. Nous voulons un Québec francophone, ouvert sur le monde et surtout nous voulons un Québec libre.

Posted in chroniques politique québécoise, Journal Le Québécois.

5 Comments

  1. Permettez que je signale un tout petit détail.
    On peut lire :
    《Charest fut le premier « Jedi » fédéraliste envoyé ici》
    Il en fut un récent, mais pas le premier.
    Pensez à Lucien Bouchard, entre autres.
    Dans sa forme actuelle de gouvernance, pour le Québec, le pire est à venir.
    Vivement une constituante qui instaurera une structure organisationnelle à l’antipode du régime qu’on nous a imposé en 1768.

  2. Il faut croire que les Québécois n’ont pas vue dans le PQ, une alternative crédible au PLQ.
    Le PQ est la seule alternative que le mouvement indépendantiste s’obstine à offrir au Québec à la place du PLQ.
    Peut-être qu’il faudrait leur offrir autre chose que le PQ comme alternative ? N’est-ce pas ?

  3. Merci… À mon avis, votre dernier paragraphe résume très bien la campagne fédérale. Première à laquelle je participerai, et j’enverrai comme message que le système fédéral ne nous représente aucunement. De purs charlatans se présentent ici au Québec pour récolter des votes. Opportunistes, ils en disent le moins possible et espèrent profiter de l’ignorance de bien des électeurs.

    Si le Bloc ne passe pas et se voit disparaitre, je suggère que nous boycottons la prochaine élection fédérale, pour envoyer le même message; NOTRE message! Vous ne nous représentez aucunement. Pierre Bourgault, à l’époque du RIN et des débuts du PQ, avant la formation du Bloc appelait la population à ne pas voter aux fédérales, afin d’envoyer ce message politique.

    Le Orange ne changera absolument rien sur le fond. Ça m’attriste que beaucoup de Québécois croient à ce mirage. Le Canada continu à avancer… Bonne chance au Bloc. Longue vie à ceux qui luttent et résistent encore.

  4. L’incohérence se nomme conditionnement colonial. Et ce n’est pas un syndrôme fixe dans le temps. C’est un travail qui a commencé il y a 250 ans. Qui ne se terminera jamais, tant et aussi longtemps que la culture québecoise et son peuple ne sera pas annihilée, exterminée, non-existente. Nous sommes, présentement, dans une des phases finales, où l’initiateur de ce conditionnement n’a plus à semer des points de déclins. Nous sommes, dans la phase où l’initiateur n’a qu’à regarder les résultats de son travail et observer le peuple s’auto-conditionner lui-même à mourir, dont le dégoût, chez beaucoup de québecois, ces jours-ci de la stratégie qui fait que nous existons toujours: La résistance. Pour ce qui est des moments difficiles de Pauline Marois. Vous n’avez, qu’à consulter, entre autres, votre gang, ON et cie. Cessez de blâmer à gauche et à droite. Vous étiez en première ligne pour lui chier dessus. Et j’ai ben hâte de vous voir, dans 3 ans, vous en donner à coeur joie concernant le PQ et PKP. Ça va être beau de vous voir. Au moins, l’argent a quelquechose de bien, elle uniformise le discours de la base électorale. Moi je crois à rien de vos bonnes intentions, tant qu’Option National, ne sera pas démentelé. Vous êtes pires que n’importe quel libéral qui est tout simplement fidèle à sa poche. Ils ne s’auto-sabotent pas eux.

Comments are closed.