Libérons notre histoire

Depuis toujours, mais particulièrement depuis le référendum volé de 1995, le gouvernement fédéral et les fédéralistes envahissent le champ de la recherche et du savoir : bourses, subventions, création de chaires de recherche, d’instituts, de « think tanks », de fondations, etc. Ils achètent ainsi bon nombre d’intellectuels et cette action oriente bien sûr la recherche. Heureusement, certains ne sont pas achetables et persistent à penser en dehors de ces milieux financés depuis Ottawa et sous influence politique.

Parmi ces intellectuels libres, il y a mon ami le jeune historien et philosophe Jean-François Veilleux. Ce jeune chercheur trifluvien, qui termine présentement à la fois un baccalauréat en histoire et une maîtrise en philosophie à l’UQTR, publie d’ailleurs ces jours-ci à l’enseigne des Éditions du Québécois un essai des plus intéressants intitulé Les Patriotes de 1837-38 en Mauricie et au Centre-du-Québec. Il est un des premiers chercheurs à s’intéresser aux Rébellions de 37-38 sous cet angle. C’est qu’il y en a de la recherche à faire en histoire au Québec!

Hélas, je crains que l’action de quelques intellectuels libres et de quelques organisations non contrôlées par les fédéralistes (la Fondation Lionel-Groulx, par exemple, qui survit avec peu de moyens) ne suffise pas. En fait, il est clair que cela ne suffit déjà pas depuis au moins vingt ans. Depuis 1995, le discours fédéraliste s’impose toujours davantage, à grands coups de Fondation Historica ou Pierre Elliott Trudeau, de Chaires de recherche du Canada et de révisionnisme à la Jocelyn Létourneau.

Ainsi, l’idée de PKP de mettre sur pieds un institut de recherche appliquée sur l’indépendance doit être saluée et reprise par les autres candidats à la chefferie du PQ. Cette idée devrait faire l’unanimité dans le mouvement indépendantiste, soit que l’on doive se doter d’un institut de recherche d’envergure pour mener les études qui doivent être menées pour montrer de façon documentée ce qu’impliquera l’indépendance du Québec aux plans économique, social, étatique, etc. et ce qu’il en coûte de demeurer une simple province canadienne. Mais il faudrait faire davantage.

En plus de financer adéquatement les organisations qui existent déjà et qui font de la recherche en histoire en dehors du contrôle fédéral (elles ne sont surtout pas à négliger), le mouvement indépendantiste devrait également se doter d’un institut de recherche d’envergure en histoire. Avec de l’argent et des moyens pour une diffusion large de la connaissance dans le grand public. Et je pense à ce rêve qu’avait Pierre Falardeau que quelqu’un, quelque part, mette en place un institut de recherche au Québec sur l’histoire du colonialisme. Ce ne sont pas les sujets de recherche qui manqueraient, en tout cas! Un institut de recherche pour analyser au présent et au futur le statut politique du Québec et faire la pédagogie de l’indépendance, comme le veut PKP, c’est très bien; mettre aussi en place un grand institut de recherche en histoire pour comprendre notre passé et l’expliquer aux Québécois, voilà qui serait encore mieux.

En attendant, procurez-vous l’ouvrage de Jean-François Veilleux* sur nos ancêtres les Patriotes. On y apprend plein de choses et ça devrait donner du courage pour passer à travers le printemps chaud qui s’en vient. Il faut lire et s’instruire, et il faut aussi agir.

Pierre-Luc Bégin

P.S.1 Jean-François Veilleux a déjà présenté son ouvrage dans le cadre du Colloque multidisciplinaire des cycles supérieurs à l’UQTR et il le présentera à nouveau lors du Colloque des étudiants de premier cycle en histoire, toujours à l’UQTR, le 20 mars prochain. En outre, d’autres lancements devraient suivre.

P.S.2 L’illustration qui accompagne cet article est une toile de Marc Grandbois représentant la grande assemblée patriote de Yamachiche en 1837, une commande de la SSJB de la Mauricie, détentrice des droits de reproduction, pour orner un panneau de la place des Patriotes à Trois-Rivières.

*Pour commander l’ouvrage de Veilleux, vous pouvez le faire au coût de 25$ par commande postale avec le bon ci-joint (il sera également disponible dans les prochains jours dans notre boutique internet et dans toutes les bonnes librairies).

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Retournez ce bon avec votre chèque ou mandat-poste libellé au nom des Éditions du Québécois à l’adresse suivante :

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C.P. 21022
755, boul. René-Lévesque
Drummondville, Québec
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