Les temps obscurs

On apprend ce matin, par l’entremise des pages du Devoir, que le couperet frappera durement le ministère de la Faune et ses scientifiques qui étudient la situation de plusieurs espèces en péril au Québec. Ces annonces nous arrivent en même temps que les rénovations à 50 000$ du bureau du premier ministre; en même temps que les primes de départ illégales sont distribuées très généreusement d’un bord pis de l’autre, pensons seulement à celle de l’ancien boss d’Hydro-Québec et libéral notoire, Thierry Vandal.

Dire que cela est très choquant est un euphémisme.

Parmi les impacts négatifs de ces nouvelles annonces austères, notons le congédiement du biologiste qui s’occupait du plan de gestion du saumon Atlantique. Une espèce qui éprouve beaucoup de difficultés par les temps qui courent et dont la pêche sportive stimule l’économie des régions. Perdre ce poisson signifierait un dur coup pour l’économie de la Côte-Nord et de la Gaspésie, celles-là même que les idiots du conseil du patronat voudraient carrément fermer parce que supposément non rentables.

Ces coupures provoquent le même impact négatif du côté du caribou forestier qui pourrait bien disparaître dans un avenir plus ou moins lointain si on ne fait rien de tangible pour lui venir en aide; espèce dont la Gaspésie se sert pour faire carburer sa machine touristique. Le bar rayé? Des biologistes chargés d’évaluer son impact sur la population de homards des maritimes perdront également leur emploi. Les pêcheurs de la Gaspésie et de la Côte-Nord qui vivent de par le homard? Y’ont juste à déménager à Montréal…

La biodiversité de ce milieu nordique qui fond à vue d’oeil? Même refrain! Gestion de la rage? Même affaire.

Pourtant, la faune, c’est ultra payant au Québec. Pour l’industrie de la chasse et de la pêche bien sûr. Pour le tourisme également. Mais ce gouvernement idéologique ne voit pas plus loin que le bout de son gros nez sale. Il multiplie les économies de bout de chandelle. Il plonge le Québec dans des temps très obscurs nous empêchant de savoir ce qui se passe vraiment. Et ce sont les Québécois qui devront réparer les pots cassés dans les années à venir. Très enthousiasmant tout ça.

Mais le plus grave, c’est quand on se rend compte que la science pèse de moins en moins lourd dans la balance qui nous sert à prendre nos grandes décisions collectives. Ce gouvernement agit de manière illogique, parce que son seul objectif est de caresser comme un précieux son idéologie austère à la mords-moi le noeud. Austérité qui n’a pas fonctionné nulle part où elle a été appliquée à grands renforts de mauvaises nouvelles économiques couchées dans des journaux beaucoup trop serviles. Mais qui a fait grandement souffrir les gens. Ce n’est pas moi qui le dis. Mais les grands économistes indépendants.

Exemples parmi tant d’autres des décisions néfastes et illogiques qui nous sont imposées par ceux qui ont perdu le nord…

Des experts ont démontré de 1000 façons que le port pétrolier de Cacouna pousserait rapidement la population de bélugas vers l’extinction, population qui fait vivre la Haute-Côte-Nord par le tourisme. Ils sont donc beaucoup plus payants vivants que morts ces bélugas. Logiquement, on devrait les sauver. Pas les achever. Mais ça ne semble pas être comme ça que ça fonctionne dans la tête de nos petits capitalistes à deux balles, tout inféodés au Canada qu’ils sont. La Côte-Nord et l’économie régionale en général, ça ne semble pas préoccuper davantage le boss du projet de pipeline de Transcanada, François Poirier, lui qui affirmait encore ces jours-ci vouloir foutre sa maudite patente à gosse dans la pouponnière des bélugas, en face de Cacouna. Il répétait comme un niais perroquet qu’il était loin d’être démontré que son projet nuirait vraiment aux bélugas. Mais oui, ç’a été démontré, m’sieur chose! Y’a aucun doute à avoir à ce sujet. S’agit simplement de décider si l’argent des Nord-Côtiers, et des Québécois dans leur ensemble par extension, est plus important que l’argent des Albertains. On se doute bien de la nature de la réponse qui germe dans l’esprit de certains à la simple évocation de la question…

Il a été dit avec abondance qu’aucune étude n’est en mesure de nous dire quels sont véritablement les impacts d’un déversement pétrolier dans le fleuve, cours d’eau majestueux qui abreuve la moitié des Québécois. On sait aussi qu’aucune structure n’existe pour intervenir en pareil cas, surtout en hiver. Mais ils s’en foutent, et ils foncent à l’aveuglette. Le pipeline passera, que vous ayez soif ou pas. Parce que l’argent, même si c’est celui des autres et aucunement le nôtre, c’est plus important que la connaissance, que nous tous, pour tous ceux-là.

Il a été amplement démontré tout le danger que représente la fracturation gazière et pétrolière, pour les nappes phréatiques entre autres. Mais l’illogisme les pousse quand même à prévoir le forage d’Anticosti par la construction de milliers de puits fonctionnant grâce à la fracturation. La science, ça ne les interpelle pas plus que leur dernière chemise!

Les minières foutent le bordel depuis toujours au Québec. Elles nous laissent des sites souillés pour des générations. Et loin de faire la lumière sur ces fiascos, ce gouvernement Couillard plonge l’activité minière dans l’obscurité la plus totale, la place bien à l’abri des regards citoyens. Si vous ne savez pas ce qui se passe, vous n’aurez pas mal. Si vous ne connaissez pas les impacts d’une mine à ciel ouvert en pleine ville sur les habitants du coin, vous ne serez pas malades. C’est bien évident!

Ce gouvernement agit contre la connaissance et la logique la plus élémentaire au profit du portefeuille de quelques-uns.

Y’a pas à dire: il est beau le Québec que nous prépare cette bande d’obscurantistes!