Les Québécois ont peur

Je trouve terriblement triste de voir comment les Québécois vivent continuellement dans la peur. Avez-vous remarqué? Peur de manquer d’argent, peur de la maladie, peur du terrorisme, peur de tout ce qui sort de l’ordinaire dans leur petite vie. Ils aiment mieux ne rien dire quand ils se font arnaquer parce qu’obtenir justice, demande trop d’efforts. Si quelqu’un leur écrase un pied, ils s’excusent d’exister au lieu d’exiger des excuses de la personne qui leur a écrasé le pied. Si des amis leur manquent de respect, ils ne disent rien parce qu’ils ont peur de les perdre en répliquant. Est-ce que perdre des amis irrespectueux est vraiment une perte?  Combattre sa peur est un geste noble qui démontre du courage. Les soldats au front doivent avoir peur quand les balles sifflent autour de leurs têtes. Ils avancent quand même courageusement, parce que le courage ne s’achète pas dans une boîte de Cracker Jack. Le courage, c’est agir malgré la peur.

​Le courage est un acte de respect envers nos valeurs et envers autrui. Être courageux peut inspirer ceux qui ne le sont pas. Manquer de courage est une faiblesse qu’il faut combattre à tout prix parce que la peur ne gagne jamais rien. Chaque personne a le droit d’avoir peur. Par contre, les gens doivent reconnaître leurs faiblesses et y remédier pour le bien de leur avenir.  Il faut respecter ceux qui nous entourent si l’on veut être respecté par eux. Tant que les valeurs des uns ne briment pas les valeurs des autres, il y a de la place pour tout le monde en ce bas monde.

​Il faut savoir négocier sa place dans le respect. Notre vie en société en est une de compromis. La peur engendre des esclaves et des mous qui se font exploiter par les plus forts. Le courage engendre la paix et la compréhension. Le courage force le respect des autres.  Comprendre les autres n’est-il pas se comprendre soi-même? La peur est le pire fléau qui existe dans notre société. Le courage c’est la plus grande récompense que l’on acquiert de la combattre.

​Nos ancêtres ont été traités comme des esclaves par les anglophones avides de domination. Nos ancêtres avaient peur de Dieu parce que l’Église arrangeait faussement l’histoire du Créateur pour mieux dominer les plus faibles. Lisez votre histoire et vous comprendrez d’où vous venez. Les gouvernements et l’Église catholique maintenaient les gens dans l’ignorance délibérément pour s’approprier ce qui leur appartenait. Le gouvernement anglais à Ottawa cherchait des moyens pour assimiler les francophones aux anglophones. Ils maintenaient les Québécois dans la pauvreté pour qu’ils n’aient aucune envie de contester leurs politiques. L’église forçait les femmes à enfanter à toutes les années. Ainsi les parents débordés par le nombre d’enfants et le travail n’avaient pas le temps de reconnaître leurs conditions de pauvreté extrême. En forçant les femmes à être enceintes l’Église s’assurait d’une relève d’esclaves soumis à ce Dieu vengeur qu’ils préconisaient faussement. Quand les élections arrivaient, ils votaient comme on leur disait de voter.

Il doit y avoir des restants d’humiliations dans nos gènes de descendants. On dirait que nous avons un sentiment de culpabilité collectif collé à notre ADN. Les Québécois n’ont plus le courage de se faire des projets de société, car ils ont toujours l’impression de perdre d’avance.  Comme s’il fallait conserver le statu quo pour être libre. Les Québécois ruminent le fait que leurs élus soient corrompus et quand ils devraient poser des gestes concrets en allant manifester contre eux, ils restent chez eux parce qu’il y a du hockey à la télé. Ils laissent les plus courageux aller au front pour eux. Quand la peur devient de la lâcheté, ce n’est pas très édifiant.

​Les gens du Québec sont individualistes. Ils aiment mieux se faire dire quoi penser que de penser par eux-mêmes. La peur de penser n’est-elle pas le statut d’un esclave? Quand ils auront besoin des autres, les peureux seront seuls à vouloir se battre. La mémoire n’oublie pas les peureux. La peur n’a jamais rien gagné.

Les Québécois se disent des gens pacifiques qui n’aiment pas la chicane. En fait, leur pacifisme est un manque de courage destructeur qui encourage les bourreaux à les exploiter de plus bel. Tous les élus qui prennent le pouvoir au Québec le savent. Les plus malhonnêtes d’entre eux en profitent.

​Je pense que l’être humain devrait savoir que, peu importe ce qu’il fait en échangeant avec les autres,  c’est l’intention primaire qui détermine les répercussions qu’il subira plus tard d’avoir fait du mal intentionnellement ou pas.  Les histoires de Karma, si elles sont vraies, dépendent de nos véritables pensées intérieures et de leurs intentions. Nous pouvons blesser des gens sans en avoir l’intention mais si c’est le cas, la vie nous fait payer pour ce  que nous enlevons aux autres. Si nous crachons en l’air, ça risque de nous retomber sur le nez. Manquer de courage est une intention de faiblesse axée sur notre individualisme. Ce geste de lâcheté engendre des problèmes aux autres.

Les Québécois sont des poules mouillées. Ils s’effondrent face à ceux qui leur manquent de respect, parce qu’ils ont peur des affrontements.  Ma mère disait toujours : «  Quand tu as peur de quelque chose tu l’attires ».  Mais le pire c’est que les Québécois ignorent que la peur les détruit. Ils critiquent les projets de société et détestent les gens qui se battent pour leurs convictions. Ils ont peur de se faire un pays, prétextant qu’ils sont Canadiens. Pourtant, ils n’ont aucune affinité avec le reste du pays anglophone. Ils ne connaissent pas le mépris engendré par les médias anglophones contre les Québécois francophones. S’ils le vivaient en étant là-bas, ils changeraient d’idée.  Ils se disent fédéralistes, mais ne connaissent rien au principe de ce concept.

​Ils ont tellement peur de perdre ce qu’ils ont, qu’ils aiment mieux se cacher dans un anonymat éhonté en laissant les autres se battent pour eux. Ils ont vu les commissions Gomery, Bastarache et Charbonneau. Ils se sont fait décrire la corruption dans les moindres recoins de notre société. Ils ont pourtant réélu le parti qui était accusé d’être corrompu. Les Québécois disent en avoir assez de la politique, mais ils ne font rien pour la changer parce qu’ils ont peur.  Ils en ont assez de la corruption en élisant un parti corrompu. Les Québécois ne sont pas des victimes mais des complices.

Une grande majorité de Québécois sont des analphabètes politiques qui ont peine à faire la différence entre le fédéral et le provincial. Ils ne veulent pas s’instruire. Ils n’ont pas de temps à perdre à lire leur histoire et à rêver à des projets de société. Ils veulent que les autres règlent leurs problèmes et ils crient fort sur les réseaux sociaux, s’ils échouent.  Ils se préoccupent plus du club de hockey canadien que des politiques qu’ils subissent par ignorance. Ils fument du pot et boivent du vin pour ne pas voir la réalité en face. S’éloigner de la réalité est un bon moyen de ne pas y faire face.  Les médecins les tiennent sur les pilules et les institutions pharmacologiques tressaillent de joie et d’argent. C’est le régime de la peur qui triomphe.

​Les Québécois sont surtaxés plus que partout ailleurs dans le pays. Leur manque de courage les maintient dans cette ignominie. Au lieu de se plaindre, ils achètent en silence sans regarder la facture. Pourtant, les citoyens auraient le pouvoir de changer les choses s’ils avaient une conscience sociale. Ça s’appelle : La solidarité.

Ils se croient libres, mais ils sont obligés de payer des taxes municipales, taxes de bienvenues et des taux d’imposition démesurés. Ils ont des hypothèques qu’ils payent pendant 25 ans et ils se considèrent comme des propriétaires libres. Ils doivent demander la permission à la ville pour jeter un mur de leur maison par terre. Le Québec est la province la plus taxée dans le Canada. Tout est moins cher ailleurs.  La vérité c’est que les braves résistent. Les peureux en payent le prix.

Il n’y a plus de solidarité mutuelle. Les gens s’enferment dans leurs cocons avec leurs téléphones intelligents. Depuis que la religion catholique a été chassée de leur quotidien, les Québécois n’ont plus de valeur sociale. Le civisme est complètement disparu. Les gens insultent ceux qui ne pensent pas comme eux.  Ils critiquent les politiques des différents partis, mais ne vont pas voter quand c’est important. Ensuite, ils se demandent pourquoi des incompétents prennent des décisions à leur place. Les Québécois se laissent diriger par des gens qui les méprisent et ils se demandent pourquoi ils sont toujours les victimes. Les peureux ne gagnent jamais de guerres.

​Pour chasser les dominateurs, il faudra apprendre à lever le poing et à dire »NON ».  Résister à ses convictions n’est pas une attaque contre les autres. Avoir du courage n’est pas un manque de respect envers les autres. Il faut réapprendre à discuter respectueusement entre nous. Les Québécois auraient besoin d’une bonne dose de courage pour devenir un peuple qui mérite d’être heureux.


Alain Patenaude
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