Les journalistes canadiens : de risibles moralisateurs!

L’attentat terroriste dans une mosquée à Québec par un déséquilibré du bocal a donné l’opportunité de mettre encore plus en évidence un problème de racisme systémique dont on parle de plus en plus au Québec. Difficile de savoir quels sont les vrais éléments déclencheur de la haine chez l’assaillant, alors que les médias se concentrent principalement sur l’individu, sur son passé d’intimidé et de repli sur soi, ainsi on passe encore à côté du problème de société. Une chose est sûre, les messages de haine véhiculés dans les radio-poubelles de Québec sont certainement des instigateurs du racisme, du sexisme et de l’homophobie. Lorsqu’on parle de racisme, on parle particulièrement de l’islamophobie, phénomène qui a pris racine avec les attentats du 11 septembre 2001, et qui depuis, n’a cessé d’alimenter la peur et la haine des musulmans et des arabes chez les personnes gardées intentionnellement dans l’ignorance. Des groupes d’extrême-droite se forment jour après jour, plus particulièrement dans la Capitale Nationale. Le fléau est réel, il faut le pointer du doigt et le dénoncer. Avec l’influence des réseaux sociaux, leur portée augmente plus rapidement et légitimise les commentaires racistes et islamophobes de personnes qui n’auraient pas eu le courage de se dévoiler autrement. Ces groupes ont un effet d’entrainement et rallie des personnes qui partage la même ignorance.

Cependant, le racisme, et l’islamophobie plus spécifiquement, ne sont pas des bibittes québécoises. Comme je le disais, tout ça a pris forme avec les attentats de 9-11 aux États-Unis, et comme il arrive trop souvent, le monde au grand complet importe les bons comme les mauvais éléments de la culture étasunienne. Faut-il rappeler que ces mêmes radio-vidanges de Québec vont systématiquement relayer le pire que les States ont à nous offrir des politiques conservatrices républicaines de droite, parce que les Amaricains, c’est bien connu pour les animateurs radiopoubelliens, ils l’ont l’affaire! Bien que nous devons dénoncer ce qui est intolérable chez nous, cela ne doit en aucun cas devenir un prétexte pour les autres, encore moins les Canadiens et les Étasuniens, de vomir leur racisme contre nous. Le racisme est intolérable, peu importe sa source et sa cible.

Mais cette semaine, à la lumière des critiques qui se sont faits à l’égard de l’attentat à Québec, un commentateur politique canadien de Vancouver a cru bon cracher son fiel sur le Québec, encore une fois, profitant de la situation pour passer un message de haine à notre égard comme ces journaleux sont habitués de le faire depuis des décennies. Et comme si ce n’était pas suffisant, fallait que le Washington Post relaie le torchon d’insultes sans aucunes nuances. Nous serions apparemment la province la plus raciste et même la plus antisémite du Canada. Vraiment? Avec quelle arrogance ces gens peuvent affirmer de telles bêtises alors que l’histoire du Canada foisonnent de références faisant part d’un racisme qu’on ne peut que qualifier de systémique, parce qu’alimenté par un système qui discrimine et qui écrasent les peuples.

Doit-on rappeler la tentative de génocide presque réussie du Canada d’exterminer les Premières Nations, et le traitement de ses politiciens et de sa police contre les femmes autochtones disparues et violentées? Doit-on rappelé que la colonisation de l’ouest s’est fait sur le dos des Chinois, qui ont été les principaux artisans de la construction la voie ferrée du Canadien Pacifique, en les exploitant et en les faisant travailler comme des esclaves dans des conditions déplorables, même en bas-âge? Doit-on rappeler comment le Canada a ostracisé les Japonnais de citoyenneté canadienne durant la fin de la deuxième Guerre Mondiale? Doit-on rappeler que le Canada de l’antisémite notoire Mackenzie King refoulait les juifs qui fuyaient l’Allemagne nazi, alors que le Québec a été la première province à accepter les immigrants juifs, et même, aussi loin qu’à l’époque du Bas-Canada, nous avons été les premiers à élire un juif dans l’arène politique? Doit-on aussi rappeler que vers la fin des années 20, la Saskatchewan comptait plusieurs dizaines de milliers de membres du Klu Klux Klan? Doit-on rappeler comment le Canada a écrasé les Métis qui défendaient leur territoire au Manitoba pour faire passer de force leur putain de train comme ils essaient de passer de force leur saloperie de pipeline aujourd’hui? Et finalement, doit-on faire tout l’inventaire de toutes les attaques racistes à l’égard des Québécois et des Canadiens Français d’un océan à l’autre par les médias de masse du Canada anglais, et cela de façon ininterrompue depuis plusieurs décennies? Ces biens-pensant voudraient nous faire aujourd’hui la morale. Je les invite à s’étouffer avec leur vomis à ces sales journaleux à la solde de la haine crasse servant les intérêts de l’élite politique anti-québécoise.

Le Bloc Québécois voulait qu’il y ait un vote unanime de la Chambre des Communes pour condamner les propos du commentateur canadien. Mais étonnement, le racisme canadien envers les Québécois semble être plus tolérable que celui de certains Québécois envers les musulmans. Et nous apprenons en plus que la motion a été contrée par des députés Québécois, notamment le député Bernard Généreux. Alors que ce dernier appelait à la sérénité suite à l’attaque de la mosquée, il décide d’ignorer le racisme des chroniqueurs et journalistes de tout acabit dans l’ouest canadien par après. La résistance face au racisme ce n’est pas à géométrie variable : soit tu t’y opposes toujours et invariablement, soit tu fais partie de problème en fermant les yeux.