Le grand mensonge médiatique

Le phénomène n’est pas nouveau. Il est présent depuis les débuts du mouvement indépendantiste. Journaux, télé, radio; commentateurs, chroniqueurs et autres scribouilleurs… Nos médias et leurs valets martèlent toujours la même vieille « analyse ». Tous répètent que l’indépendance est une idée morte au Québec, faisant fi des sondages d’opinion qui confirment sans cesse le contraire. Une véritable opération de matraquage idéologique. Et ils appellent cela la démocratie.

Depuis le départ de PKP la semaine dernière, les prophètes de la mort du mouvement indépendantiste ont redoublé d’ardeur. Ce serait la fin non seulement du PQ, mais de l’idée même d’indépendance. L’indépendance a beau recueillir sondage après sondage, depuis des années, avec la question pure et dure svp (sans partenariat ni association avec le Canada), un appui de 35% à 40% de la population, il faudrait passer à autre chose. Les indépendantistes partout en Occident ont beau augmenter leurs appuis et s’approcher du pouvoir quand ils n’y sont pas déjà (pensons à l’Écosse, au Pays de Galles, à la Catalogne, au Pays basque, à la Corse, à la Flandre et j’en passe), nous, ici au Québec, il faudrait remiser cette « vieille idée dépassée », hurle à l’infini toute la meute médiatique.

Or, après avoir crié à en perdre haleine pendant des jours que le départ du « sauveur » PKP signait la fin de l’indépendantisme québécois, le matraquage idéologique a-t-il fini par porter? Après des années, voire des décennies à dire que l’indépendance n’intéresse pas les Québécois, le Oui doit bien être rendu à 12% d’appui, non? Le fait est qu’un sondage Léger mené APRÈS le départ de PKP nous apprend que 41% des Québécois voteraient Oui à l’indépendance demain matin, sans partenariat ni association avec le Canada! Chez les francophones? Le Oui est clairement majoritaire à 52%. L’idée d’indépendance est donc en bien meilleure position dans l’opinion publique… qu’au début de la campagne référendaire en 1995! Alors?

Alors, trois choses.

La première, c’est que les candidats à la chefferie du PQ devraient s’engager à mettre l’indépendance au cœur de leur action et à la réaliser dans un premier mandat s’ils prennent le pouvoir. C’est le PQ qui a des problèmes d’appui dans l’opinion publique, pas l’idée d’indépendance.

La seconde chose, c’est qu’il faut bien dire à quel point les médias et les journalistes d’ici, sauf de très rares exceptions, sont minables. Vendus ou incompétents, souvent les deux, ils sont une honte pour une société supposément démocratique. Et ils sont notre plus gros obstacle sur le chemin de l’indépendance.

Dernière chose, enfin, c’est qu’il ne faut surtout pas que les militants embarquent dans le jeu de ces grands menteurs médiatiques, qu’ils se mettent à déprimer puis qu’ils se démobilisent. L’idée d’indépendance est très populaire au Québec, et ce, sondage après sondage depuis 20 ans. Les militants péquistes, entre autres, doivent le rappeler à leurs aspirants chefs. Détourner le PQ de l’indépendance dans un tel contexte serait pure trahison.

Pierre-Luc Bégin