La méthode Québec

La méthode « Québec » est-elle efficace? J’imagine que ça dépend du point de vue. Et dans cet ordre d’idée, la méthode « Montréal » n’a rien à lui envier. Que dire de la méthode « Victoriaville »… Et si la méthode Québec se révèle n’être pas assez efficace, c’est quoi la prochaine étape? La méthode Borden? On fait venir des soldats de l’Ontario et de Nouvelle-Écosse pour « tirer dans le tas », comme à la bonne vieille époque de l’émeute de la conscription? Ou la méthode « Ferguson »?

N’oublions pas que la méthode « Montréal » a donné lieu en 2012, à des blessures graves pour plusieurs manifestants, pensons à Francis Grenier qui a perdu un œil à la suite d’une « bavure » du SPVM ou encore à Gabriel Duchesneau qui a été roué de coups et qui a eu le crâne fracturé, et combien d’autres aussi ont subi des blessures tout aussi graves mais moins « visibles » ou moins médiatisées.

La méthode « Victo » a ses lettres de noblesse. Un œil perdu également pour Maxence Valade, mais également une mâchoire fracturée en deux endroits et six dents perdues pour Dominique Laliberté. Une bavure cette fois-ci? Ou un contrôle de foule acceptable dans le contexte. Distance minimale vous vous souvenez. Je ne sais pas si la distance minimale est variable … mais hier, elle semblait courte la distance minimale.

La méthode « Québec » me fait penser à méthode « Johannesburg »… légèrement. Pour les bergers allemands disons. Mais non, ne vous inquiétez pas braves payeurs de taxes, je n’oserais jamais comparer.

Pourquoi ne pas essayez la méthode « Toy Story ». Sortez-les vos nouveaux jouets. Sortez vos canons à sons LRAD tout neufs. Nous vous faisons confiance pour respecter la distance minimale. N’oublions pas que le canon LRAD peut émettre des sons jusqu’à 137 décibels. Au pire, la ville votera un règlement qui interdit le « port des mains sur les oreilles dans un rassemblement dit illégal » ou la « criminalisation des bouchons ». Sortez-le, votre camion blindé Thunder 1, supposé aider la police lorsqu’elle a affaire à un forcené barricadé. Le SPVM nous promettait de ne pas l’utiliser pour le contrôle des foules. Un promesse de plus ou de moins. Comment on appelle cela, la méthode « True lies »?
N’oublions pas qu’il y aussi la méthode « Villanueva ». Vous n’avez qu’à l’appliquer à plus grande échelle. Imaginez le résultat. Tous ces jeunes qui n’ont pas nécessairement à voir avec la grève étudiante ou avec le combat contre les mesures d’austérité, mais qui se font profiler par la police à longueur d’année. Il y avait de cela dans la réaction à l’émeute Villanueva. Personne n’a voulu le voir et on a balayé cela sous le tapis. Imaginez un mélange entre le printemps 2012 et l’émeute Villanueva. Il ne manquerait plus que la Coupe Stanley.

Est-ce souhaitable? Bien sûr que non. Mais n’attendez pas qu’il y ait un mort.

Et ensuite, à travers les médias, garder le silence sur cette violence criminelle masquée sous le couvert du « contrôle de foule » ou du « maintien de la paix », ou pire, l’encourager comme certains animateurs amochés du bocal qui prônent sans cesse un désengagement de l’État dans tout, sauf dans la répression policière et les lois liberticides qui vont à l’encontre de l’habeas corpus canadien, la charte des droits et libertés, c’est se faire complice de quelque chose de très grave.

On peut être pour le gouvernement, pour les coupes, pour « l’austérité », c’est idiot, mais on peut. Mais on ne peut pas cautionner des actes d’une telle barbarie à l’égard de notre jeunesse. La jeune femme blessée d’hier, Francis Grenier, Maxence Valade ou ……. avait-ils le profil du fameux « casseur », black-bloc-terroristo-communiste?

Sans compter qu’on a accusé les étudiants de 2012 d’être égoïstes, de se plaindre le ventre plein, parce qu’ils descendaient dans les rues pour protester contre une mesure qui les touchaient directement. Ce qui est contestable. Mais cette fois-ci, ils sont dans la rue pour quelque chose qui ne les touchent pas aussi directement. Ils sont dans la rue pour protester contre des mesures qui toucheront l’ensemble de la population. Et ils le font de manière plus audacieuse que de placarder leur voiture de collant « On a rien volé » ou que de porter des pantalons de clowns.

Juste de même, chers policiers, vous réprimez et violentez des jeunes qui sont dans la rue aussi pour « vos » intérêts. Paradoxalement, avec vos stickers « On a rien volé », vous protégez justement ceux qui s’attaquent à vous, à votre famille, à vos retraites. N’importe où dans le monde, des policiers dont on attaque le salaire, les conditions de travail ou les retraites, se retrouveraient sans doute du côté des manifestants. S’il y a une chose que le pouvoir a compris partout, c’est de ne pas rendre mécontent ceux qui les « défendent »…

De grâce, ouvrez-vous les yeux. Voyez la situation globale.

J’ai hâte de lire les articles de Stéphane Berthomet et Claude Aubin, deux anciens policiers convertis au journalisme, qui font des analyses critiques sérieuses du travail policier.

J’ai comme l’impression que ces jours-ci les médias mainstreams n’inviteront pas Berthomet aussi souvent pour commenter que lors des derniers mois. Une prédiction juste de même.

Par ailleurs, lisez son livre « Enquête sur la police ». Un livre sérieux. Une belle enquête sur le travail policier, beaucoup de matériel sur le printemps 2012, et surtout, on voit l’impunité dangereuse avec laquelle opèrent les policiers au Québec.

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3 commentaires

  1. Promis… samedi le 4 avril, un blog sur les nouvelles manifs et les réactions de la police.

  2. C’est l’Idée de terroriser les autres, qui ne se sont pas encore pointés et attendent des températures plus clémentes pour sortir et taper de la casserole. C’est tout, mais faut pas s’attendre à rien lorsque vous êtes 1000. Nous sommes 8 millions au Québec. J’dis un petit 250 000 personnes, ils ont beau taper dans le tas. De plus, j’me demande combien de temps vous allez reçevoir des coups sans en donner. Au niveau des médias, c’est comme le reste: On martèle la conséquence, sans jamais expliquer la cause. Par la suite on transforme la conséquence en cause et on justifie la conséquence à cette fausse cause. Que ce soi violenter des étudiants ou déclarer la guerre au terrorisme. Un prof d’histoire en secondaire 5 m’a appris que si Ghandi était pacifiste, c’est parce qu’il n’avait pas les moyens d’armer son peuple.

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