La guerre contre la souveraineté populaire

Le ministre John Baird invoque l’insécurité grandissante en Syrie pour justifier le départ des diplomates canadiens de ce pays et l’imposition de sanctions économiques additionnelles, qui feront souffrir encore davantage la population syrienne. Pourtant, depuis quelques jours, la sécurité s’est grandement améliorée en Syrie, car l’armée syrienne est venue à bout des terroristes financés et équipés par les États-Unis et leurs vassaux. La population a commencé à réintégrer le quartier de Baba Amr, à Homs. Le ministre sait très bien ce qui se trame en réalité. C’est la situation à venir, et non la situation actuelle, qui justifie le départ des diplomates.

La visite de Benjamin Netanyahou, vendredi dernier, derrière un imposant dispositif de sécurité, avait pour but de sceller l’accord sur la guerre qui commencera bientôt, malgré les déclarations hypocrites de Stephen Harper. La question iranienne n’était qu’un écran de fumée, bien qu’elle soit aussi la raison profonde de l’hostilité contre la Syrie. Des centaines de milliers de Syriens trouveront probablement la mort dans cette guerre, qui risque d’enflammer toute la région et de faire beaucoup de dégâts, voire d’être l’élément déclencheur de la Troisième Guerre mondiale, comme je l’écrivais il y a trois mois. Il est stupéfiant de constater l’absence quasi totale de critiques dans les médias et la classe politique, devant ce projet macabre.

Jamais on ne nous a présenté une seule preuve de la prétendue répression exercée par le «régime» de Bachar el-Assad. Les médias nous ont montré de nombreuses manifestations, même s’ils se plaignent de ne pas avoir eu accès au territoire syrien comme ils l’auraient voulu. Pourtant, jamais on n’a vu la police ou l’armée tirer un seul coup de feu vers des manifestants pacifiques. À l’inverse, les preuves que l’opposition n’a jamais été pacifique et qu’elle a toujours été minoritaire abondent. Depuis mai 2011, les attentats terroristes se succèdent en Syrie.

Le lavage de cerveau que nous font subir les médias depuis des mois semble avoir fait son oeuvre. Quand elle n’est pas totalement indifférente, la population trouve normal qu’on se prépare encore à provoquer un énorme bain de sang au nom de ce qu’on appelle la démocratie, mais qui n’est rien d’autre que l’intérêt de quelques oligarques, surtout financiers, aux commandes du monde occidental. L’attitude des gens ordinaires n’a rien d’étonnant lorsqu’on connait la redoutable efficacité des propagandistes de guerre, comme François Brousseau et Agnès Gruda, qui nous arrosent de mensonges plus ou moins romancés pour nous faire croire que le peuple syrien appelle nos bombes de tous ses voeux.

Il est probable qu’on déguisera le bombardement de la Syrie en invasion par des «rebelles». Évidemment, comme ce fut le cas jusqu’à maintenant, ces rebelles, en bonne partie des salafistes, extrémistes musulmans sanguinaires, seront financés, armés et appuyés par les États-Unis et leurs vassaux. Ce n’est pas pour rien que les autorités syriennes ont capturé, à Homs, un grand nombre de mercenaires, y compris des officiers français. Que faisaient ces Français dans une zone de combat? Ils manifestaient pacifiquement?

Des hordes de ces fous d’Allah, dont certains arrivent de Libye, sont massées en Jordanie actuellement, en compagnie de GI retirés d’Irak. Comme l’écrit Serge Charbonneau, l’objectif est de pouvoir en fin de compte exhiber Bachar el-Assad «dans un frigidaire à viande», après l’avoir torturé, sodomisé et assassiné, sous les rires de Hillary Clinton. Je me demande ce qu’Asma el-Assad pense de Hillary Clinton.

Asma et Bachar el-Assad, dans leur tenue de brutes sanguinaires auxquelles les John Baird et François Brousseau de ce monde préfèrent l’émir du Qatar et les femmes voilées d’Arabie Saoudite, devenus soudainement de grands symboles de la démocratie.

Le dénigrement systématique de l’élection de Vladimir Poutine dans la presse occidentale fait partie, lui aussi, de la propagande de guerre, puisque la Syrie peut compter entre autres sur l’appui de Moscou, de Pékin et de Téhéran. Il faut diaboliser au maximum tous les mauvais clients ou les concurrents de Wall Street. Quand ce ne sont pas les conditions de travail dans les usines chinoises ultramodernes ou les armes atomiques imaginaires de l’Iran, ce sont les élections en Russie qui servent de prétexte pour affirmer que, hors des vertueuses démocraties occidentales, le monde est noir de barbarie.

Dans un article d’une grande partialité (Voir aussi, dans le dossier local «Russie», le fichier intitulé «20120305 Une présidentielle russe clairement biaisée en faveur de Poutine, selon l’OSCE») (, Radio-Canada présente Golos comme un «observatoire électoral indépendant russe» alors qu’une petite recherche avec Google permet de se rendre vite compte que c’est une agence de propagande du Département d’État financée par le National Endowment for Democracy. Radio-Canada admet que des caméras filmaient les bureaux de vote, pour prévenir la fraude, mais trouve le moyen de reprocher à Vladimir Poutine que certaines caméras soient tombées en panne… selon Golos.

Radio-Canada se permet de donner des leçons de démocratie à la Russie, qui a des caméras dans tous les bureaux de vote, alors que la radio et la télévision d’État canadiennes ne sont qu’un vulgaire relais de propagande du régime néocolonial d’Ottawa, auteur de nombreuses fraudes massives, depuis les faux attentats du FLQ jusqu’au financement électoral illégal du Parti conservateur de Stephen Harper, en passant par le vol de la liste des membres du Parti Québécois, le référendum volé de 1995 et le scandale des commandites. Cherchez l’erreur.

La bataille à mort que s’apprêtent à livrer les Syriens contre les armes que nous finançons avec nos impôts — car il ne fait aucun doute dans mon esprit que le Canada se mêlera directement de ce conflit — est en fait une bataille pour la souveraineté des peuples. Il est temps que les Québécois cessent de croire la propagande et se rendent compte que les pays qui ont mauvaise presse défendent leur liberté et leur droit de se gouverner eux-mêmes. Ils ne veulent pas se plier aux dictats de l’oligarchie financière occidentale.

Qu’il s’agisse de Cuba, du Venezuela, du Zimbabwe, de la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo, de la Libye de Mouammar Kadhafi ou de la Corée du Nord, on nous a systématiquement désinformés sur beaucoup de pays pour justifier diverses formes d’agression contre eux. Il vaut la peine de lire notamment «Understanding North Korea» pour comprendre jusqu’à quel point nous nageons dans les fabulations. Les petits serviteurs médiatiques de l’oligarchie ne chôment pas.

L’oligarchie qui veut nous imposer le Plan Nord, les gaz de schiste ou les sables bitumineux (dans lesquels la Caisse de dépôt et placement investit l’épargne des Québécois) est profondément agacée par les peuples qui lui tiennent tête, en particulier par l’Iran. Pour cette bande de psychopathes qui ne reculent devant aucun crime de masse, il faut détruire la Syrie pour pouvoir asservir l’Iran. Les peuples ne doivent pas pouvoir être souverains. Le monde appartient au grand capital.

Ottawa s’apprête à participer au martyr sadique du peuple syrien pour que prévale le droit au profit. Tous les partis politiques fédéraux, y compris le NPD et le BQ, appuient lâchement ou naïvement cette expédition barbare. Que ferons-nous? Chercherons-nous encore des amis de la souveraineté du Québec à Washington ou Paris? Les vrais amis de la souveraineté des peuples sont plutôt à Damas, ces jours-ci, et ils méritent un grand élan de solidarité. C’est le destin de l’humanité qui est en jeu.

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Cinéma-vérité

Vidéo du massacre de Jisr al-Choughour

Au début de juin 2011, à Jisr al-Choughour, les terroristes ont brutalement assassiné 120 membres des forces de l’ordre. La presse étrangère a pu s’en rendre compte sur place. Certains cadavres étaient décapités, ce qui correspond exactement aux méthodes barbares d’al-Qaïda. Mais, selon François Brousseau (début à 7 min. 8 sec., dans le fichier audio), l’opposition était alors totalement pacifique. [En anglais]

Vidéo de policiers tirant sur des «civils»

Exemple de vidéo de propagande des terroristes qualifiés d’«opposants syriens» et financés par les puissances occidentales et les monarchies du golfe Persique. À la septième seconde, on aperçoit un coup de feu qui touche le sol près d’un attroupement. Les forces de l’ordre ouvrent alors le feu. On voit les policiers tirer vers le haut, d’où est provenu le coup de feu, et non vers l’attroupement. Ils visent le tireur embusqué complice du caméraman, qui prend bien soin de ne pas filmer les «manifestants pacifiques» sur lesquels les policiers seraient en train de tirer. Dans le lointain, une voix diffusée par un haut-parleur continue de se faire entendre. La manifestation se poursuit sous la protection de la police.

Vidéo du minaret aux tireurs embusqués

Dans cette vidéo, on voit distinctement la fumée de plusieurs coups de feu tirés depuis le minaret. Et après, il faudrait que les «troupes de Bachar» ne tirent pas sur les minarets?

Vidéo de coups de feu et de blessés

Les vidéos avec bruits de coups de feu et blessés ensanglantés sont une spécialité des terroristes syriens. On ne voit cependant aucun policier ou militaire syrien. Parions que ce sont des tireurs embusqués complices du réalisateur de la vidéo qui font des cartons.

Vidéo du tir de roquette sur un blindé

Les terroristes aiment se vanter de leurs exploits. Comme on peut le voir dans cette vidéo, les opposants financés et équipés par les États-Unis et leurs vassaux sont tout à fait pacifiques. Vive la démocratie!

Vidéo de Syrian Girl

Voici l’une des ravissantes Syriennes qui méritent de mourir aux yeux de Stephen Harper et John Baird, car elle défend son pays et son gouvernement contre l’alliance de la CIA et d’al-Qaïda. [En anglais]

Vidéo de tireurs embusqués pris sur le fait

Des tireurs embusqués terroristes sont filmés sur le fait. [En arabe]

Vidéo de l’assassinat de Gilles Jacquier

Des terroristes assassinent le journaliste Gilles Jacquier et huit civils. Sarkozy en imputera la responsabilité au gouvernement el-Assad par l’intermédiaire de son personnel. Juppé reprochera au gouvernement syrien de ne pas assurer la sécurité des journalistes.

Vidéo où passent des salafistes

Dans ce reportage d’une équipe de «journalistes» français, on voit passer, à 8 min. 40 sec., des mercenaires portant des treillis. Ce sont des salafistes. Les salafistes sont des extrémistes musulmans. Ils étaient en Libye pour tuer Kadhafi et des dizaines de milliers d’autres Libyens, en particulier les Noirs. Ils forment le coeur d’al-Qaïda. La journaliste en fait la remarque à un insurgé, qui lui répond que ce ne sont pas des salafistes. C’est que personne n’a le temps de se raser, dit-il. [En anglais]

Vidéo préférée d’Yves Boisvert
Ajout le 7 mars à 4 heures —Voici la vidéo de propagande antisyrienne préférée d’Yves Boisvert, qui ne tarit jamais de mensonges dans ses tirades moralisatrices. Yves Boisvert a hâte que nous allions massacrer des Syriens pour leur apporter la paix. Donnons une petite leçon d’observation à cet aveugle volontaire surpayé.

  1. a) Les enfants exhibés au début sont des boucliers humains utilisés par les terroristes qui les détiennent au lieu de les laisser quitter leur repaire de Baba Amr.
  2. b) À 2 min. 30 sec., les terroristes amateurs se baladent à découvert en tirant au hasard, sans viser, sur un immeuble qu’ils nous disent occupé par de redoutables tireurs embusqués des services secrets. Pour des types qui sont censés avoir tué 9 000 personnes depuis le début du prétendu soulèvement, les tireurs du «régime» n’ont vraiment pas le compas dans l’oeil. En réalité, ils ne tirent même pas, et l’immeuble a l’air abandonné. Sans doute est-ce la raison pour laquelle les admirateurs de salafistes n’ont pas peur.
  3. c) À 2 min. 55 sec. environ, une manifestation. Il y a peut-être trois-mille personnes, au maximum. En fait, ce sont des funérailles collectives. Des dizaines de morts. Le narrateur nous dit 138. Quand on s’amuse à tirer avec des kalachnikovs sur une armée, on peut effectivement se faire tuer. Les manifestants scandent qu’ils sont des millions. Ils ne sont pas des millions à la caméra, en tout cas.
  4. d) Les insurgés poursuivent l’attaque de l’immeuble apparemment vide, cette fois avec des explosifs.
  5. e) Nouvelle manifestation. Bachar rate encore une bonne occasion de faire un joli carton sur des manifestants pacifiques, et les médias menteurs ne peuvent toujours pas nous montrer l’ombre d’un policier ou d’un soldat du «régime» en train de tirer sur des manifestants pacifiques. Le narrateur parle d’une «marée humaine». Ils sont tout au plus quelques centaines dans la rue étroite, en comptant les enfants, à répondre aux appels du meneur de claque intégriste.
  6. f) Phase finale de l’attaque contre l’immeuble. Les insurgés en espadrilles s’amusent à tirer à l’intérieur, dans la cage d’escalier. D’autres «humilient» Bachar el-Assad en frappant à coups de crosse sur son portrait géant devant l’immeuble. Mais, attendez, il y a deux choses qui clochent. Premièrement, on n’entend pas l’ennemi répliquer par des tirs. Deuxièmement, on ne nous montre pas les corps des opposants tués, ni des prisonniers qu’on aurait faits. Où sont-ils? Y avait-il vraiment des tireurs embusqués de l’armée ou des services secrets dans l’immeuble? Nul ne le saura. Mais il y a fort à parier que, s’il y en avait eu pour vrai, on les aurait exhibés comme autant de trophées.
  7. g) Le narrateur nous raconte que le quartier sunnite est attaqué, mais pas le quartier voisin. Euh… les habitants du quartier voisin sont-ils armés? Tirent-ils sur l’armée?
  8. h) On nous montre un partisan de Bachar el-Assad la peau trouée. Mais, évidemment, pour les besoins du scénario de propagande, il faut que ce soit l’armée syrienne qui l’ait tué. Les gentils terroristes et leurs lance-roquettes ne tueraient jamais un civil non armé, pas même un partisan de leur ennemi. Combien de poignées avons-nous dans le dos?

Comme Yves Boisvert le sait déjà, on peut faire dire n’importe quoi à des images lorsqu’on est de mauvaise foi et qu’on est payé pour désinformer la population. Demain, Yves Boisvert poursuivra benoitement son travail de complice d’une grande organisation criminelle, revêtu de ses habits de moralisateur. Il feindra l’indignation lorsqu’on lui dira qu’on a envie de l’étriper. Évidemment, étriper un journaliste de la grosse presse à Desmarais serait inhumain. Seuls les Syriens et les autres mauvais clients de l’oligarchie méritent ce traitement.

Vidéo des journalistes infiltrés

Le reportage «Syrie — Dans l’enfer de la répression», de Sofia Amara, figurera un jour au panthéon de la désinformation. Un véritable chef-d’œuvre en son genre. Si vous avez la patience de le regarder jusqu’au bout, vous verrez quelques manifestations pacifiques, mais pas une seule qui donne lieu à un bain de sang, contrairement aux affirmations de la narratrice. La scène de l’armée qui passe dans les rues de Hama, à 34:10, est digne de La guerre des mondes, de H. G. Wells, et de la psychose que déclencha un jour l’adaptation radiophonique de ce roman par Orson Welles.

Vidéo d’une manifestation à Tartous

L’une des nombreuses manifestations d’appui à Bachar el-Assad, qui s’est tenue à Tartous. Selon Al-Jazeera, ce serait un trucage. Selon John Baird, ces Syriens veulent que nous étranglions leur pays économiquement, puis que nous leur apportions la démocratie en les tuant. [En arabe]


Bernard Desgagné
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