La fin des exils, 1er épisode : Le retour des têtes blanches

Ceux qui avaient le moindre intérêt pour Jacques Parizeau ont bien sûr tous suivi le discours touchant de Jean-Martin Aussant – oui je dois l’admettre malgré ma crotte sur le cœur contre lui – aux funérailles de Monsieur mardi. Il a même réussi à me soutirer une larme lorsqu’il a lancé : « Je vous aime Monsieur Parizeau ». Je n’ai d’ailleurs aucun doute sur la sincérité des mots qu’il a prononcés. Son attachement pour celui qu’on présente comme son père spirituel est indéniable.

Cependant, mon intérêt est plutôt pour l’aspect politique de son discours, plus précisément son allusion aux exils. La fin des exils, géographiques et intellectuels, pour moi c’est assez clair que Jean-Martin Aussant veut, dans un premier temps, revenir de son exil du Québec, ce serait le « géographique ». Dans un deuxième temps, l’exil intellectuel, c’est le retour à la politique active. Mais, à mon avis, ça ne se fera pas à ON, mais au PQ. Un autre exil qu’il pourra terminer en revenant sous l’équipe de PKP. Ce dernier a d’ailleurs affirmé que les portes du PQ sont ouvertes à son possible retour, ce qui détonnera sûrement de la position de Pauline Marois, qui elle n’avait probablement pas l’intention de reprendre celui qui était devenu un dissident hostile à Son Altesse, la Castafiore, et toute sa cour péquistanaise.

Mais tout ça a changé, un sauveur est né, PKP est maintenant notre nouveau Lévesque, et son Parizeau à lui, c’est Aussant. Ce n’est pas trop difficile à prédire, ça s’enligne comme un scénario préparé d’avance. On pourra alors pousser le bouchon du ralliement obligatoire au PQ encore plus loin, même si cela semble difficile à imaginer. On viendra encore nous relancer la fameuse rhétorique mâchée et remâchée du « vaisseau amiral », le Titanic maudit qui n’avance plus parce que ça fait 20 ans qu’il a frappé l’iceberg et qu’il est dans le fond de l’océan en train de rouiller. Les seuls qui visitent encore la majestueuse épave ce sont des « poissons ».

Parlant d’exil, on ne pas passer sous le tapis la fin de celui de Duceppe. Ce genre de nouvelle nous permet de penser que des messies, il n’en reste plus beaucoup. On est rendu à recycler des têtes blanches comme Duceppe – la sienne l’est plus que jamais – qui a déjà démontré avoir atteint son point Peter dans le même poste qu’il brigue aujourd’hui. Est-ce qu’on est devenu désespéré à ce point-là? On est allé chercher la poigne de fer de notre « Staline des pauvres », comme l’ami Bourgeois le nommait, pour remonter le Bloc, alors que c’est sous son règne que SON « vaisseau amiral » à lui a été renversé par une grosse vague orange nourrie des sourires du bon Jack, soit Layton.

Patrick R. Bourgeois avait d’autant plus raison de lui accoler ce p’tit surnom lorsqu’on voit comment le retour de notre bonnet blanc national se fait de façon assez… stalinienne. Pourquoi s’enfarger dans un processus démocratique, alors qu’on peut faire plus simple : on tasse Beaulieu, on ramène Duceppe, c’est aussi simple que ça. On dirait un putsch déguisé. D’ailleurs, le chemin de Duceppe est parsemé de pseudo-tentatives de putsch. On se rappelle de l’alliance qu’il était prêt à faire avec l’auteur de la loi de la clarté, Stéphane Dion, et le bon Jack pour faire un putsch sur Harper et ses conservateurs. Ou encore cette tentative de putsch ratée contre Marois, qui lui aura valu à cette dernière d’être renommée la dame de béton, sauvée apparemment par Daniel Breton, qui lui ne sera pas sauvé en retour. Faut bien le dire : Staline des pauvres un jour, Staline des pauvre toujours.

Mais Mario Beaulieu dans tout ça? Alors qu’il avait entrepris sa campagne en affichant une confiance inébranlable jusqu’à maintenant, même dans les moments les plus creux, je me disais qu’il cache sûrement un as dans sa manche, qu’il dévoilera à la toute fin et nous surprendra. Et bien, non. Désolant que tout ça. On continue à ne rien apprendre de nos erreurs du passé. On reviendra aux fameuses politiques inefficaces de la défense des intérêts de TOUS les Québécois dans le fédéralisme canadien. J’m’attends à une autre noyade de Duceppe, sous une vague rouge cette fois… Et bien oui, parce que vous le savez, que ce ce soit Trudeau ou Mulcair, ce sera bel et bien une vague rouge. Oubliez les sourires de Jack, cette fois vous allez devoir endurer les sourires insignifiants de Trudeau ou les sourires mesquins de Mulcair.

Pour rester dans le thème des vagues, la vague PKP, faut l’avouer quand même, se traduit par des retours au bercail : d’un côté, le retour confirmé de Duceppe, de l’autre, le retour à mots couverts d’Aussant. Mais est-ce que ce sont des retours souhaités? En ce qui concerne le Bloc, pour moi cela signifie un net recul. Je n’avais pas un grand espoir avec Beaulieu, mais revenir à Duceppe, c’est probablement le pire scénario qui pouvait être envisagé pour ce parti, déjà à la dérive de son mandat principal depuis longtemps, à l’image du PQ faut-il le constater.

Quant à Aussant, je n’ai pas une opinion bien décidée sur son retour, je ne vois pas ça comme quelque chose de négatif en soi, même que c’est probablement un point plutôt positif, si je regarde ça d’un œil plus partisan, ce que je ne suis définitivement pas. Par contre, si ce retour se faisait rapidement, cela aurait des allures d’opportunisme. Opportunisme?? Bien sûr que oui! Comment pourriez-vous qualifier un gars qui a quitté avec fracas le PQ à la suite d’un élément déclencheur bien précis, soit la dispute idéologique autour de l’Amphithéâtre de Québec avec nul autre que le chef actuel, PKP. L’aviez-vous oublié? Ce serait plutôt ironique vous ne trouvez pas?

Mais bon, existe-t-il encore autre chose que de l’opportunisme lorsqu’on parle de partis politiques? Tout reste à être démontré encore avec PKP et sa clique de suiveux, qui ne cessent de le louanger, pour simplement du vide jusqu’à date. Le sceptique que je suis est loin d’être confondu, que ce soit par la résurrection des exilés ou celle d’un messie.