La bêtise humaine

Je me suis réveillé cette nuit. Vers 4h du matin. À cause du bruit du Plateau j’imagine.  Je me suis alors mis à penser.  À ceci ou cela.  Quand une telle activité nocturne survient, je peux être sûr que l’insomnie m’accompagnera pour un bout.  Ça n’a pas manqué; la nuit dernière.  Mais ça m’a au moins laissé bien du temps pour penser à ce qui se passe ici, et dans le reste du monde.  Rien de bien rassurant je vous dirais.  Rien pour se rendormir en faisant de beaux petits rêves en couleurs en tout cas.

Entre un revirage de bord du corps pis un autre à cause du non-sommeil qui m’affligeait, je me suis convaincu d’écrire au petit matin sur la bêtise humaine.  Mais on prend ça par quel bout, la bêtise humaine? Méchant vaste sujet!  Justin Trudeau à lui seul représente un puits sans fond de bêtise qui permettrait de noircir des milliers de pages.  On peut s’y perdre facilement.

Je me suis dit que dans ce texte il faudrait en tout cas parler de la bêtise humaine à l’échelle internationale.  Des guerres débiles qu’on mène contre on ne sait plus trop qui.  L’État islamique ? L’Irak ? L’islam radical?  Bashar Al-Assad? Poutine? La CIA ?  Je ne sais plus moi.  Et on le fait au nom de quoi au juste?  De la démocratie? Du pétrole? De la vente d’armes? De la sécurité occidentale ? Je ne le sais pas davantage.

Elles s’exécutent au nom de la religion en tout cas, ces tueries. Ça c’est clair.

bébé noyéEt je revois ces images d’enfants qu’on tue parce qu’ils ne sont pas de la bonne confession.  En Palestine.  En Syrie.  En Afrique.  Ou ailleurs.  Des enfants massacrés parce que leurs parents ne croient pas au bon dieu mais à celui chérie par l’ennemi.  Tous ceux-là qui n’existent même pas.  Faut vraiment être une créature bien particulière pour s’inventer des anges pis des dieux qui nous cautionnent au moment de tuer les enfants des gens qui eux existent vraiment.

Bon, je sais.  C’est naïf de penser ainsi.  Les conflits existent depuis que le monde est monde.   Ce n’est pas près de changer. Même pas d’un iota.   Et Gilles Duceppe l’a dit.  On ne peut brandir un drapeau blanc face à l’État islamique.  Mais quand même, ça en dit long sur ce que nous sommes.

enfant chrétienEt sur cette religion qui, lorsqu’elle ne tue pas, torture.  Ou viole.  Et mutile.  Des jeunes filles bien souvent, elles qui sont toujours excisées parce que le plaisir sexuel serait mal.  Et il l’est en effet très mal, le sexe, et trop souvent. Entre autres à cause de ces gros porcs qui fourrent des enfants lors de voyages ici ou là-bas.  Ou des curés qui prétendent que non, jusqu’au moment où, tout près du tabernacle, un enfant de choeur goûte du bâton.  Ou de l’oncle qui est trop souvent à la maison.  Tout ça est tellement dégueulasse!

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On tue tout autant au nom de l’argent.

Ils en savent quelque chose ces gens qui meurent de maladies banales parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’acheter les médicaments que vendent à des prix de fou les grandes compagnies pharmaceutiques criminelles de ce monde sans bon sens.  Ils le savent aussi ces enfants qui crèvent de faim partout dans le monde pendant que les pays riches s’achètent et vendent des armes qui servent à bombarder leurs villages.

Mais je sais, je sais, je suis ridicule de penser ainsi.  Stephen Harper l’a dit.  On ne doit pas arrêter de vendre des armes à un régime coupe-tête comme l’Arabie saoudite car il y a des travailleurs en Ontario qui gagnent leur vie à les fabriquer ces armes-là.

Dans ce texte sur la bêtise humaine, je voulais aussi parler de la consommation débridée, si chère au mode de vie occidental.  Celle-là même qui nous fait faire tant de conneries.  Ici et ailleurs.

On sait que la planète se porte mal.  Que le réchauffement climatique est fermement engagé et qu’il plongera nos civilisations dans des marasmes sans nom.  Tout le monde sait ça.  Mais rares sont ceux qui sont prêts à faire les sacrifices qui s’imposent.  La majorité ne veut surtout pas affecter son petit confort futile.  Elle préfère jouer à l’autruche, accuser les écolos de mentir, soutenir que la planète s’est aussi réchauffée par le passé, et bla bla bla. Et elle veut continuer de changer son criss de iphone aux six mois. En prétendant que tout va bien puisqu’il y a toujours du thon rouge dans nos foutus sushis.  Tous ces gens se surprendront après ça de cuire sur place et de voir leur maison emportée par les flots.  Ça se plaindra.  Ça pleurera.  Mais ils n’auront quand même rien fait quand c’était le temps.

À ce jeu, ils ne sont évidemment pas les seuls coupables.  Des compagnies irresponsables le sont tout autant.  Elles qui vont jusqu’à traficoter les ordinateurs des voitures pour flouer les tests antipollution. Volkswagen était jadis l’allié des nazis.  Aujourd’hui elle est complice des pétrolières qui sont prêtes à tout, comme d’achever ce qui nous reste de planète, pour continuer d’emmagasiner des mirobolants profits.  À notre détriment à tous.  Et à celui de nos enfants qui devront tenter de survivre sur une planète complètement saccagée.

Les vieux dirigeants des compagnies oseront dire après ça qu’ils n’en ont rien à foutre des problèmes environnementaux de la planète.  Puisque quand ça frappera, eux ne seront plus là.  Que d’égoïsme quand même!

Nos gouvernements ne sont pas mieux que ces compagnies criminelles.  Ils multiplient les subventions hyper généreuses à cette industrie de la mort.  Le Fonds monétaire international a établi que les gouvernements nationaux versent annuellement 5300 milliards$ de fonds publics à des compagnies pétrolières qui se comportent trop souvent comme des voyous.  Qui foutent leurs pipelines n’importe où, en bottant le cul des populations locales s’il le faut.  Qui n’entretiennent pas leurs tuyaux vétustes une fois qu’ils sont implantés dans nos environnements comme Endridge omet de le faire dans les Grands Lacs depuis plus de 60 ans maintenant.  Mais pas grave, sont tellement dignes de confiance tous ceux-là que l’Office national de l’énergie du Canada vient de leur accorder le droit d’inverser le flux de la ligne 9B qui passe dans le fleuve Saint-Laurent, cours d’eau qui abreuve plus de deux millions de Québécois dans ce secteur seulement.

Mais je me dis que si nos élus sont assez caves pour nous laisser chier dans le fleuve sans broncher, il n’est que normal qu’ils risquent simultanément une marée noire dans la rivières des Mille-Îles!

Il paraît que ça coûterait trop cher en argent public de retenir notre marde pendant que les travaux s’effectueront dans les rues de la métropole.  C’est ça que nous a dit notre bon gros Denis, celui qui veut le retour des expos si Régis récupère les nordiques. Comme quoi, nos élus sont très économes quand ça concerne le bien-être du monde ordinaire. Mais pour leurs potes spécialisés dans le béton et l’asphalte, ah non.  Pour eux, on dépense toujours sans compter.  Le même argent public bien évidemment.  Allant même jusqu’à leur faire construire, à nos frais encore une fois, deux méga centres de santé universitaires sur l’île de Montréal, comme si un seul n’aurait pas été suffisant pour défigurer nos paysages urbains.

Cette racaille pense toujours aux amis.  Mais ça pense à soi aussi.  En pleine période d’austérité dégueulasse au nom de laquelle on coupe, entre autres choses, les vivres des professionnels qui sont formés pour s’occuper des enfants aux prises avec des difficultés d’apprentissage, les libéraux, eux, se votent des hausses salariales.  Cette bande de vautours qui nous parasite depuis trop longtemps nous force à nous serrer la ceinture pendant qu’elle s’engraisse à nos dépens.  Cette bande de colons se croit vraiment tout permis.  Mais pourquoi les libéraux agiraient-ils autrement?  Après tout, ils ne paient jamais pour leurs crimes. La commission Charbonneau vous me dites?  Vaste farce vulgaire. De toute façon, même quand ils sont pointés du doigt, il leur suffit de dire que la Reine ne peut jamais être reconnue coupable de rien pour s’en sortir.  C’est comme ça, et autrement, qu’une crosseuse à roulettes continue de s’empiffrer à nos dépens, en encombrant effrontément le système de justice afin d’éviter d’aller en prison.

Et parlons-en justement de ce système de justice.  On attend toujours qu’ils foutent le tueur de séparatistes Richard Baines ou le Turcotte-buveur-de-lave-vitre en prison.  Au rythme où s’est parti, on risque d’attendre bien longtemps.  Mais vous, omettez de payer vos impôts juste pour voir, et vous finirez derrière les barreaux.  Ça c’est garanti!

Faut dire que vos impôts, ils en ont bien besoin les parasites à cravate. Quand ça va vraiment mal pour les banques voleuses qui vous prêtent un parapluie quand il fait soleil et vous l’enlèvent quand il pleut, vers quoi se retournent-ils?  Mais vers les fonds publics voyons!  Pour les sortir de la dèche lors de la crise de 2008, le fédéral et la Banque centrale du Canada ont versé des dizaines de milliards de vos dollars à ces banques qui se foutent de votre gueule à temps plein.

Et malgré tout, on vote pour tout ça  À chaque 3-4 ans, lors des shows de boucane organisés au nom de la « démocratie ».  Que vous votiez n’importe quoi, il arrive toujours la même chose de toute façon.  Parlez-en aux Grecs.  Ils ont voté par référendum contre l’austérité.  Et depuis, ils mangent quand même de l’austérité à tous les repas.

Le 19 octobre, on fera comme si de rien était.  Encore une fois.  Certains se forceront à oublier le Trudeau du parti des commandites, d’autres le Mulcair qui parle des deux côtés de la bouche en même temps, ou ce Duceppe qui se présente maintenant comme un champion de la liberté alors qu’il a dormi pendant près de 20 ans sur la switch de l’indépendance.  On aura le niqab en tête, question qu’on ne pense pas à tous les autres vrais problèmes pendant qu’on exercera notre devoir de citoyen.  On votera pour un dans le tas en se disant que ça ne pourra jamais être pire que Harper et sa bande de voleurs.  Pis on se surprendra quand même, après l’élection, à découvrir que oui, ça peut être pire qu’avant.  Tout simplement parce qu’on aura agi comme de bons moutons en continuant de jouer le jeu;  tout pourra de ce fait continuer comme avant.

Mais que faire pour péter ce système à la con quand la plupart des citoyens préfèrent écouter la Voix à TiViA? Ou regarder le mariage en bicycle de Pierre Karl et sa douce? Que peut-on faire quand les supposés citoyens ne veulent surtout pas risquer de perdre le peu qu’ils ont et qui leur permet de dépenser pour des cochonneries inutiles que Wal-Mart vend à la tonne?  je ne sais pas.  Vraiment pas.

Et c’est alors que me revient en tête une célèbre citation de Churchill qu’utilise pertinemment Philippe Falardeau dans son dernier film (Guibord s’en va-t-en guerre): « Le meilleur argument contre la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen. »

***

Je sais, je sais.  Ce texte n’est qu’un ramassis de clichés, de raccourcis, de formules-à-la-va-vite qui transpirent de frustration et de colère.  J’y suis manichéen.  Ça va dans dix directions en même temps. Sans cohérence vraiment. C’est donc dur à suivre. Et ça ne sert probablement à rien. Mais ça soulage.  C’est toujours bien ça.

Ça soulage presque autant que la télévision que je viens d’ouvrir, question de m’abrutir encore davantage.  Je tombe sur 1000 jours pour la planète, une série documentaire de Jean Lemire.  Que j’aime bien.  On y parle cette fois de Bornéo.  Et des forêts qu’on y massacre au nom des palmeraies qui permettent de produire l’huile qui se retrouve entre autres dans votre Nutella de marde.  Un type nous présente un orang-outan que les producteurs ont battu violemment, à coups de bâton.  Comme ça arrive à chaque jour, au nom de votre maudit Nutella.  Malheureusement.  Le crime de ce pauvre animal?  Avoir innocemment chapardé un fruit sur une plantation afin de se mettre de quoi dans l’estomac.  Depuis qu’ils ont rasé les forêts, le pauvre bougre ne parvenait plus à se nourrir.  Ils l’ont battu pour ça.  Le tuant presque.

Vraiment, la bêtise humaine est énorme.  Et me donne la nausée.

 

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10 commentaires

    • Non, pas excellent article, comme il le dit lui-même: brouillon pour pondre quelque chose de solide, cependant! Il faut choisir ses combats! Une chose à la fois. Les Catalans, que tu connais bien, Pat, pourquoi ne pas les rejoindre pour un bout, voir comment ils s’en tireront avec Rajoy… Dans 2 ans, tu pourrais revenir aguerri, à moins de te confiner à l’économie sociale?…

  1. Pas d’accord, la religion n’est qu’une raison, parmis tant d’autres, pour rallier à une cause. Cette cause est la résistance des peuples en situations de faiblesses. Le terrorisme est une réaction à une occupation. Ce sont des moyens de faibles pour résister et réagir à l’attaque des forts. C’est comme dire les barrages routier sont une préférence des autochtones, car cela fait parti de leurs traditions ancestrales. La réalité est qu’ils utilisent cette tactique, car, comme dis l’autres, ce n’est que le seul moyen qu’ils ont. Biensure, de nos jours, il y a des organisations et des armées dites  »terroristes ». Mais, ils sont tout simplement financées par nos gouvernements. Je parles du terrorisme en tant que tel. Et je me dis que si un individus est tellement dans la merde, qui ne voit qu’il n’a rien à perdre à se sacrifier pour la survie de son peuple. La religion, ne sera qu’une excuse, parmis tant d’autres, pour participer à des actes ou des cercles terroristes.

  2. « Le 19 octobre, on fera comme si de rien était. Encore une fois. » Faux… Perso, je n’encourage pas de putes!

  3. Allons bon… Volkswagen « alliée » des “nazis”… on dit “nazis” en Newspeak, chez Big Brother…

    Volkswagen a été fondée par le Ⅲe Reich, Hitler voulait une voiture pour chaque famille (Volk : peuple ; Wagen : voiture. -s : génitif germanique, comme ‘s en anglais ; Volkswagen : la voiture du peuple), et en temps de guerre plus encore qu’en temps de paix toute entreprise est obligée de faire ce qu’exige l’État… sauf dans les pays capitalistes, où ce sont les entreprises, ou plutôt les financiers qui ordonnent à l’État. Et le Ⅲe Reich n’était pas de cette sorte !

    Le Dr Ferdinand Porsche, concepteur de la Volkswagen, n’était peut-être pas réticent à cette œuvre, mais ce n’était pas une alliance, et Volkswagen ne devrait pas être accusée par de tels arguments. L’Allemagne a perdu la guerre, elle est maintenant assujettie à l’empire états-unien, donc en fait au dollar, au mondialisme apatride et destructeur des nations et de leurs traditions. Un Québécois devrait donc éviter de hurler avec les louos, ce me semble, car il est aussi une de leurs proies. Comme les Allemands. Comme Volkswagen.

  4. Sinon mais qu’est ce qu’il faut faire pour que ça change, c’est pas faute d’essayer de jouer le jeu de la politique, on va voter et ça change rien. … On manifeste et ça change rien. … Il faut faire quoi? Arrêter de payer justement? Comme dans le film la belle verte? On ne demande que ça de trouver des solutions à tout ce merdier. Celui qui la trouve, on va le suivre!

  5. Faire un pot pourri de ce qu’il y a de pourris de l’humanité à le mérite de nous remettre sous le nez le nauséabond, de faire réfléchir, encore, de nous rappeller à ces sujets. Ça a aussi le mérite par la même occasion de laisser se confier l’auteur du billet en question, dont la notoriété le lui permet amplement, et de nous permettre de compatir avec lui tout en constatant, encore, que l’ont est pas seul à voir, comprendre(?), et ressentir ce foutus bordel de merde. Un chaos que des prophètes auraient prédit et désigné comme les grandes tribulations de la fin des temps, et les fanatiques capitalistes eux nomment la croissance économique; celle-là qui au final n’est que l’assurance du maintien de leur position, position qu’il est si évident qui est intenable, que je doute qu’eux même y croient, mais qui jusqu’à maintenant, leur a permit de bien nous roulé.
    Mais à ce titre, le christianisme ne nous met-il pas en garde depuis belle lurette contre les marchants du temple? N’est-ce pas l’avarisme et l’envie, sans parler de la luxure et de l’orgueil, qui ne nous préservent des dérives capitalistes? Dont le crédit en est l’instrument de soumission le plus tedoutable. Nous sommes tous plus ou moins coupable, mais faut dire qu’il y a ce système effroyable qui nous suce, et qui détruit tout.

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