Fusion QS-ON : une avancée majeure

Quoi penser de l’entente entre Québec solidaire et Option nationale? J’ai toujours été TRÈS critique de l’indépendantisme de QS. Jusqu’à récemment, QS se montrait plus que tiède sur la question nationale et ne semblait pas en faire une priorité. Or l’entente annonce un changement de cap majeur : le QS nouveau aura comme objectif prioritaire de faire l’indépendance dans un premier mandat, avec ce que ça implique de moyens, de promotion, etc. Comment ne pas appuyer cette réorientation fondamentale et nécessaire pour l’avenir du mouvement indépendantiste?

En effet, qu’est-ce qu’il faudrait de plus? Le fait est que Québec solidaire se dotera selon cette entente du programme indépendantiste le plus clair et le plus assumé depuis au moins le PQ de 1973, si ce n’est depuis le RIN. Un engagement ferme. Avec les moyens de le tenir. Il faut être vraiment de mauvaise foi pour ne pas voir cela. Mais QS avalera ainsi ON? Non… Oui… Peut-être… En tout cas, ON formera un collectif avec des moyens importants dans le nouveau QS. Surtout, personnellement, la partisannerie, je n’en ai rien à foutre.

Soyons clairs, ne comptez pas sur moi pour défendre le passé de QS caractérisé par sa mollesse sur la question nationale. Non. Mais je suis là pour regarder vers l’avenir. À l’évidence, l’avenir du mouvement indépendantiste est dans l’union et la convergence. L’exemple catalan, entre autres, nous fournit cet enseignement. La fusion QS-ON est une étape importante en ce sens. Si elle devait échouer, cela plongerait davantage le mouvement dans la désunion et la partisannerie stérile. Cela nous éloignerait de la nécessaire convergence des forces indépendantistes, donc de notre objectif d’unir tous ceux qui veulent d’un Québec libre et indépendant. On ne peut pas souhaiter cela.

J’appuie donc l’entente de fusion entre QS et ON. Ainsi, nous aurons désormais au Québec un parti de gauche très assumée et clairement indépendantiste (QS-ON) et un parti de centre, centre-gauche, indépendantiste… dans un second mandat (PQ). Il y a une distance entre les deux, c’est évident. Trop grande pour imaginer des formes de convergence, de coalition, après 2018? Pas du tout! Il apparait de façon assez limpide que nos deux partis indépendantistes auront tous les deux intérêt à se rapprocher après la prochaine joute électorale. Le nouveau QS et le PQ post-2018 devront le comprendre. Et avec de la bonne foi de chaque côté, oui… ça devient possible.

L’entente entre QS et ON est donc clairement pour moi un pas important vers la convergence des indépendantistes, ce qui veut dire un pas important vers l’indépendance. Sans union, sans convergence à tout le moins, la république du Québec ne pourra jamais advenir. C’est clair. Il faudra que QS et le PQ cessent de se traiter en ennemis, dussent-ils être des adversaires dans la joute électorale de 2018. Il faut dès maintenant préparer la convergence post-2018. Cette convergence sera la clé de la lutte d’indépendance désormais. Ce n’est qu’unis que nous pourrons vaincre. J’y crois fermement. J’appuie l’entente. Pour l’indépendance.

Pierre-Luc Bégin