En route pour 2018

À droite, un patron bien gros, un mononcle renégat et gominé, un arriviste testostéroneux, un abject opportuniste au populisme facile. La chose n’est pas banale à l’aube de l’ère Trump. Avec Legault, c’est le statu quo à perpète consolidé par une horde d’affairistes de bas-étage. Pas grand chose à escompter de ce bord là.

À gauche, bien campé à Montréal, l’auteur du magnifique «Tenir tête» qui nous affirme être aujourd’hui à l’écoute de la plèbe, tout en brâmant, en duo avec son ami Will Prosper, que le Québec serait menacé par un vil repli identitaire digne des dérives de Geert Wilders dans les Pays-Bas… Comment ne pas être agacé en voyant l’ancien militant étudiant se garocher en politique, exactement comme l’aurait fait un vieux politicard de beige vêtu, pile au terme de la faussement démocratique et inclusive tournée Faut qu’on se parle? Qui plus est, il le fait en jetant l’anathème sur un monument tel que Parizeau! Oui, oui, Gabriel,  faut que ça change! On connaît la chanson. C’était justement le slogan de Legault en 2012. Maintenant fiston, décontracte ton jeune scrotum gorgé de sève printanière car tes envolées lyriques augurent drôlement la convergence indépendantiste dont le Québec a désespérément besoin.

Gabriel Nadeau-Dubois. Voilà un brave garçon qui aurait dû consacrer son abondant jus de neurone à expliquer aux nouveaux immigrants dans quelle histoire nous les convions à nos nous rejoindre. Plutôt que de les infantiliser tout en ravivant les vieux complexes des siens, Nadeau-Dubois devrait leur raconter nos rapports avec les peuples premiers (mais sans zapper les bons coups, contrairement à ce que laisse transparaître son bouquin «gruyère» Ne renonçons à rien), notre lutte pour l’indépendance, notre langue qui s’érode chaque jour d’avantage, notre sécularisation en marche et, comme un digne héritier de la gauche, il devrait vanter les bienfaits collectifs de la laïcité, vecteur de paix sociale. Et ce, au même titre que la solidarité humaine et qu’un virage résolument écologique. Mais non! Fidèle à Québec Solitaire et aux vertueux petits censeurs staliniens de l’UQAM, le nouveau venu s’est attelé à semer la confusion et à cultiver la polarisation. Le tout porté par une surexposition médiatique radio-canadienne dont le Bloc Québécois, à poids égal dans le contexte fédéral, est bien loin de pouvoir se targuer. Pour ajouter à ce ridicule typiquement Canadien, Enquête a une fois de plus sévit avec un documentaire grotesque emmenant de l’eau au moulin de cette gauche régressive et sectaire, bien incapable de déceler ce que masque la généreuse «exposure» dont elle bénéficie. Cette pure marde journalistique aurait pu alimenter le scénario d’Elvis Gratton III.

Au centre, Lisée. Dégriffé, castré, éparpillé pour ratisser plus large. Mais à des années lumières de Lucien Bouchard, heureusement. Il faudra bien, pour reprendre Bock-Côté alors qu’il parlait du PQ, que Lisée cesse de donner des gages à ses ennemis et qu’il combatte ceux qui le combattent. Il ne gagnera rien à faire la danse­­ du ventre devant ceux qui le méprisent.

Tout en bas, toujours plus arrogant, il y Couillard, le pyromane en chef, entouré de sa cour alléchée, souverain dans son brasier. Roi de soi et de tout ça. Bien qu’il en fantasme le désarroi prochain, à savoir aux élections de 2018, le pt’it Nadeau-Dubois, en s’invitant en politique, vient plutôt de refiler au roi un doux frisson au fond du caleçon.

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