Un militant basque torturé à Montréal?

Unai Romano, avant et après son passage à tabac par les Guardia civils espagnols! Est-ce ce qui attend Ivan Apaolaza Sancho?
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Aux yeux du monde « civilisé », l’Espagne passe pour une grande démocratie. Très rares sont ceux qui pourraient de ce fait imaginer que le franquisme oriente encore en 2008 une bonne part des politiques adoptées dans ce pays, plus particulièrement lorsqu’il est question de la répression injuste et scandaleuse dirigée contre le mouvement indépendantiste basque.
Au fil des ans, l’organisation Amnistie internationale a très régulièrement dénoncé l’Espagne pour la torture qu’elle pratique contre les militants indépendantistes. On estime qu'un pourcentage significatif des interpellés basques subissent de la torture aux mains des Guardia Civils; des milliers de Basques sont interpellés chaque année, ce qui donne une idée de l’ampleur du drame. |
Il faut aussi savoir qu’il y a encore, en 2008, environ 700 prisonniers politiques basques dispersés aux quatre coins de l’Espagne et de la France. C’est que l’on pratique une politique d’éloignement des prisonniers basques de leurs foyers, et ce, afin de compliquer les visites que les familles pourraient leur rendre, pratique inhumaine s’il en est une.
Comme si ce n’était suffisant, le chef d’orchestre de la lutte anti-terroriste de l’Espagne, le juge Baltasar Garzon, considère que tout militantisme en faveur de l’indépendance d’Euskal Herria est en fait un appui tacite à Euskadi Ta Askatasuna (ETA), le bras armé de l’indépendantisme basque. Dans les faits, cela signifie que parmi les 700 prisonniers et parmi les militants arrêtés et torturés chaque année, une très grande majorité sont de simples militants indépendantistes qui ne s’impliquent absolument pas au sein d’ETA. Pour permettre de frapper encore plus durement le mouvement indépendantiste basque, Garzon a fait interdire Batasuna au début des années 2000, parti indépendantiste basque. Il a répété la chose dernièrement en interdisant EHAK et ANV, deux autres partis indépendantistes. Dans de telles circonstances, que reste-t-il aux Basques pour se faire entendre démocratiquement, d’autant que l’Espagne leur interdit même le droit de tenir un référendum sur leur avenir politique?
Certains pourraient être tentés de se dire que tout ça se passe très loin de chez nous et que, par conséquent, il n’y aurait aucun mal à détourner notre attention, et faire comme si de rien n’était. Cela serait une erreur car il faut savoir que le Canada collabore de façon relativement serrée avec cette Espagne qui ne parvient pas à enfin enterrer le franquisme, régime fasciste tout aussi inhumain que les autres. Il y a quelques années de cela, le chef actuel du Parti libéral du Canada, l’inénarrable Stéphane Dion, s’est rendu en Espagne pour parler de son inique et anti-démocratique loi sur la clarté référendaire; comme si les Espagnols ne savaient pas déjà comment faire pour empêcher les Basques de s’autodéterminer! Pauvre Stéphane! Et dire qu'il pourrait bien devenir premier ministre du Canada...
Et ce même Canada participe également, d’une certaine façon, aux opérations de torture menées par l’Espagne contre les Basques, et ce, en refusant de considérer les Basques qui débarquent au Québec comme des réfugiés politiques, ce qu’ils sont dans les faits. Voici un de ces cas.
À l’été 2007, le militant basque Ivan Apaolaza Sancho était arrêté, sur le traversier reliant Québec et Lévis, par des agents de l’Équipe intégrée sur la sécurité nationale (EISN). Il était suspecté par ceux-ci d’être un membre de la bande armée ETA. Depuis ce temps, Sancho croupit dans les geôles canadiennes sans jamais avoir été traduit devant un tribunal et sans savoir quand il sera déporté en Espagne pour y être torturé et enfermé à nouveau. Parce que de telles conditions lui sont devenues carrément intenables, celui-ci a entamé, le 2 octobre dernier, une grève de la faim. Il voulait ainsi dénoncer le sort qu’on lui réserve en général, mais également ses conditions de détention, lui qui est présentement placé dans une cellule du pénitencier de Rivière-des-Prairies, à Montréal, qui mesure un mètre par trois mètres et dont les murs sont souillés de sang et d’excréments. « En me plaçant en isolement, les directeurs de la prison de Rivière-des-Prairies me font déjà subir de la torture psychologique, préparant la torture physique à laquelle je ferai face en Espagne. Ils essaient de me briser mentalement afin de faciliter ainsi la torture physique qui suivra », a déclaré M. Sancho. Afin de bien le briser, les « gardiens » lui ont également retiré ses lunettes, ses vêtements, et ses livres. Les limiers limitent ses appels téléphoniques, l'empêchant même de communiquer avec ses avocats. On lui a interdit de parler une autre langue que l'anglais ou le français au téléphone, ce qui l'empêche de communiquer avec sa mère et son père. Un franquisme soft et nouveau genre serait-il en train de faire son nid dans certaines officines canadiennes? Tout porte à le croire!
Ivan Apaolaza Sancho vient d’apprendre que sa demande pour l'Évaluation de risque avant retour (ERAR) a été rejetée. Ce qui signifie qu’il est maintenant susceptible d’être très prochainement déporté par le Canada vers l’Espagne. Ce qui n’est pas de très bon augure. D’une part, parce qu’il est fort probable que ce faisant, il subira -comme tant d’autres Basques- de la torture. Et aussi parce qu’il sera possiblement condamné à environ 20 ans de prison pour appartenance à bande armée, c’est-à-dire ETA. Or, rien ne prouve qu'il ait été un jour membre d'ETA. Les seules preuves a cet effet ont été obtenues sous la torture, ce qui fait, par le fait même, que jamais le Canada ne s’est vu présenter, par l’Espagne, la moindre preuve solide corroborant que M. Sancho est un membre d’ETA.
Ce cas rappelle drôlement celui d’Eduardo Plagaro Perez de Arriluzea et Gorka Perea Salazar. Ces deux Basques avaient trouvé refuge au Québec au début des années 2000; « Le Québécois » avait suivi ce dossier de près. Ceux-ci étaient accusés d’actes terroristes (des incendies criminels plus précisément). Les aveux avaient été, dans ce cas-là aussi, obtenus sous la torture. Malheureusement, Eduardo et Gorka ont été déportés en Espagne après avoir passé plusieurs années en prison, au Québec. Une fois de retour en Espagne, ils ont recommencé leur peine à zéro. Ce qui signifie qu’ils auront passé environ 15 ans derrière les barreaux pour des actes qui n’ont jamais été prouvés autrement que sous la torture.
Tout ceci est évidemment un scandale sans nom! Jamais les Québécois n’accepteront que des militants d’autres peuples en lutte qui viennent chez nous trouver refuge soient malmenés ainsi par le Canada et déportés ensuite, lorsqu'il est question de Basques, en Espagne, là où les conditions qui leur sont imposées sont tout sauf démocratiques et justes. Parce que le temps n’est plus aux simples dénonciations, l’organisation du "Québécois" annonce que des mesures seront prises par ses militants afin que de telles pratiques inhumaines ne soient plus menées sur le territoire québécois par les sbires des fédéraux. Prochainement, « Le Québécois » fera publiquement connaître ce qu’il a prévu afin de s’engager fermement et énergiquement dans cette bataille!
Gora Euskal Herria!
Patrick Bourgeois
Lancement du RRQ Thérèse-de-Blainville
Déjà présent dans plusieurs régions du Québec, le RRQ (Réseau de Résistance du Québécois, http://resistancequebecoise.org) convie tous les indépendantistes de la région des Laurentides (et d'ailleurs) au lancement de sa nouvelle section : La section Thérèse-de-Blainville.
Par l’entremise de cette section, l’organisation du Québécois (www.lequebecois.org) entend élargir son champ d’action à la banlieue nord de Montréal et ainsi donner l’occasion à ses citoyens d’œuvrer non seulement dans les différents volets de l’organisation (journal, maison d’édition, radio Internet, production vidéo et musique), mais aussi de militer sur le terrain pour l’indépendance du Québec.
Plusieurs partis politiques et organisations militantes ont déjà répondu à l’appel et seront présents:
- Parti Québécois
- Bloc Québécois
- Société Nationale des Québécois des Laurentides
- Mouvement Montréal Français
- La Libération
- Les Jeunes Patriotes
- L’union des Souverainistes de Lionel-Groulx
Il est important de souligner le caractère historique de cette soirée, puisque pour l’occasion, le RRQ fera connaître son manifeste, texte qui fera la lumière sur la direction politique qu’entend prendre l’organisation. La lecture de ce manifeste sera effectuée par un artiste invité et il sera ensuite commenté par Patrick Bourgeois (directeur du journal Le Québécois), Pierre-Luc Bégin (directeur des Éditions du Québécois et René Boulanger (auteur et historien).
Date : samedi, le 11 octobre 2008
Heure : 18 :00 – 21 :00
Lieu : 49, rue Saint-Lambert, Ste-Thérèse
Coût : 3$ (2$ en prévente) Pinte de bière (Boréale) à prix modique et un DJ animera la soirée.
Renseignement : Ludovic Schneider
Coordonnateur de la section Thérèse-de-Blainville
(514) 963-3774
rrq-therese-de-blainville@hotmail.com
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