De la vigueur du Bloc

Depuis que Mario Beaulieu est parvenu à se hisser à la tête du Bloc Québécois, légion sont les mauvaises langues qui s’épanchent via les médias. Le nouveau chef serait trop ci ou trop ça pour prétendre au succès, et tout cela annoncerait la mort inéluctable du parti souverainiste sur la scène canadienne.

Ce matin, c’est au tour du quotidien Le Devoir d’y aller d’un coup de manivelle.

La journaliste Marie Vastel accorde, dans son articulet, la parole à une pléthore de sources anonymes proches du parti pour dire que le Bloc peinerait à recruter des candidats en prévision de la campagne électorale qui devrait avoir lieu l’automne prochain. On fait dire à ces mêmes sources que le Bloc aura tout juste 20 candidats sur la ligne de départ lors desdites élections, laissant de ce fait présager le pire pour l’avenir du parti.

Or, il se trouve que j’ai moi aussi de très bonnes sources. Et je vais conserver leur anonymat puisqu’il semble bon ton de le faire désormais.  Et celles-ci me disent exactement le contraire de ce qu’avance Le Devoir aujourd’hui. C’est-à-dire que le Bloc n’aurait aucune difficulté à recruter des candidats, que ceux-là feraient la file devant le portillon. Et cela est facile à comprendre. Après quelques années de vaches maigres, alors que le Bloc ne pouvait s’appuyer que sur quelques députés pour faire son travail, voilà que les sondages indiquent une remontée de la formation de Mario Beaulieu. Comme c’est toujours le cas en pareilles circonstances, le succès qui s’annonce attire les gens, et les candidats potentiels font connaître leur volonté de briguer les suffrages au nom du parti. Il n’y aurait donc pas d’inquiétude à avoir de ce côté-là. Le Bloc aura de nombreux candidats à soumettre au verdict populaire l’automne prochain.

Alors pourquoi le Bloc aurait-il annoncé moins d’investitures que les autres partis à ce moment-ci? Peut-être parce que la formation de Mario Beaulieu se retrouve à un moment charnière de son existence, et qu’une nouvelle équipe se met en place, qu’elle réforme les façons de faire et redresse le parti après la volée électorale de 2011 et que tout cela prend du temps. Tout simplement.

Il y a des années maintenant que je dis que l’univers médiatique québécois dessert le mouvement indépendantiste. À peu près tous les médias d’ici offrent une ligne éditoriale scotchée au statu quo canadien. Tous sauf Le Devoir avions-nous l’habitude de dire. Ce qui est de moins en moins vrai. Mais au moins ce quotidien offrait jusqu’ici du journalisme digne de ce nom. Ce qui ne correspond nullement à l’articulet de Marie Vastel qui s’appuie sur une légion de sources anonymes pour colporter des ragots qui nuisent à la formation indépendantiste de Mario Beaulieu.

Ça fait dur.