Colère !

Le PQ se retrouve par conséquent confronté à un choix bien simple:  soit il redevient enfin cohérent et il défend vigoureusement son article 1, soit il le biffe de son programme et il laisse le soin à d’autres de mener la lutte indépendantiste.  De grandes décisions devront être prises au PQ dans les mois à venir, c’est clair.

Que ce soit les fédéralistes de tout acabit qui tentent de faire croire que le projet défendu jadis par Wolfred Nelson ou hier par Bourgault et Falardeau et aujourd’hui par nous tous qui espérons un monde meilleur a été battu le 7 avril dernier, c’est de bonne guerre.  On ne pouvait s’attendre à autre chose de leur part.  Mais ce qui me met vraiment en furie, c’est quand je lis un triste sire comme Jean-François Lisée qui parle du 7 avril comme d’une troisième défaite référendaire et qui reproche à Marois d’avoir laissé une minuscule craque de porte ouverte laissant entrevoir la possible tenue, un jour, peut-être, d’un référendum pour expliquer la défaite électorale du PQ.  Sérieusement, avec un porte-parole comme celui-là, le Canada peut dormir en paix !

Je suis également en furie contre Jean-Martin Aussant. 

Avec cette campagne électorale, mon rêve le plus fou était d’assister à la victoire électorale d’un autre gouvernement péquiste minoritaire, avec la balance du pouvoir à Québec solidaire et Option nationale.  QS a fait la preuve, au cours de la dernière campagne, qu’il était attaché à la libération du Québec ;  en tout cas, très certainement autant que le PQ actuel.  Mais les idées de gauche et écologistes défendues par QS auraient permis de contrebalancer la course en avant vers le pétrole et les politiques d’austérité du PQ.  Au contact l’un de l’autre, on aurait eu le meilleur des deux mondes, et le peuple québécois s’en serait retrouvé gagnant. 

Avec au moins un représentant d’ON à l’Assemblée nationale, on aurait également eu la garantie que ces deux premiers partis dits souverainistes ne se seraient pas égarés sur le chemin du pays.  ON est très honnête dans ses intentions indépendantistes ; il est clair à ce sujet et profondément déterminé à libérer le Québec.  Mais bien sûr, pour que ce rêve eût pu être réalisé, il eut fallu que le chef-fondateur ne s’éclipse pas à Londres.  JMA était le seul oniste qui pouvait espérer être élu.  Il était le seul qui pouvait faire en sorte que ce scénario idéal survienne.  Et il était le seul qui pouvait permettre à ON de progresser et de démontrer que l’idée d’indépendance se porte bien à l’extérieur du PQ.  Sans lui, ON ne pouvait espérer guère mieux que le résultat qui fut le sien le 7 avril dernier, résultat décevant s’il en est un.  J’ai beau avoir beaucoup de respect et d’estime et d’amitié pour JMA, il n’en demeure pas moins qu’il n’avait tout simplement pas le droit de sacrer son camp comme il l’a dernièrement fait, alors qu’il savait pertinemment que le dernier gouvernement de Pauline Marois ne pouvait durer que le temps d’une chanson.  Il avait la responsabilité de rester ici au moins encore un peu et de conduire ses troupes durant la campagne qui s’est terminée le 7 avril dernier.

Je suis également furieux contre ces Québécois qui votent n’importe comment, en puisant leurs « arguments » dans des shows de cochonnerie (lire radio-poubelle et tutti quanti) ou dans les colonnes du magazine 7 jours.  On roule à vitesse grand V vers le mur, et ces escogriffes votent tout de même pour ceux qui appuient sur l’accélérateur.   C’est désespérant !  Le Parti libéral du Québec ne méritait tout simplement pas de revenir au pouvoir.  La corruption, la collusion, la collaboration qui se retrouvent au cœur de son programme depuis toujours font que ce parti mérite d’être réduit en charpie et envoyé aux livres d’histoire une fois pour toutes.

Le cas de Gaétan Barrette, à lui seul, permet d’illustrer mieux que tout le reste à quel point certaines personnes votent n’importe comment.  Le type est une girouette notoire.  Comme une putain passe d’un client à l’autre, lui, il franchit allègrement les portillons d’une formation politique ou celle d’en face, presque simultanément, sans aucun scrupule.  Il crache sur l’un quand ça fait son affaire, et sur son ancien parti 5 minutes plus tard.  Ce genre de comportement me répugne au plus haut point.  D’autant qu’on a appris durant la campagne que le type s’était vu remettre une prime de départ de 1,2 million$ après avoir quitté son emploi pour se présenter aux élections, avec le crest libéral sur le veston. Autre comportement qui n’a aucune allure !  Et ce, sans compter le fait qu’il est accusé en vertu de la loi sur le lobbying et que son procès vient de s’ouvrir.  Que des gens aient trouvé légitime de récompenser ce vil personnage en votant pour lui dépasse l’entendement !  Un moment donné, faudra bien redonner ses lettres de noblesse à la chose politique et cela commencera en renvoyant chez eux les filous et les profiteurs de tout acabit.

Maintenant comment utiliser ma furie à bon escient ? 

Depuis 2012, l’organisation du Québécois est en veilleuse (et grand merci à Carlo Mosti d’avoir tenu le fort malgré tout durant cette période difficile pour l’organisation).  Pour moi, il était inconcevable que j’eus pu utiliser les mêmes méthodes contre un gouvernement du Parti Québécois, peu importe les critiques que j’aie pu avoir à son égard par le passé, que celles mises en branle de 2003 à 2012 contre le Parti libéral du Québec.  Sous le règne péquiste, je préférais laisser toute la place aux partis politiques, d’où mon implication ailleurs que dans l’organisation que nous avons fondée au début des années 2000.  Maintenant, la situation a changé.  Le gouvernement péquiste n’est plus.  Et moi de remonter sur mon destrier du Québécois, espérant mener autre chose que missions donchicottesques par-dessus missions donchicottesques. 

L’organisation du Québécois a régulièrement ébranlé les colonnes du temps canadien par le passé, en révélant des informations sensibles et en manifestant bruyamment dans la rue.  Voilà ce qui doit être ramené de l’avant.  Je compte laisser les partis souverainistes faire leur travail sur la scène parlementaire, ce qu’ils parviendront à bien accomplir (je demeure optimiste malgré tout).

Comme par le passé, l’organisation du Québécois tournera strictement ses canons vers ceux qui espèrent nous enterrer vivant, c’est-à-dire le Canada, le fédéral et les fédéralistes.  Nous guerroierons afin de les déstabiliser le plus souvent possible.  Ceux qui nous rejoindront dans cette mission pourront appuyer n’importe lequel des partis souverainistes du Québec sans que cela pose un quelconque problème.  L’organisation du Québécois était, et demeure non partisane.  Pour que ce soit bien clair pour tous, j’abandonnerai les fonctions que j’occupe actuellement dans un parti politique, Option nationale pour ne pas le nommer.  À partir de maintenant, mes énergies politiques seront concentrées dans l’organisation du Québécois.

Pour bien marquer le pas et pour relancer notre lutte, nous inviterons prochainement les patriotes qui désirent toujours combattre pour la liberté, la dignité et la justice à se joindre à nous lors d’un rassemblement indépendantiste qui aura lieu à Montréal au mois de mai prochain.  Tous ensemble, nous panserons nos plaies, encore une fois, et fourbirons nos armes.  Nous nous donnerons la main en prévision des prochains combats que nous aurons à mener.  Et qui seront couronnés de succès, j’en demeure profondément convaincu, malgré tous les oiseaux de mauvais augure qui n’ont de cesse de tournoyer au-dessus de nos têtes.

Vive le Québec !  Vive la liberté !