Chroniques de Julien Gaudreau

Mercredi, 28 décembre 2011 | 
Écrit par Julien Gaudreau   

Je termine tout juste le dernier livre de Falardeau. Enfin, le dernier sur Falardeau peut-être étant donné que c'est plutôt un livre par accident qu'un livre de volonté. Quoiqu’à le lire on se demande si Falardeau a jamais écrit réellement par volonté. De sacrés bons accidents alors. Peu importe, excellent bouquin qui m'a permis d'en apprendre un peu sur celui qui est l'ami de plusieurs de mes amis, mais pour moi plutôt un personnage. J'ai lu pas mal tous ces livres, je l'ai écouté plusieurs fois en conférence. J'ai vu le produit, le Falardeau grand public. Au travers ses lettres très personnelles, écrites à un ami, on peut entrevoir la production. Si on savait que l'arbre Falardeau est grand, on ne peut en découvrir la profondeur qu'en jaugeant les racines. Sinon c'est bien, c'est beau, c'est vrai, mais quelques fois aussi c'est un peu sec, quelques fois on se demande pourquoi ci ou ça. On peut même imaginer qu'il parlait sans trop réfléchir.

C'est un peu comme Bourgeois, presque chaque fois que quelqu'un qui ne le connaît pas le commente, c'est pour souligner la ligne de trop, la déclaration trop raide. Ce que la personne souvent ne réalise pas, c'est pas la ligne de trop ou la déclaration trop raide. C'est exactement ça. C'est ça qu'il voulait dire, c'est ça qu'il a dit. En bien ou en mal, Bourgeois c'est Bourgeois, comme Falardeau c'est Falardeau. Rien à faire, ce genre d'homme là est barré de même. Difficile pour beaucoup d'imaginer un homme qui ne calcule pas avant de parler. Et attention, ne pas calculer ne veut pas dire ne pas penser! Ne pas calculer c'est juste penser aux causes de la prise de parole, et pas à ses conséquences. En général, tout le monde gagne et eux paient la note. Assez salée, la plupart du temps.

Si on a à retenir juste une chose de ce genre d'homme là... Je dis ce genre-là, mais je devrais plutôt dire ce sous-genre ou ce sur-genre, parce que si on avait un genre d'homme comme ça au complet au Québec on n’aurait pas les problèmes qu'on a là. C'est clair. Le Québec serait un pays. On aurait probablement d'autres problèmes, mais ça, c'est une autre histoire. Donc ce qu'il y à retenir de ces hommes-là, c'est de parler droit. Plus que ben d'autres choses, c'est ça notre problème.

Oui oui, les médias, l'argent du fédéral, les traîtres, les vendus et tout le bataclan. Si on regarde bien, toutes ces choses-là, elles sont dangereuses principalement pour une chose, elles nous font sortir de notre chemin. On se met à calculer. Les mesures des guerres : une honte. La constitution de 1982 : antidémocratique. Le référendum de 1995 : un vol. Le peuple québécois : une minorité soumise et en danger. Sur les causes et les pourquoi, le PQ, le RRQ, les JPQ, ON, pas mal tout le mouvement indépendantiste s'entend. C'est sur les calculs que ça échoppe. Il y a ceux qui calculent complètement (Legault), ceux qui calculent beaucoup (le PQ, et mal à part de ça...). Ceux qui calculent peu ou pas pantoute, les Bourgeois, Bégin, Falardeau, Boulanger et autres.

Au final, ça donne ce que ça donne. Le mouvement souverainiste a un paquet de bonnes raisons mais tout le monde voit très bien qu'il n’assume pas les conséquences de ces raisons. Ceux qui se tiennent droits, ils ont l'air d'une gang de fous parce qu'ils doivent hurler pour se faire entendre, et globalement la population voit bien que ses élites ont une peur panique autant d'affronter l'adversaire que de dire ce qu'ils pensent. Si on disait ce qu'on pense en tant que mouvement, possiblement que notre message serait pas la saveur du mois à la prochaine élection. Probablement aussi qu'une bonne partie des médias continuerait à nous cracher dans la face. Au moins, on saurait qu'on construit sur du solide, sur du cohérent. Souhaitons-nous ça pour la prochaine année.

 

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