Ce qui, parmi bien d'autres choses, m'a aidé à renforcer mes convictions indépendantistes au fil des ans (je devrais plutôt écrire au fil des décennies), ce sont mes va-et-vient entre le Québec et l'Ontario, là où réside ma belle-famille. Entre quatre ou six fois par année, je vais donc passer deux ou trois jours, parfois un peu plus, dans la province voisine. Ce qui me donne l'occasion d'observer et de constater que l'anglais comme langue commune y est une réalité incontestable. Il y a bien ici et là quelques îlots francophones dans l'Est ontarien, mais l'anglais n'y est pas disqualifié pour autant, bien au contraire, puisqu'il colle aux fesses du français comme la misère sur le pauvre monde. En gros, un Franco-Ontarien qui ne connaît ni ne parle l'anglais, cela n'existe pas... alors qu'il est possible et courant de vivre au Québec depuis des générations (depuis la Conquête, en fait) et de ne pas parler un traître mot de français. Cherchez l'erreur...
Comparons quelques petites choses, de peu d'importance j'en conviens, mais qui montrent bien à quel point le Québec et l'Ontario, en matière linguistique, c'est deux poids, deux mesures. J'étais avec mon épouse l'autre matin au restaurant Cora de Repentigny (ville on ne peut plus québécoise), quand la serveuse nous a remis des menus rédigés uniquement en anglais. Comme je lui en faisais la remarque, celle-ci s'excusa en me disant que les menus en français étaient tous utilisés... elle prit quand même soin de reprendre le menu et d'en trouver un rédigé en français (et, dans son for intérieur, elle devait me trouver pas mal nono de lui en avoir fait la remarque). En Ontario, les restaurants Cora esssaiment un peu partout depuis quelques années... et il m'est arrivé d'y aller. Inutile de chercher, leurs menus sont en anglais exclusivement et, bien entendu, leur personnel ne lèvera pas même le petit doigt pour vous servir en français. Et tout le monde (moi le premier) trouve cela normal. Au Québec, vous auriez beau demeurer dans une ville à très grande majorité francophone, il est inimaginable que le personnel d'un restaurant ne se fende pas en quatre pour servir dans sa langue quelques clients anglophones. C'est comme un droit qu'ils ont.
Depuis quelques années, la chaîne d'épiceries Métro a connu une expansion phénoménale en Ontario. Cela pousse comme des champignons (comestibles, il va sans dire). J'y suis allé à quelques occasions (notamment à Belville où l'un de mes neveux y travaille). Là encore, la seule langue d'usage et d'affichage est l'anglais. Rien de plus normal, me direz-vous, puisque nous sommes en Ontario (on y compte néanmoins une communauté francophone à cause de la base militaire située pas très loin). Comment expliquer que les circulaires Métro au Québec sont rédigées en français et en anglais, alors que celles pour l'Ontario le sont en anglais seulement. Même le site Internet de Métro adopte cette pratique: les anglophones ont droit à leur version anglaise même quand ils sont au Québec, alors que les francophones ne bénéficient pas d'une version française s'ils sont de l'Ontario. Alors quand nos Rhodésiens du Québec se plaignent d'être maltraités par notre loi 101 (pourtant si charcutée), sachez qu'ils se plaignent le ventre plein, plein à rebords par-dessus le marché.
On pourrait continuer sans fin avec ces exemples de rien du tout, avec les autres commerces dans le domaine de la restauration, avec l'hébergement hôtelier, avec les services municipaux, etc. Si plus de Québécois séjournaient quelques jours en Ontario, ils seraient probablement moins prompts, une fois revenus au Québec, à utiliser l'anglais afin d'accommoder les enfants gâtés qui appartiennent à notre pauvre "minorité" anglophone. Ils comprendraient enfin le sens de ces "lendemains de conquête" qui perdurent toujours après plus de 250 ans !
Jean-Pierre Durand
#4 | RE: Pourquoi ce qui est bon pour minou ne l'est-il pas également pour pitou ?
Ugo » 24-01-2012 02:17
Au plaisir d'en discuter!
Ugo
#3 | RE: Pourquoi ce qui est bon pour minou ne l'est-il pas également pour pitou ?
Ugo » 24-01-2012 02:17
Ma question donc : Comment peut-on valoriser le français de sorte que cela deviennent interessant et désirable de vouloir le parler alors qu'on pourrait de toute façon être compris en anglais ? [suite…]
#2 | RE: Pourquoi ce qui est bon pour minou ne l'est-il pas également pour pitou ?
Ugo » 24-01-2012 02:15
Cette réalité créée un précédent : au Québec on parle un peu anglais et beaucoup a Montreal. C'est un fait connu de nos visiteurs et c'est connu par nos résidants anglais et donc, par facilité, l'anglais y est pris pour acquis (pourquoi je me botterais le *** pour parler français si de toute façon je sais que l'anglais y est connu et parlé). Humains nous prenons le plus court chemin, toujours. [suite…]
#1 | RE: Pourquoi ce qui est bon pour minou ne l'est-il pas également pour pitou ?
Ugo » 24-01-2012 02:14
J'ai voyagé a quelques reprises en Europe ou j'habite maintenant depuis deux ans. Entr'autre en Hollande. Petit pays a la culture distinte donc la langue n'est parlé que par ses résidants et une partie de la belgique. Le néerlandais est, a quelques details près, bilingue anglais ; pas forcément par choix mais par adaptation. En effet sa langue ne rejoignant qu'une petite communauté il doit, pour profiter du monde et échanger, parler anglais ( ca aura pu etre francais ou allemand remarquez... mais l'anglais semble plus porteur). Donc quand j'y voyage bien je tente de prendre quelques mots de la langue locale mais essentiellement j'y parle anglais. [suite...]