Chroniques de Pierre-Luc Bégin

Lundi, 07 mai 2012 | 
Écrit par Pierre-Luc Bégin   

Depuis que le printemps québécois a pris son envol, paradoxalement les Québécois ne semblent plus se soucier du fait que leur avenir se joue aussi beaucoup à Ottawa et de leurs impôts qu’ils y envoient… Sans doute est-ce un peu normal en raison de l’ampleur de la crise étudiante et de la colère générale contre le gouvernement Charest, mais c’est tout de même très inquiétant.

Je développerai davantage ma pensée dans une prochaine chronique, n’ayant pas le temps d’écrire beaucoup cette semaine, mais il me semble en effet très inquiétant que le gouvernement d’Ottawa bénéficie présentement d’une indifférence incroyable par rapport à ce qu’il manigance.

La question de l’avenir du Québec, de son système d’éducation, de son modèle social- démocrate peut-elle faire l’économie d’une réflexion critique sur le rôle du gouvernement fédéral? En tout cas, présentement, c’est le cas, et Ottawa bénéfice d’une immunité renversante et peut agir à sa guise alors que tous les projecteurs sont braqués sur Québec. 

On pense le Québec et l’avenir de son système d’éducation en faisant totalement abstraction du cadre, du carcan en fait, dans lequel le Québec évolue, soit celui du fédéralisme canadien. Le Québec comme une bulle dans le néant…

Je reviendrai à ces considérations lorsque les étudiants québécois auront décidé de ce qu’ils feront de l’offre du gouvernement Charest, une offre qui sera d’ailleurs sans doute le grand sujet de discussion cette semaine. Au fait, qu’elle est l’offre du gouvernement?

Voir sur le site de la CLASSE la présentation qu’elle en fait.

Voir également comment Gabriel Nadeau-Dubois décrit les tractations menant à cette offre.

Pour l’essentiel, l’offre affirme que la hausse des frais de scolarité sera intégralement maintenue, mais qu’elle sera « peut-être » compensée en partie jusqu’à la hauteur des frais afférents (qui sont bien moins élevés que les frais de scolarité), et ce, si le nouveau Conseil provisoire des universités recommande des économies dans la gestion des universités, ce qui est loin d’être sûr. Donc, si les associations étudiantes acceptent cette offre, elles acceptent la hausse des frais de scolarité et s’en remettent au conseil provisoire pour récupérer des dollars sans aucune garantie de résultat. Au fait, qui siègera sur ce conseil? 

Il y aura six membres désignés par la Conférence des recteurs, quatre représentants étudiants, quatre du milieu syndical, deux du patronat, un des cégeps et un du ministère de l'Éducation, tandis que la ministre désignera son président. Autrement dit, il n’y aura que quatre personnes autour de la table pour défendre les intérêts des étudiants, ou huit si l’on prend pour acquis que les syndicats défendront le point de vue étudiant, ce qui n’est pas garanti. Ainsi, les étudiants pourraient se retrouver à 8 contre 19, ou pire à 4 contre 19 à plaider en faveur d’économies qui permettraient de réduire les frais de scolarité.

Les fédérations étudiantes et l’ASSÉ ont refusé de recommander l’offre à leurs membres. Elle leur sera donc soumise sans recommandation favorable. En fait, elle est contraire au discours et aux revendications qu’ont fait valoir les associations étudiantes depuis le début de la grève. Par ailleurs, elle permettrait aux libéraux de s’ouvrir une fenêtre électorale et de plaider la résolution de la crise face à l’opinion publique. Aux étudiants de juger si une telle offre est acceptable. Le choix leur appartient.

Voir toutefois l’opinion du professeur Marc-André Cyr, ensuite celle de la politologue Josée Legault et enfin celle de Vincent Marissal.

En dernière heure, j’apprends que, comme la CLASSE, la FEUQ dénonce aussi le fait que l’offre écrite ne correspond pas à ce qui avait été entendu avec le gouvernement, tandis que les résultats de plusieurs assemblées générales étudiantes commencent à sortir (source : Ensemble, bloquons la hausse).

* * *

Rejet de l'entente de principe :

Collège de Bois-de-Boulogne
Cégep Marie-Victorin
Cégep de Valleyfield
Cégep de Saint-Laurent
Cégep de Saint-Hyacinthe
Association des étudiants au D.E.S.S. en arts, création et technologie de l'Université de Montréal
Association des étudiants du département des littérature de langue française de l'Université de Montréal
Association des étudiants en sociologie de l'Université Laval
Association des étudiants en études québécois de l'Université de Trois-Rivières (AEEQ)
Association des étudiants en littérature de l'Université Laval
Association des étudiants en géographie de l'Université Laval
Association des étudiants en langues et en communication de l'UQAM

Adoption de l'entente de principe :

Cégep de la Gaspésie et des Îles

* * *

Bien hâte de voir la situation dans une semaine…

Pierre-Luc Bégin

P.S. La bonne nouvelle politique de la fin de semaine est sans contredit pour moi la défaite de Sarkozy en France… Avec les socialistes, la doctrine de l’accompagnement du Québec dans sa marche vers l’indépendance devrait revenir en force. À tout le moins, ils ne vont pas combattre l’indépendantisme québécois comme l’a fait Sarkozy, le petit chien de Desmarais. Alors Sarko, casse-toi…

 
Commentaires  
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#1 | RE: Tous les yeux vers Québec et son offre

Elyse » 07-05-2012 21:37

C'est ridicule!
Le gouvernement a besoin de ce faire dire ou les dépenses sont exagéré?
Ou ils doivent couper?
Et pour être sur de ne pas ce le faire reprocher, c'est les étudiants qui devrons faire la preuve que ces dépenses sont de trop?

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