Le mouvement étudiant vient d’entreprendre son mouvement de grève, lequel devrait s’accroître dans les prochains jours et les prochaines semaines vers une grève générale illimitée. Le début d’un printemps québécois? Peut-être. On verra, comme dirait l’autre.
Les étudiants sont donc en colère, avec raison, contre le gouvernement Charest, lequel a décrété une autre augmentation des frais de scolarité au Québec. Au gouvernement et à la droite de l’échiquier politique québécois, on dit que les étudiants doivent payer davantage, car les coffres du Québec seraient à sec et que nous n’aurions alors pas le choix de faire payer les jeunes pour le système d’éducation. L’argent au Québec se trouverait donc dans la poche des étudiants québécois! Des farceurs, aurait dit Michel Chartrand.
Ainsi, il n’y aurait pas d’argent au Québec ailleurs que dans les portefeuilles de nos jeunes pour financer nos institutions d’enseignement. Tandis que les compagnies minières du monde entier nous font perdre le nord et se font presque donner nos ressources naturelles, pendant qu’à Ottawa un gouvernement étranger dilapide nos impôts en équipements militaires et freine notre économie, alors que le gouvernement Charest tolère (le mot est faible) la corruption dans l’appareil d’État et que les amis du régime se graissent la patte à qui mieux mieux, il faudrait faire payer davantage notre jeunesse?! C’est tout simplement dégueulasse.
J’espère que les étudiants québécois mèneront la lutte jusqu’au bout et qu’elle sera victorieuse. Ensuite, le mouvement étudiant devra réfléchir à la situation nationale du Québec. Pourquoi l’État québécois manque-t-il de moyens financiers pour assurer la pérennité de son modèle social-démocrate? Une grande partie de la réponse est que le fédéralisme canadien nous coûte des centaines de millions chaque année, qu’il nous maintient dans un état de dépendance économique et politique et qu’il encourage un régime provincial de petits collabos corrompus qui vendent le Québec à rabais.
Le mouvement étudiant défend ses intérêts, c’est très bien et j’appuie. Mais il faudra aussi que le mouvement étudiant comprenne, comme tous les acteurs de la société civile québécoise qui trop souvent ne s’en tiennent qu’à leurs intérêts corporatistes, que l’avenir du Québec (et de ses services sociaux) passe par le règlement de la question nationale, par la libération économique et politique, bref, par l’indépendance.
Pierre-Luc Bégin