Chroniques de Pierre-Luc Bégin

Dimanche, 22 janvier 2012 | 
Écrit par Pierre-Luc Bégin   

On dit souvent qu’on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, aux statistiques, aux sondages… Certes, il faut être prudent en ces matières, mais il y a tout de même des chiffres que l’on voudrait avoir et d’autres qui parlent d’eux-mêmes. Ainsi en est-il, par exemple, des coûts du bilinguisme au Québec et des appuis à l’indépendance.

Tout d’abord, avez-vous vu la une du Ottawa Sun cette semaine qui titrait « C’est cher n’est pas? » (sic) à propos des coûts des services publics offerts en français en Ontario?

Pendant que de l’autre côté de l’Outaouais on s’indigne des services en français, de ce côté-ci des choses aucun journaliste n’a jamais fait enquête pour exposer les coûts des services en anglais au Québec. Bizarre, « n’est pas »?

Il serait peut-être intéressant de connaître ces chiffres, même si la loi 101 proclame que le français est la seule langue officielle du Québec… J’ai comme l’impression qu’on pourrait avoir des surprises.

Or, tous ces débats sur la langue illustrent très bien la schizophrénie canadienne : le Canada est un pays anglais qui se prétend bilingue alors que le Québec est une province bilingue qui se prétend française. Vive le pays d’Elvis Gratton.

Note à ceux qui ne comprennent toujours pas ces débats : il n’est pas question ici du bilinguisme individuel, mais du bilinguisme institutionnel. Si le bilinguisme individuel est un enrichissement, le bilinguisme institutionnel n’est qu’un stade transitoire avant l’écrasement d’une des deux langues par l’autre.

** *

Par ailleurs, au début de la semaine, nous avons eu droit à un sondage Léger Marketing à propos des intentions de votes au Québec. La CAQ à François L’égo voit ses appuis baisser. Fort bonne chose. Toutefois, ce qui a plutôt retenu mon attention, c’est l’appui à la souveraineté pure et dure  après répartition des indécis : 43%!

Et dire que certains, même au sein du mouvement indépendantiste, tentent de nous faire croire que l’idée d’indépendance n’a plus la cote… Elle n’est peut-être pas la priorité de beaucoup de gens au Québec actuellement, j’en conviens, mais l’idée est toujours très forte! Il faut d’ailleurs insister sur le fait que ce résultat pour le OUI est la réponse des sondés à la question sur la souveraineté pure et dure, sans la moindre offre de partenariat au Canada! En fait, ces résultats sont bien meilleurs que ceux que nous obtenions dans les sondages à la veille de la campagne référendaire en 1995.

C’est assez incroyable : les partis indépendantistes cachent l’idée depuis au moins douze ans de peur d’effrayer les électeurs, les médias ne cessent de marteler que c’est une idée dépassée qui n’intéresse plus personne et pourtant le OUI à la souveraineté pure et dure est à 43%. Cette idée est bien ancrée dans le peuple québécois. Il ne faut plus en douter.

Plus encore, avec 43% d’appuis dans l’ensemble de la population québécoise, on peut penser que la souveraineté est l’option privilégiée par une majorité de Québécois francophones (quel pléonasme!). Autrement dit, nous, les citoyens de toutes origines qui veulent vivre en français au Québec, sommes favorables à l’indépendance plus que jamais.

Et il faudrait ne pas en parler?

Et il faudrait attendre des « conditions gagnantes »?

Et il faudrait désespérer?

Décidément, la propagande de nos ennemis est efficace pour qu’on en vienne à croire de telles bêtises…

En tout cas, moi, aujourd’hui, je suis plein d’espoir.

Pierre-Luc Bégin

 

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