Chroniques de Patrick R. Bourgeois

Jeudi, 24 mai 2012 | 
Écrit par Patrick Bourgeois   

Depuis quelques jours, le fondateur du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, mène croisade contre les défenseurs de la démocratie et de la justice qui dénoncent avec véhémence l’odieuse et inique loi 78 du gouvernement Charest, loi qui brime nos droits d’association, de manifestation et d’expression.

Parce qu’il a dit son opinion, Rozon prétend être victime d’intimidation.  On l’aurait insulté par le truchement des réseaux sociaux et menacé de boycotter le festival Juste pour rire.  Il faut dire que la position de celui qui croit faire rire et y parvient difficilement lorsqu’il saute dans l’arène politique est difficilement défendable.  Prendre le parti des crypto fascistes qui se terrent à l’Assemblée nationale et qui utilisent la police pour mâter les rêveurs d’autres mondes n’est très certainement pas la meilleure façon de se faire de nouveaux amis. Cela, Gilbert Rozon qui n’en est pas à ses premières frasques, aurait dû le savoir. 

Rappelons qu’en 2008, tout juste avant les élections fédérales, Rozon acceptait des mains du ministre Michael Fortier un juteux chèque pour les œuvres Juste pour rire.  Quelques semaines plus tard, comme par magie, il défendait énergiquement la candidature électorale de son commanditaire conservateur.  En 2009, de son condo parisien (!), il soliloquait que le véritable problème de Montréal était qu’on ne permettait pas aux immigrants d’apprendre l’anglais.  Comme si l’anglais ne se portait pas déjà à merveille dans les rues de la métropole ! Et voilà maintenant qu’il se porte à la rescousse du gouvernement Charest qui ne sait plus quoi inventer pour écraser le peuple québécois qui s’est remis en marche vers un monde meilleur parce juste et libre.

Faut-il s’en étonner ?

Pas vraiment. 

Gilbert Rozon fait partie de la clique ; pas celle du Plateau, mais bien celle de l’oligarchie.  De cette clique qui vampirise le Québec depuis trop longtemps et au sommet de laquelle nous retrouvons bien sûr les Desmarais.

Paul Desmarais a construit bien des carrières politiques au Québec, et ailleurs.  Jean Chrétien, Brian Mulroney et Paul Martin lui doivent beaucoup.  Daniel Johnson aussi.  Il faut savoir que le frère de Daniel Johnson, Pierre-Marc, siège sur le conseil d’administration du festival Juste pour rire que préside Gilbert Rozon. 

Au fil des ans, Pierre-Marc Johnson a rendu de fiers services à Jean Charest.  C’est lui qui avait accepté le mandat d’enquêter sur le drame du viaduc de la Concorde.  Le premier ministre libéral l’avait aussi nommé à la tête d’une mission économique en Chine, et ce, pour le représenter parce que lui-même ne pouvait s’y rendre.  Il avait aussi reçu du gouvernement libéral une mission similaire dans le conflit du bois d’œuvre opposant le Canada aux Etats-Unis. Et finalement, Charest l’a dernièrement chargé de négocier au nom du Québec, derrière des portes closes, à l’abri des regards du peuple, un accord économique entre le Canada et l’Union européenne. 

Pierre-Marc Johnson est un allié de Charest et un bon ami de Rozon.

Tout comme Nicolas Sarkozy l’était, Charest est un proche des Desmarais.  Il se rend fréquemment à Sagard, le domaine des Desmarais de Charlevoix.  Ces gens-là sont adeptes des magouilles de coulisses.  Je te flatte la bedaine, tu nommes mon allié à la tête de la Caisse de dépôt et placement (CDP).  Tu fermes les yeux sur le scandale des 40 milliards disparus des coffres de la CDP, et j’engage dans mon empire l’homme responsable d’un tel marasme économique.  On connaît la musique…

Sans ambages, nous pouvons le dire : les gens de cette clique sont solidement soudés les uns aux autres.  Ils ont des intérêts communs, et s’entraident toujours afin de les défendre.  La solidarité contre le peuple, ils connaissent. Il n’y a que leur portefeuille qui compte. Mais ils se rendent aussi des services dans leur vie privée, afin de la rendre encore plus confortable, pendant que le peuple, lui, croule sous les hausses tarifaires et n’a de cesse de se serrer la ceinture pour espérer joindre les deux bouts.

Le 13 avril 2005,  Gilbert Rozon devenait copropriétaire (avec ses deux sœurs) d’une luxueuse demeure située au 660 rue des falaises à la Malbaie, dans Charlevoix ; à quelques sauts de crapaud seulement du domaine Sagard des Desmarais.  Le prix de vente ?  950 000$.  Un premier versement de 500 000$ devait être effectué sur le champ, alors que la balance devait, elle, être remboursée au vendeur dans un délai de 5 ans, sans intérêts svp.  Mais qui était donc ce propriétaire si généreux qui finançait de telle façon la transaction ?  André Desmarais lui-même, fils de Paul Desmarais, ce grand seigneur du Québec inc., et époux de France Chrétien, fille de Jean.

Quand on dit que ces gens-là s’entraident et qu’ils ont des intérêts communs, on a en a un bel exemple ici. Partant de là, peut-on vraiment s’étonner de voir Gilbert Rozon partir en croisade contre la gauche québécoise qui dénonce la loi 78 façonnée et imposée par un protégé politique de la clique que dirigent les Desmarais ?  Pas vraiment.  Et l’expression est faible…

Pour consulter le contrat de vente: http://ubuntuone.com/5s50IOpjurFwl2reOd0rT2

 
Commentaires  
−3 +−

#1 | Le vol de 95

Claude St-Germain » 25-05-2012 22:08

Après le du vol du Référendum de 95 avec les commandites ! Les Fédéraux ont réussis à diviser Le Peuple Québécois ! Diviser pour mieux régner ! Le Peuple déstabilisé ( écoeuré) ne va plus voter ! En 1995 , 94 % des électeurs à la dernière 57 % ! Écoeurer de voir toute ces fraudes , les riches de plus en plus riche , les pauvres plus pauvres! Ils ont fermés leur entreprise et ouvert ailleur ! Ces riches se sauvent avec l'argent du Peuple !
Quand Nous seront un PAYS , toutes les tendances seront représentées ! Un Équilibre !
Vive le Peuple Québécois avec toutes ses FORCES et FAIBLESSES !

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