Chroniques de Jules Falardeau

Vendredi, 04 janvier 2013 | 
Écrit par Jules Falardeau   

Je ne me sens pas très à l'aise de critiquer le PQ en public parce que c'est déjà ce que font tous les mercenaires de Gesca et cie. Néanmoins, je crois qu'il est possible de produire une critique constructive sans tomber dans le mépris. Loin de moi l'idée de croire que mon simple constat pourra fouetter cette bande d'endormis, mais bon.

Ainsi, nous sommes à l'ère de la « gouvernance souverainiste ». Après « l'assurance morale » et les « circonstances raisonnables ».  Quelle originalité. Il y a toujours une expression péquiste un peu floue pour justifier le fait de mettre l'indépendance du Québec de côté. Ce sera quoi la prochaine? Le contexte salvateur? Ou l'instant messianique?


Lorsque Thomas Sankara est arrivé au pouvoir en Haute-Volta, qu'il a rebaptisée Burkina Faso (Patrie des hommes libres), il voulut mettre en place une série de mesures visant à améliorer la vie du peuple. Il était notamment question d'améliorer la condition des femmes, alors brimées par les traditions séculaires. Il discutait de cette mesure dans un cercle restreint de gens qui lui dirent qu'il serait préférable d'attendre que les « esprits soient mûrs ». Sankara répondit ceci : « Les esprits ne sont jamais mûrs. Ils ne le seront jamais. Il n'y a pas de décision dans le monde qui vienne parfaitement à point. Les esprits sont prêts, vous pouvez semer? Non, il faut semer sur la rocaille, il faut violenter la terre pour qu'il y pousse quelque chose ».

Attendre que les esprits soient mûrs? C'est un peu comme attendre les « conditions gagnantes ». Quand j'avais 15 ans, je trouvais cela logique : « Bon, ils attendent que les conditions soient gagnantes. Ainsi, le prochain référendum nous le gagnerons ». Belle naïveté. J'avais 15 ans. Depuis, j'ai compris qu'il ne s'agit pas « d'attendre » que les conditions soient gagnantes, mais de les créer. Et comment créer les conditions gagnantes? La première chose logique serait d'en parler de l'indépendance et de ses avantages, et d'arrêter d'avoir peur et de jouer le jeu des médias fédéralistes. Il faut que le PQ cesse de considérer l'indépendance, donc la raison de son existence, comme un sujet tabou bien caché au fond du tiroir de la « gouvernance raisonnable moralo-gagnante ».

Quelle était la dernière idée de génie lors de la campagne électorale de 2012? Un référendum d'initiative populaire. Pour savoir quoi? Si les Québécois veulent d'un référendum… Pourquoi pas un référendum pour savoir si les gens veulent d'un référendum d'initiative populaire? Et pourquoi pas un bingo consultatif? Ou une tombola d'initiative populaire? Et il pourrait y avoir une commission chargée de réfléchir si la tombola est faisable. Et les 850 000 signatures par hasard? Ont-ils commencé à les  ramasser? C'est tellement révolutionnaire que même Stéphane Dion aurait pu y penser. Harper et sa bande doivent être morts de rire face à autant de bêtise.

Reggie Chartrand disait ceci à propos de la conduite à adopter face au PQ : « Faut se préparer à leur donner des bonnes poussées dans le dos. Pis si ça fait pas les poussées dans le dos, des bons coups de pieds au derrière. Faut leur dire que nous on est des inconditionnels pis on veut l'indépendance du Québec pis ça fait des années qu'on se bat pour ça. C'est pas pour avoir des sièges au parlement ».

Sages paroles, Reggie. J'ai seulement une question pour le PQ : avez-vous un projet de société à proposer aux Québécois? Ça serait le fun qu'on le sache.

Pour terminer, je trouve ça assez débile tous les criss de bilans de 2012, donc à la place j'ai fait, avant la nouvelle année, un « sondage d'initiative populaire » à savoir qui était l'idiot du village par excellence de 2012. Je vous livre ici le top 5 d'un échantillon représentatif de la population québécoise (mettons) et non de mon opinion.

5. Ex-aequo : 728, Charest, Legault et le maire Gendron.
4. Jean-François Morasse
3. Richard Martineau
2. Éric Duhaime
La palme d'or : Gérald Tremblay.

D'accord, si vous insistez, je vous livre mon top 5 personnel. Il est différent un peu.

5. Maxime Bernier (pour l'ensemble de son oeuvre)
4. Sam Hamad
3. Christine St-Pierre
2. Liza Frulla
La palme d'or : Justin Trudeau

Jules Falardeau

 
Commentaires  
−10 +−

#1 | Tu as tout à fait raison, Jules.

Martin Lavoie » 05-01-2013 11:12

Répéter mon titre, ad vitam aeternam, serait inutile. Bravo. Une pousséer dans le dos, presque un coup de pied au derrière. Encore et encore. Et s'il s'assoient sur leur petit pouvoir éphémère, ils mériteront la honte den ne pas réussir, de ne pas faire. Bravo pour ce texte.

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