Humour et politique. Politique et humour. Sugar Sammy fait de l'humour politique. Denis Coderre fait de la politique humour. Équipe Denis Coderre. Je l'ai ri pendant au moins quatre jours. Concernant Sugar Sammy, vous savez déjà ce que j'en pense, j'ai écrit un article là-dessus il y a déjà plusieurs mois, plusieurs mois avant le pseudo scandale du gala des Oliviers et plusieurs mois avant l'article de Bock-Côté. Eh oui, je suis un visionnaire. Ou bien tout cela était prévisible?
J'ai lu ce texte à l'événement « J'aime ma langue dans ta bouche » tenu le 6 avril dernier. Le lecteur averti remarquera sans doute que j'ai plagié quelques phrases de deux autres de mes textes. Ce n'est pas très grave parce que, de toute façon, je radote toujours les mêmes conneries.
Il y a quelques années de cela, une anecdote en apparence anodine m'a fait prendre conscience de quelque chose et a changé ma vie. Je me promenais dans le quartier Saint-Henri et un vieux monsieur m'apostropha en me demandant : « Do you know where that street is? » Sur le coup, je lui répondis en anglais. Quelques instants plus tard, je me demandai pourquoi je lui avais répondu en anglais. C'est à ce moment que j'ai réalisé que j'étais atteint du syndrome du colonisé.
Avec toutes ces histoires avec Radio X, j'ai presque oublié que les mercenaires de Power Corp existaient. Ainsi donc, cette semaine, « notre ami » Marc Cassivi trouve qu'il n'y a pas assez d'Anglais dans les séries tv et dans les films québécois. Selon lui, le pourcentage d'Anglais dans nos séries et nos films serait en deçà de leur poids démographique à Montréal (?). Et il s'appuie, entres autres, sur Kevin Tierney, le producteur de navets biculturels, pour étayer ses dires. Misère. Par où commencer?
C'est drôle comment le bilinguisme au Québec peut servir toutes sortes de causes et prendre plusieurs formes, mais il penche toujours du même côté, du côté de l'anglais. Commençons avec le cas de Giussepe Borsellino. Je ne parlerai pas de corruption, de collusion ou de trafic d'influence, mais plutôt de son utilisation du bilinguisme à la commission Charbonneau. Borsellino témoigne d'abord en français. Puis lorsque la question du procureur le met dans l'embarras, oups! il témoigne en anglais. Grâce à cette technique, il se permet de confondre la commission, s'évitant ainsi le parjure en restant vague et il peut alors gagner un peu de temps pour penser à sa réponse. Parfois il renverse le processus, alors qu'il semble plus confortable en anglais, il termine ses phrases en français. « Everything is truqué ». Oui, en effet. Il évite ainsi de se parjurer parce que si on lui fait remarquer qu'il se contredit, il peut toujours plaider une mauvaise compréhension entre lui et la commission. Dans le même sens, il utilise toujours la formule « the best of my knowledge ». Ce bilinguisme de façade est sans doute une trouvaille de son avocat. Ça sonne assez ridicule et ça m'amène à parler d'une autre forme de bilinguisme : le bilinguisme « révolutionnaire » ou d'ouverture sur le monde.
En ce lendemain de Super Bowl, j'avoue que j'ai toujours été fasciné par l'abrutissement collectif qui fait que certaines gens regardent le match pour les publicités. Vraiment? Sommes-nous à ce point brainwashés que nous devons nous extasier devant le fait que des multinationales sont prêtes à payer 4 millions pour tenter de nous faire acheter n'importe quelle connerie en 30 secondes? Juste le fait que des journalistes prennent le temps d'en parler comme d'un fait incontournable de la grande messe du football américain, ça donne un aperçu de la décadence de nos sociétés capitalistes.