On a raison de vouloir bloquer le Plan Nord ! Loin d’être le Pérou pour le peuple comme tente de nous faire gober Charest, ce projet à la sauce coloniale n’est qu’une manière de plus pour les multinationales minières de s’approprier nos ressources à vil prix. Non seulement offre-t-on à la classe bourgeoise, au secteur privé et aux amis des libéraux, tous copains comme cochons, de venir exploiter à rabais nos ressources (mines, forêts, énergie), mais notre bon gouvernement compte utiliser l’argent des contribuables pour leur faciliter la tâche et ainsi leur faire engranger plus de profits. En effet, des sommes colossales puisées à même les coffres de l’État – c’est-à-dire dans nos poches – sont prévues afin de promouvoir le projet (les voyages à l’étranger n’en sont que la partie auto-promotionnelle permettant à Charest de se pavaner devant les kodaks) et de fournir les infrastructures aux investisseurs étrangers et indigènes, tout cela pour leur plus grand bénéfice. Rien de trop beau pour la classe… des riches.
[Chronique que m'a inspiré un dossier de L'actualité du 15 avril 2012 intitulé «Ici, on parle English».]
D'abord préciser que les «têtes carrées» en question ne désignent pas
tous les anglophones. Je sais trop bien, pour en avoir épouser une,
qu'il existe des anglophones qui n'ont rien à se reprocher et qui sont
attachés au Québec, allant parfois pour certains (mais ils ne sont pas
légion) jusqu'à s'engager dans le combat pour l'indépendance et le
français. Les têtes carrées du titre font référence plutôt à une
tranche de la population qui choisit délibérément d'ignorer l'identité
et l'Histoire du Québec, qui nous regarde du haut de sa colonne Nelson
avec un profond mépris.
L'École des Hautes études commerciales de Montréal va bientôt offrir une maîtrise 100% en anglais et un baccalauréat bilingue. On n'arrête pas le progrès... L'information, publiée dans Le Devoir, ne manque pas de sel, surtout quand on sait que cette grande école fut fondée expressément pour permettre aux Canadiens français, comme on disait à l'époque, d'accéder aux études supérieures dans le domaine financier. Avec raison, la nouvelle a fait réagir Jean-Paul Perreault d'Impératif français: "Quand on voit que ces établissements, qui ont une charte de langue française, anglicisent des programmes, c'est un détournement de mission..."
Afin d'attirer votre attention et de vous faire réagir, j'ai coiffé cette chronique d'un titre anglais. Mais vous comprendrez qu'il s'agit d'une maladroite tentative pour conjurer la mauvaise fortune qui nous attend si nous ne défendons pas comme il se doit la langue française. Car imaginer qu'on puisse un jour célébrer Félix Leclerc - c'est de lui dont il s'agit - en anglais, dans la patrie même qui l'a vu naître, serait une catastrophe et une honte. J'aime autant ne pas y penser. Pourtant, le poète nous a prévenu, quand en parlant de l'île d'Orléans il a dit: "On veut la mettre en mini-jupe and speak English".
Il faut que je vous confesse ce plaisir coupable, ce péché mignon: je suis accro de Star Académie, comme plus de deux millions de mes congénères rivés devant leur petit écran ou leur écran plasma chaque dimanche soir que le bon Dieu amène. Mais quoi ? Il n'y a pas de mal à se faire du bien une fois de temps à autre. On peut aimer la chanson populaire, avec le même plaisir que s'il s'agissait d'une musique de Kurt Weill ou de Keith Jarrett. Du moins, c'est mon opinion. Il faut dire que ce show télévisé est particulièrement bien fait, qu'il a favorisé l'émergence de jeunes talents au fil des ans et, par conséquent, qu'il a fait ses preuves. Ajoutez à cela qu'à une animatrice de talent, connue et de surcroît pimpante comme Julie Snyder, se greffent toute une ribambelle de prestigieux "professeurs" (Grégory Charles, Michel Rivard, Patrick Huard, Bizz de Loco Locass...)venus faire partager à de jeunes "académiciens" les rudiments du métier de la scène. Il s'agit d'un concours, d'une compétition pour quatorze jeunes "talents Catelli" (comme on disait naguère au temps de mes jeunes et boutonneuses années) auquel le public est invité à participer.