Samedi dernier, les cyniques conteurs de Radio-Canada faisaient la une de leurs bulletins d’information avec «l’arrivée du père Noël». À la fin des bulletins, on daignait à peine prononcer quelques mots comme une note de bas de page sur le drame de la Palestine massacrée par les élus de Yahvé. Ode au matérialisme, adoration du veau d’or, formatage médiatique de la souffrance et relents de décadence profonde. La mort pour vos enfants, et des iPad made in China pour les nôtres. La cupidité nous fera-t-elle plonger plus bas encore dans l’immoralité avant que s’effondre définitivement le monde d’esclavage, de servage, de massacres, d’humiliante domination, de parasitisme et de mensonge que nous appelons la civilisation occidentale?
Le père Noël est vraiment une ordure, à l’instar des menteurs radiocanadiens éhontés vivant grassement de nos impôts. Lui et eux sont de gros colons d’ordures. Colons au sens québécois de rustres mal dégrossis et au sens plus universel de colonisateurs de ceux dont la vie est sans importance. Le père Noël et Radio-Canada nous laissent entendre que, de toute façon, nous ne pouvons rien pour les Palestiniens, qui méritent un peu de mourir, en quelque sorte. Ils ne veulent pas de bombes? Ils n’ont qu’à se laisser voler leurs terres. Alors qu’Israël a passé le cap des 1500 frappes militaires sur Gaza en huit jours, qu’environ 160 Palestiniens ont été tués et que plus de 1200 ont été blessés, y compris des familles entières, aussi bien continuer ce que nous faisons le mieux: consommer à crédit les yeux fermés et les oreilles bouchées.
Pour un Palestinien, le mot «colon» a une résonance douloureuse. Colon comme dans «colon juif» voleur de terres et de vies. Le 6 novembre 2012, Israël annonçait qu’il construirait plus de 1 200 logements dans l’enclave juive de Jérusalem-Est. Les propagandistes radiocanadiens nous ont évidemment soigneusement caché cette nouvelle. Ériger des colonies juives sur les terres des Palestiniens, par la force, est le langage habituel de l’État d’Israël, qui nous demande après, en feignant la surprise, pourquoi certains veulent sa destruction. Occulter des informations clés fait partie de la méthode habituelle de Radio-Canada, qui feint la surprise, elle aussi, lorsqu’on l’accuse de vouloir nous mettre des idées dans la tête.
Pendant qu’on annonçait l’expansion des colonies pour continuer de déposséder les Palestiniens jusqu’à ce que soit achevé le nettoyage ethnique programmé, Benyamin Netanyahou avertissait le Hamas qu’il devait reprendre les négociations de paix «sans condition». Le criminel en chef des exploitants de la marque de commerce Shoah et son ami Obama sont très vexés par le projet des Palestiniens de demander le statut d’État observateur non membre à l’Assemblée générale des Nations Unies, projet qui ne nécessite pas l’aval du Conseil de sécurité et dont la réussite est assurée, vu le capital de sympathie des Palestiniens à l’ONU.
Avec un siège d’observateur à l’ONU, la Palestine arriverait peut-être à porter plainte contre Netanyahou et les autres assassins sionistes devant la Cour pénale internationale pour leurs meurtres d’enfants et leurs autres crimes de guerre commis notamment lors de leur dernière agression massive contre Gaza, en 2008 et 2009. Un total de 1417 Palestiniens avaient alors trouvé la mort sous les frappes israéliennes. Quoique la Cour pénale internationale soit un théâtre de guignols conçu surtout pour juger les Africains encombrants, rien que la menace d’une inculpation formelle pourrait être très embarrassante pour les dirigeants israéliens.
Pour faire comprendre aux Palestiniens qu’ils n’ont pas le droit d’exister, surtout pas à l’ONU et à la CPI, Obama leur a donc coupé l’aide humanitaire, et Netanyahou a lancé son ultimatum au Hamas. Négocier à genoux la reddition sans condition aux mains d’un gouvernement fanatique d’extrême-droite est le seul choix des Palestiniens, selon Netanyahou, qui considère sa proposition infamante comme un gage de paix. À l’inverse, une «décision unilatérale» de l’Assemblée générale des Nations Unies serait, selon lui, injuste. Quand 193 États prennent une décision démocratiquement, Netanyahou y voit de l’unilatéralisme. Cherchez l’erreur et ne comptez pas sur Raymond St-Pierre et Céline Galipeau pour la trouver à votre place.

Manifestation à Ottawa pour la Palestine. Le drapeau des patriotes accompagne fièrement celui de la Palestine.
Riposte du Hamas et déferlement de haine sioniste
La première riposte du Hamas à l’annonce de l’expansion des colonies juives est venue le 10 novembre. Les forces du Hamas ont tiré un missile antichar sur une jeep de l’armée israélienne et blessé quatre soldats. Les Israéliens ont aussitôt répliqué en tirant avec leurs chars et des mitrailleuses sur un quartier résidentiel, tuant quatre civils et blessant 25 personnes, y compris des enfants. Pour les soldats israéliens, tirer sur des enfants lorsqu’ils sont attaqués est normal. Ce n’est pas leur faute, voyez-vous, c’est que les méchants «terroristes» (qui attaquent des cibles militaires) se cachent parmi des enfants. Les blindés israéliens ont le droit de «se défendre», n’est-ce pas?
À propos du fanatisme israélien, l’analyste et écrivain argentin Adrian Salbuchi nous rappelle ceci:
Le dernier Israélien honnête qui a essayé de faire la paix a été le premier ministre Yitzhak Rabin, qui a été assassiné dans les rues de Tel-Aviv en novembre 1995; pas par un islamiste fanatique, ni par un néonazi fou, mais par Ygal Amir, un sioniste fanatique d’extrême droite lié à la fois au mouvement fondamentaliste des colons et à l’agence de sécurité israélienne, le Shin-Beth.
Mais rien n’est plus révélateur du fanatisme et du sadisme des sionistes assoiffés de sang que leurs déclarations récentes en réponse aux appels à la négociation des dirigeants du Hamas. Prenez par exemple les propos du ministre de l’Intérieur, Eli Yishai:
[La guerre à Gaza] doit être tellement douloureuse et difficile que les groupes terroristes n’y penseront pas à deux fois, mais à cent fois avant de tirer encore des missiles sur Israël. […] Détruire et endommager les infrastructures, les bâtiments publics et les bâtiments du gouvernement palestinien: nous devons faire en sorte que le Hamas en ait pour des années à reconstruire Gaza, ce qui le tiendra occupé et l’empêchera d’attaquer Israël. […] Le but de l’opération est de renvoyer Gaza au Moyen-Âge, ce qui permettra à Israël d’être tranquille pour les 40 prochaines années.
Prenez aussi Gild Sharon, le fils de l’ancien premier ministre Ariel Sharon. Dimanche dernier, Gild Sharon préconisait ceci dans le Jerusalem Post:
Nous devons raser Gaza en entier. Les Étasuniens n’ont pas arrêté après Hiroshima. Les Japonais n’ayant pas décidé tout de suite de capituler, les États-Unis ont frappé Nagasaki également. Il ne devrait plus y avoir, à Gaza, ni électricité, ni carburant, ni véhicule capable de se déplacer, ni rien d’autre. Vous verrez qu’à ce moment-là, ils réclameront certainement un cessez-le-feu.
Quant au ministre des Transports, le bien nommé Israël Katz, il appelle ses valeureux soldats à «bombarder si intensément Gaza que la population sera obligée de fuir en Égypte». Enfin, le ministre de la Défense intérieure exhorte l’armée israélienne à «reformater» Gaza, c’est-à-dire à nettoyer le territoire à coups de bombes. Il ne s’agit pas de marginaux pratiquant la subversion, mais de ministres et d’autres personnalités influentes. Osez prétendre, après cela, qu’Israël n’est pas un État voyou.
La complicité des parlementaires canadiens
Le Parlement du Canada étant le bercail des fiers suprémacistes héritiers de la tradition coloniale britannique en Amérique, il est normal que les personnages imbus d’eux-mêmes qui y siègent aiment coloniser et occuper les territoires des autres. On a pu l’observer lorsqu’Ottawa a déployé 12 000 soldats et réquisitionné 30 000 policiers pour occuper le Québec et y effectuer 30 000 perquisitions et 500 arrestations d’individus dangereux, comme des poètes, des chanteuses, des syndicalistes et des travailleuses sociales, qui militaient contre les rois nègres blancs gouvernant le Québec pour leur bénéfice personnel et celui de Sa Majesté.
De nombreux Québécois arrêtés en octobre 1970 ont été détenus pendant des semaines, sans avoir accès à un avocat et sans pouvoir communiquer avec leurs proches. Seulement cinq ont subi un procès, ou plutôt un simulacre de procès à l’initiative de Jérôme Choquette, un baron de la pègre libérale qui aurait dû se retrouver, lui aussi, dans un coffre de char, s’il y avait une justice en ce bas monde (quoique je ne sois pas chaud à l’idée d’enjamber le fleuve sur le pont du martyr Choquette). Aux yeux d’un psychopathe, c’est toujours la victime qui a tort. «Ils ne voulaient pas se faire arrêter, la gagne de séparatisses? Ben y’avait rien qu’à marcher drette.»
Comme en 1970, le Parti libéral du Québec et le Parlement du Canada demeurent aujourd’hui des repaires de psychopathes. Quoi de plus normal, donc, qu’à de rares exceptions près, les psychoparlementaires d’Ottawa aient de l’admiration pour les sionistes et soient complices de l’occupation israélienne de la Palestine? Un député libéral, le très sioniste et très menteur Irwin Cotler, de l’enclave ségrégationniste de Mount Royal, sévit même dans les pages du Jerusalem Post. Pendant que son pote Sharon rêve dans le même torchon d’irradier mortellement les enfants palestiniens, Cotler ressasse les fondements idéologiques de la guerre en préparation contre l’Iran.
Au Parlement du Canada, Cotler est l’un des participants les plus assidus aux nombreuses discussions sur l’Iran, où députés et sénateurs rivalisent d’imagination. Même quand l’Iran n’est pas à l’ordre du jour, Cotler trouve le moyen de faire une déclaration pour se montrer prétendument «solidaire» des Iraniens. «Un jour, répètent en choeur les perroquets des Communes, il faudra bien envoyer de braves soldats canadiens aider ces pauvres Iraniens à se libérer.» On connait bien la recette de la «libération»: raser le pays, puis en confisquer le pétrole pour payer la reconstruction, comme en Libye.

Une manifestante incrimine Harper, mais que dire de la complicité du sioniste Mulcair?
Évidemment, pendant les huit jours de massacres à Gaza, il ne fallait pas s’attendre à ce que le grand humanitaire Cotler s’indigne. Personne n’espérait non plus entendre les meneurs de claques sionistes Harper et Baird prêcher la modération, eux qui ne cessent de promouvoir la guerre, par exemple, dans leur publicité télévisuelle à nos frais et, récemment, sur le nouveau billet de 20 dollars. Mais, assurément, se disaient quelques bonnes âmes naïves au Québec, puisque les pancartes orange que nous avons élues sont le dernier rempart contre la tyrannie conservatrice, elles sauveront la démocratie canadienne de la honte totale.
Tous ces nouveaux députés néodémocrates idéalistes aux idées fraiches se sont-ils précipités pour condamner la barbarie? Mais non. Ça a bien l’air qu’après quelques mois à toucher sa paye de député, on y prend gout, et l’idéalisme se métamorphose en arrivisme. Pas un mot sur la Palestine. Pas une question adressée au gouvernement. Pas un petit message de sympathie dans le site Web du Nouveau Parti démocratique. Silence total. Les néoboudhistes au service de Bay Street ont été très bien dressés par mononcle Mulcair et mononcle Schwartz et sont bien partis pour réaliser pleinement leur potentiel de belle bande de colons.
Le seul parti fédéral qui a pris la parole aux Communes pour la paix et la justice en Palestine est le Bloc Québécois, chose que Radio-Canada et les autres médias se sont bien gardés de souligner, pour ne pas embarrasser leurs néodémocrates chargés de duper les Québécois et de protéger l’unité de la monarchie Canadian. Avis aux Palestiniens et aux autres peuples agressés: leurs amis sont au Québec, pas à Ottawa. S’il faut réformer la civilisation occidentale tombée plus bas que jamais dans l’immoralité, pourquoi ne pas commencer par l’indépendance du Québec et le démembrement d’un pays du G7?
La suite samedi 8 décembre
Au risque de s’attirer encore une fois une pluie d’insultes de la part des médias de l’extrême-droite antisociale, Amir Khadir et Québec Solidaire ont eu le courage de dénoncer, eux aussi, le bombardement de Gaza. En plus de défendre la justice, ils refusent de se comporter en parti provincial et tiennent à ce que la voix du Québec soit entendue dans le monde. Levons-leur notre chapeau.
Les Catalans se rendent aux urnes demain, le 25 novembre, et il est probable qu'il redonneront la majorité aux partis indépendantistes, avec le mandat de tenir un référendum sur l’avenir de la Catalogne. Les Québécois pourraient y trouver une inspiration salutaire. À suivre.
Cinéma-vérité
Une déclaration hypocrite de François Hollande à propos de la Palestine. Il parle de «provocations» et de «ripostes», accusant ainsi implicitement les Palestiniens d’être les premiers responsables. Hollande, alias le Sarko à lunettes, est le digne héritier de la tradition coloniale de la France qui fait de ce pays l’un des plus détestés du monde, sur un pied d’égalité avec le Royaume-Uni et juste derrière les États-Unis. La moitié de l’Afrique a de très bonnes raisons de haïr la France. Thomas Mulcair et François Hollande sont la honte de l’Internationale Socialiste. Ce sont des loups déguisés en agneaux qui ne reculent devant aucune fourberie pour enrichir leurs maitres du grand capital.
Reportage sur Russia Today (RT) à propos de la décision d’Israël de construire 1200 nouvelles habitations dans l’enclave de Jérusalem-Est. Le journaliste de RT et son invité constatent que, comme par hasard, l’annonce a été faite le jour de l’élection présidentielle étasunienne. Le propagandiste de Radio-Canada Raymond St-Pierre aime se moquer de Russia Today, qu’il surnomme «Télé-Poutine». Les railleries de Raymond St-Pierre, qui travaille pour Télé-Bay Street, sont une stratégie typique des psychopathes dont il fait partie et qui consiste tout simplement à accuser les autres des fautes et des crimes dont on est soi-même coupable, pour détourner l’attention. Évidemment, Radio-Canada était très occupée à nous présenter l’hystérie hollywoodienne de l’élection présidentielle à deux-milliards de dollars, donc Raymond St-Pierre et Céline Galipeau n’ont malheureusement pas pu nous mentionner, ni le 6 novembre, ni à aucun autre moment, qu’Israël avait décidé de poursuivre sa confiscation des terres des Palestiniens, en violation flagrante du droit international et de plusieurs résolutions des Nations Unies.
Reportage de Russia Today: L’armée israélienne vise délibérément les médias à Gaza. Mais, comme le précise le journaliste de Radio-Canada, Jean-François Bélanger, ce n’est pas la faute de l’armée israélienne: «C'est difficile de cibler des cibles militaires, ici, à Gaza, dans la mesure où tout est un peu mélangé.» Belle carrière en perspective, n’est-ce pas, mon JF? Quand est-ce qu’on te nomme directeur de l’information? Ou, mieux encore, directeur des communications au cabinet du premier ministre du Canada? Le lendemain, l’armée israélienne a lancé un autre missile sur le même centre des médias et a réussi à assassiner un homme qu’elle a décrit comme un «propagandiste» du Hamas.
#2 | RE: Les colons - 1re partie
ANS » 27-11-2012 11:44
Je crois que chaque jour que Dieu fait, Israël reçoit aussi des missiles qui sont jetés sur son territoire.
Donc, je crois que c'est en riposte que nous assistons à ces événements malheureux.
C'est vraiment dommage
#1 | Les colons
Micheline Dubois » 24-11-2012 11:17
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