Ayant réussi à joindre Ben Thorndike au téléphone plus d'une semaine après l'attentat, je lui ai demandé de me fournir l'ensemble des photos qu'il avait prises. Nous avons convenu que je lui écrirais pour qu'il puisse m'envoyer les fichiers. Mais en réponse à mon courriel, il m'a plutôt demandé ce que je comptais faire avec les photos. Il a fallu que je lui dise ce que j'y avais déjà vu, c'est-à-dire les manigances de Jambes Magiques et de ses deux amis. Alors, il a refusé net et m'a écrit ceci:
Nous croyons vivre dans une démocratie, mais nous sommes en fait tellement manipulés que nous sommes prisonniers collectivement des choix politiques que nous impose l'oligarchie au moyen de ses médias et de ses marionnettes politiques. Nous avons été victimes récemment d'une opération psychologique spectaculaire: la mise en scène sordide de l'attentat du marathon de Boston. Oui, vous avez bien lu, cet attentat qui a défrayé la chronique pendant trois semaines est faux. Personne n'est mort ou n'a été blessé à Boston, sauf un certain Tamerlan Tsarnaev, assassiné par le FBI, et son frère, Dzhokhar Tsarnaev, gravement blessé. Je vous le prouve dans un instant. Mais commençons par le mobile.
Samedi dernier, les cyniques conteurs de Radio-Canada faisaient la une de leurs bulletins d’information avec «l’arrivée du père Noël». À la fin des bulletins, on daignait à peine prononcer quelques mots comme une note de bas de page sur le drame de la Palestine massacrée par les élus de Yahvé. Ode au matérialisme, adoration du veau d’or, formatage médiatique de la souffrance et relents de décadence profonde. La mort pour vos enfants, et des iPad made in China pour les nôtres. La cupidité nous fera-t-elle plonger plus bas encore dans l’immoralité avant que s’effondre définitivement le monde d’esclavage, de servage, de massacres, d’humiliante domination, de parasitisme et de mensonge que nous appelons la civilisation occidentale?
Vérités officielles et légendes d’épouvante fabriquées en série par les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime servent à justifier les agressions contre ses adversaires économiques. Entendons par adversaires non pas des rivaux qui menacent les économies occidentales, mais bien des États qui refusent de se laisser avaler par le néolibéralisme sauvage et qui adoptent parfois même le socialisme ou le communisme, ce qui est un péché mortel. (Précisons ici que certains partis qui se disent socialistes n’en sont pas, par exemple le Parti socialiste français et le Nouveau Parti démocratique, au Canada.)
Les pires criminels savent se donner bonne apparence. Les Hells Angels n’installent pas leur repaire devant un bar de danseuses. La famille Rizutto ne vend pas de stupéfiants dans ses résidences luxueuses. Parlez-en aux voisins, à Cartierville, et ils vous diront que les mafiosos sont des gens paisibles qui ne dérangent personne. Beaucoup plus polis et souriants, en fait, que la police de Montréal lorsqu’elle rend visite aux «rats mangeux de marde et gratteux de guitare», pour reprendre une expression à la mode au Québec.