Célébrons le royaume sordide et antidémocratique d’Ottawa

Demain encore, le 1er juillet, au lendemain du sommet du G20 de Toronto, marqué par une déferlante d’arrestations et de détentions arbitraires, Ottawa va se livrer à sa journée d’autoadoration annuelle et chanter les louanges de la supposée démocratie dans laquelle les Québécois ont été enfermés par la force, la répression, la corruption et le mensonge. Jamais les Québécois n’ont consenti à cet asservissement, mais jamais il n’a cessé, depuis 250 ans.

Le sommet du G20 à Toronto: la démocratie à la mode d’Ottawa

Nous allons être invités à nous extasier devant la magnificence d’un régime néocolonial qui n’est rien d’autre, en fait, qu’une honte pour l’humanité. Pire encore, le porte-parole des sables bitumineux, bourreau du peuple afghan, champion du contrôle total de l’information et complice des exterminateurs de Palestiniens qui dirige cette cryptodictature a le culot de proposer aux Canadiens, comme symbole unificateur, la hideuse représentante de la tyrannie britannique subie par les Québécois, les Acadiens, les Amérindiens et les Métis.

Le Dominion du Canada, successeur et adorateur de la couronne britannique, s’appuie plus que jamais sur le mensonge pour dorer son image et maintenir son emprise sur le Québec. Le RRQ n’en est pas à sa première dénonciation de la monopolisation des médias par le pouvoir néocolonial et ses valets au Québec. La liberté d’expression, pour les Paul Desmarais de ce monde, signifie, d’une part, le droit des riches et des puissants de se servir de toutes les tribunes pour occulter et mentir, et, d’autre part, le refus de la démocratie authentique, qui ne peut pas exister tant qu’on ne respecte pas le droit du peuple à l’information véritable.

Parmi les architectes de la désinformation au Québec se trouve le journal The Gazette, où logent de fidèles partisans du gouvernement néocolonial, ennemis ataviques de la nation québécoise. Le lectorat de ce journal répugnant et antidémocratique comprend une proportion importante d’actionnaires du PLQ, qui sont par le fait même les propriétaires actuels du Québec. Convaincus de détenir le droit divin de garder la nation québécoise sous leur férule et de lui extorquer des privilèges délirants, tout en lui donnant l’illusion qu’elle se gouverne elle-même, ces menteurs sont fiers d’être des descendants d’assassins et sont persuadés qu’ils doivent poursuivre leur oeuvre civilisatrice en imposant leur langue dollar et leur culture du pillage partout dans le monde, y compris bien entendu au Québec. Ils s’autorisent tous les mensonges pour cultiver le mythe de leur supériorité morale.

Récemment, le RRQ a été mis en cause par Don MacPherson dans les pages de la Gazette, torchon où il sévit régulièrement. M. MacPherson a proféré des accusations contre le RRQ. Nous lui avons répondu fermement, mais poliment, en anglais. Son journal colonial n’a même pas daigné accuser réception de notre lettre. Dans la tradition britannique, la politesse et les bonnes manières ne s’appliquent que dans la mesure où le peuple asservi obéit à ses maitres. Les résistants qui leur tiennent tête méritent, eux, diffamation et censure, quand ce n’est pas encore pire. Voici donc notre lettre censurée. Nous la diffusons en version française et anglaise. C’est notre cadeau bilingue à la pourriture suprémaciste des enclaves ségrégationnistes de Westmount et de Mount-Royal. Pour une fois, ils pourront comprendre ce que nous leur disons.

La diabolisation des séparatistes et la propagande de guerre

Au cours d’une conférence de presse organisée par des opposants au projet de loi 103, sur l’accès aux écoles publiques anglaises du Québec, Don MacPherson s’est fait dire par un membre du Réseau de résistance du Québécois (RRQ), Mathieu Boucher, qu’il aurait droit à des félicitations le jour où il cesserait de faire de la démagogie dans ses articles. Mais on dirait que M. MacPherson n’a cure des félicitations du RRQ, ce qui est assez compréhensible, puisqu’il a décidé de doubler la dose de démagogie dans son article du 8 juin 2010 intitulé «Violent separatist groups buddy up with the PQ and Bloc leaders» (des groupes séparatistes violents figurent parmi les copains des dirigeants du PQ et du Bloc).

Jeune intellectuel, Mathieu Boucher a le physique de l’emploi: il mesure environ 1,65 m et pèse 50 kg. Mais, selon M. Macpherson, il ferait partie des brutes du RRQ auxquelles Pauline Marois s’associerait. Le RRQ serait un groupe violent. Voilà un prétexte utile et fréquemment employé, notamment dans la propagande de guerre, lorsqu’un camp veut diaboliser ses adversaires et éviter de débattre d’idées susceptibles de le mettre dans l’embarras. Au lieu d’argumenter sur le fond, on accole à ses ennemis l’étiquette de terroristes et on répète ce mensonge dans les médias supposément respectables, jusqu’à ce que la plupart des gens pensent que c’est un fait avéré. Cuba, le Vietnam, l’Iran, la Corée du Nord, l’Afghanistan, l’Irak et de nombreux autres États, peuples et groupes ont gouté à cette médecine avant de subir la répression par la force, d’être étranglés économiquement ou de voir leur territoire transformé en champ de bataille sanglant par le club des pays anglophones, qui est aujourd’hui piloté par Washington et qui défend supposément la démocratie et les droits de la personne.

Depuis 250 ans, le peuple québécois doit vivre sous la domination du club anglophone, qui a pris la forme premièrement de la couronne britannique, puis du Dominion du Canada. L’occupation du territoire québécois par l’envahisseur n’a jamais cessé. Chaque fois que les Québécois ont essayé de prendre en main leur destinée, le conquérant a employé contre eux la force, la répression, la corruption et les mensonges. Ils n’ont pas le droit d’exister en tant que peuple libre.

Québec détruite en 1759

Comme on le sait, le journal The Gazette a toujours été un instrument important pour assujettir le Québec. Lorsque le mouvement républicain et démocratique des patriotes fut attaqué par l’armée impériale britannique, en 1837, et que le gouverneur donna l’ordre de mettre en prison des représentants dument élus du peuple, The Gazette se mit à claironner agressivement que les sujets de Sa Majesté n’accepteraient jamais d’être gouvernés par des êtres inférieurs et indignes comme les Canadiens français.

Le Parlement de la province du Canada, à Montréal, fut incendié le 25 avril 1849 au cours d’une manifestation violente tenue à l’appel du journal The Gazette. Le 26 avril 1970, The Gazette participa au Coup de la Brink’s, un stratagème mensonger conçu pour tenter de faire peur aux Québécois et les empêcher de voter pour le Parti Québécois, qui venait de naitre. Selon un article publié par The Gazette, le séparatisme était en train de causer une fuite de capitaux. Les banques de Montréal envoyaient des camions remplis d’argent à Toronto.

L’incendie du Parlement à Montréal, en 1849

De nos jours, The Gazette agite souvent le spectre des terroristes du FLQ, mais oublie chaque fois de souligner qu’en octobre 1970, environ 500 individus dangereux, comme des travailleurs sociaux, des délégués syndicaux, des chanteurs et des poètes, furent arrêtés sans mandat, arrachés à leur famille dans le milieu de la nuit et emprisonnés pendant des jours, des semaines, voire des mois. Ces personnes étaient coupables d’un seul crime: aspirer à l’indépendance du Québec. Encore une fois, par cette manœuvre, le Dominion du Canada voulait intimider les Québécois. The Gazette ne voudrait surtout pas que ses lecteurs se rappellent que l’assassinat de Pierre Laporte s’est produit après, et non avant, cette violation massive des droits de la personne.

Donc, la stratégie n’est pas nouvelle. The Gazette est passé maitre dans l’art de confectionner des légendes et de cultiver l’amnésie. En dépeignant le RRQ comme un «groupe violent», M. MacPherson inscrit son article dans cette veine. Mais en quoi le RRQ est-il violent, exactement? Lors de notre manifestation du 10 novembre 2009 contre le prince Charles, ce ne sont certes pas les manifestants qui se sont montrés violents. Ils ont bloqué la rue et ont fait du bruit, mais n’ont blessé personne et n’ont rien brisé. Malgré cela, l’un des manifestants s’est fait battre sauvagement par la police au point d’avoir le visage ensanglanté. Puis, les policiers ont piétiné ses lunettes. Ce fut le cas le plus visible, mais des dizaines d’autres manifestants ont, eux aussi, gouté douloureusement à la matraque. Qui est violent? Le RRQ ou le pouvoir établi?

Octobre 1970 au Québec

Octobre 1970 au Québec

M. MacPherson et ses amis sont mécontents depuis l’annulation de la grosse fête devant célébrer le bombardement et la destruction complète de Québec par leurs ancêtres qui, en 1759, ont réduit des villages en cendres, exécuté des garçons, violé des femmes et fait crever de faim beaucoup de monde en brulant les récoltes. Bien entendu, selon M. MacPherson, les Québécois devraient tous se réjouir de cette page de leur histoire parce que c’est ainsi qu’ils ont été civilisés. Sans cette conquête, ils souffriraient encore aujourd’hui d’arriération profonde. Alors, frustré comme il est, M. MacPherson se défoule en accusant le RRQ d’avoir fait annuler sa grosse fête par des «menaces de violence». Il ne peut aucunement étayer cette affirmation, mais ce n’est pas nécessaire. Mentons, mentons, et il en restera toujours quelque chose, doit-il se dire.

Parmi les multiples bienfaits que la Conquête nous a prétendument apportés se trouve la langue anglaise, c’est-à-dire la langue supérieure que tous ceux qui ne veulent pas rester pauvres et ignorants doivent parler. Aujourd’hui, les Québécois sont obligés encore de vivre sous le règne de l’anglais et ne peuvent pas se comporter en peuple libre. Il leur est défendu de s’attendre à ce que tous les résidents de leur territoire parlent leur langue nationale, bien que ce soit le cas dans n’importe quel pays normal, y compris au Canada anglais, où l’on ne trouvera pas un seul francophone qui ne sache pas parler anglais, où presque 90 p. 100 de la population parle anglais seulement et où 99,5 p. 100 des substitutions linguistiques favorisent l’anglais, et non le français. Voilà le cœur du problème dont il était question à la conférence de presse sur le projet de loi 103. Voilà ce dont M. MacPherson ne voudrait jamais discuter en toute sincérité avec des représentants du RRQ. Il préfère la démagogie et la propagande de guerre.

Demonization of Separatists and Wartime Propaganda

During a press conference organized by opponents to Bill 103, on access to English public schools in Quebec, Mr. Don MacPherson was told by a member of the Réseau de résistance du Québécois (RRQ), Mathieu Boucher, that he would deserve congratulations the day he stopped his demagoguery in his articles. It appears that Mr. MacPherson is not interested at all in congratulations from the RRQ, which is quite understandable, and so he doubled the dose of demagoguery in his June 8, 2010 article subtitled “Violent separatist groups buddy up with the PQ and Bloc leaders”.

Mathieu Boucher is a skinny young intellectual, about 1.65 meters tall and weighing in at 50 kilograms. He is part of the RRQ “goons” Mr. MacPherson has accused Pauline Marois of associating with. According to Mr. MacPherson, the RRQ is a violent group, which is a convenient excuse typically used, especially in war propaganda, when one side wants to demonize its opponents and avoid debating ideas which could be embarrassing. Instead, the enemies are dubbed as terrorists and the lie is repeated in the supposedly respectable media, until most people think it is a fact. Cuba, Vietnam, Iran, North Korea, Afghanistan, Iraq and many other States, peoples and groups have had a taste of that medicine before they were repressed by force, economically strangled or their land was turned into a bloody battlefield by the English-speaking club, nowadays governed from Washington and supposedly defending democracy and human rights.

For 250 years, the people of Quebec have had to live under the domination of a British incarnation of that English-speaking club, which became the Dominion of Canada. The occupation of the Quebec territory by the invader has never ceased. Any attempt by Quebecers to take full control of their destiny has been met with force, repression, corruption, and lies by the conqueror. Quebecers are not allowed to live as a free people.

The Gazette, as we know, has always been an important control tool to subdue Quebec. When the republican and democratic movement of the patriots was attacked by the British imperial army, in 1837, and an arrest warrant was issued by the Governor against duly elected members of Parliament, The Gazette was aggressively promoting the idea that never would English people accept to live “under French rule.”

The Parliament of the Province of Canada, in Montreal, was set on fire on April 25, 1849, during a violent protest called for by The Gazette. On April 26, 1970, The Gazette was part of a scheme called “Le coup de la Brink’s” devised to scare Quebecers away from voting for the newly created Parti Québécois. According to an article by The Gazette, a flight of capital was occurring because of the separatist threat, and banks were transferring truckloads of money from Montreal to Toronto.

Nowadays, The Gazette likes to bring back regularly the ghosts of the FLQ terrorists, failing each time to note that, in October 1970, about 500 community workers, union representatives, singers, poets and other dangerous individuals were arrested without warrant, taken away from their family in the middle of the night, and jailed for days, weeks or months. Those people were guilty of only one thing: wanting Quebec to be an independent country. Again, the maneuver by the Dominion of Canada was meant to intimidate Quebecers. The Gazette would certainly not want its readers to remember that the assassination of Pierre Laporte took place after, not before, this massive violation of human rights.

Thus, the strategy is not new. The Gazette is a master at creating legends and cultivating amnesia. Mr. MacPherson’s portrayal of the RRQ as a “violent” group is in that vein. But where exactly is the violence by the RRQ? In our November 10, 2009 protest against Prince Charles, the violence there was certainly not by the protesters, who shouted and stood in the middle of the street, but did not hurt anyone or break anything. However, one protester ended up being beaten up by a policeman armed with a club until he had blood in his face. The police then crushed his glasses. Several of our companions were similarly assaulted. Who is violent? The RRQ or the establishment?

Mr. MacPherson and others are unhappy about the cancellation of the big party celebrating their ancestors bombarding and completely destroying Quebec City, setting villages on fire, killing boys, raping women and starving people to death by burning crops in 1759. Of course, in Mr. MacPherson’s view, all Quebecers should rejoice because that is how civilization was brought to them. Otherwise, they would still be a retarded people today. So, in his frustration, Mr. MacPherson likes to say that the party was cancelled because of what he calls “threats of violence by the RRQ”. Of course, he cannot substantiate those accusations, but repeating them over and over does the job.

An important benefit of the conquest was supposedly the English language, the superior language that everybody ought to speak or remain poor and ignorant. Today, Quebecers still have to live under the English rule and cannot behave as a free people. They cannot expect everyone living on their territory to learn to speak their national language, just as it is the case in any normal country, including English Canada, where you will never find a single unilingual francophone, where close to 90 percent of the population speaks only English and where 99.5 percent of the linguistic transfers among immigrants are in favour of English, not French. That is the heart of the question raised at the press conference on Bill 103. That is what Mr. MacPherson certainly does not want to discuss honestly with representatives of the RRQ. He prefers demagoguery and war propaganda.

Pierre-Luc Bégin
René Boulanger
Patrick Bourgeois
Bernard Desgagné
Jean-Pierre Durand
Julien Gaudreau
Guillaume Martin
Mireille Mercier-Roy
Carlo Mosti
Ludovic Schneider

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