1er mai : une date importante pour la lutte ouvrière

Comme plusieurs doivent sans doute déjà savoir, la fête du 1er mai commémore la journée de grève pour la réduction du temps de travail à une journée de 8 heures. Pourquoi le premier mai? Comme c’est le début de l’année fiscale, les syndicats se donnaient le go pour revendiquer la journée de huit heures pour les nouveaux contrats de travail. La première fois que l’idée de la journée du 1er mai fait surface c’est en Australie en 1856. Mais la lutte pour la semaine de 8 heures commence 30 ans plus tard aux États-Unis en 1886 avec une grève générale, soutenu par des anarchistes. À Chicago, la grève s’étend 3 jours, une bombe explose et des altercations font des morts parmi les policiers. 5 syndicalistes sont condamnés à mort par pendaison et trois autres sont condamnés à la prison à vie. On pense à nos patriotes qui ont eu le même sort 50 ans auparavant pour s’être battu pour des revendications toutes aussi légitimes. Cependant, après 7 ans d’incarcération pour les trois syndicalistes, ils sont réhabilités car il a été établie par la suite que c’était la police de Chicago qui avait organisé elle-même l’attentat. Ça nous rappelle les tactiques de la GRC reprises un siècle plus tard pour faire passer des attentats à la bombe sur le dos des félquistes.

En 1890, la France et d’autres pays industrialisés emboîtent le pas avec la journée de manifestation le 1er mai pour la journée de travail de 8 heures. En 1891, la France connaît son propre drame : des manifestants sont fusillés, ce qui va ancrer encore plus cette journée dans les mœurs des ouvriers en Europe. Alors que plusieurs pays avaient adopté la journée du 1er mai comme une journée chômée jusqu’après la Première Guerre Mondiale, ainsi que, et surtout, la revendication même de cette journée, soit la journée de travail de 8 heures, les gouvernements de pays fascistes en devenir optent pour l’abolition ou la débaptisation de cette journée. Ce n’est que quelques années après la 2e Guerre Mondiale que certains pays remettent cette journée comme congé.

L’Histoire de cette journée perd progressivement de sa signification avec les années. La journée devient une journée plus festive que militante. En Amérique du Nord, elle perd de son importance au détriment de la Fête du travail. Même l’Église catholique récupère cette fête dans les années 50 pour nommer St-Joseph le saint patron des pères de familles et des travailleurs. Remarquez cette attitude habituel de la religion de toujours exclure la femme. Alors que l’Islam est souvent pointé du doigt aujourd’hui, c’est tout de même un parti islamiste qui a reconnu en premier, dans le monde arabe, le 1er mai comme étant la fête des ouvriers. Pas de chance que ça arrive de si tôt dans un pays capitaliste!

Dans les dernières années, cette commémoration est reprise partout dans le monde plus souvent qu’autrement par des syndicats. Au Québec, elle revêt aujourd’hui une signification spéciale. Comme cette journée a souvent été pour les syndicats au Québec un occasion de revendiquer la hausse de salaire, depuis deux ans, avec les mouvements grandissant en Amérique du Nord qui poussent pour la revendication d’une hausse salariale à 15$/h, des organisations locales ont réussi à amener cette revendication l’ordre du jour dans les centrales syndicales et les syndicats locaux. La hausse à 15$ est devenue notre suite à la «journée de travail de 8 heures». Elle a eu écho au Québec jusque dans les partis politiques.

Cette année, les syndicats qui organisent la marche du 1er mai ont décidé de mettre cette revendication comme thème principal. Donnons crédit à une des organisations actives sur le terrain, Alternative Socialiste, qui ont déjà côtoyé le RRQ sur le terrain il y a quelques années pour combattre le Réseau Liberté Québec à Montréal, pour leur acharnement sur cet enjeu, qui a fini par percer le filtre médiatique et politique. Nous sommes solidaires avec eux et nous enjoignons tous les gens à suivre leur contingent ce lundi au Parc Jean-Brillant à partir de 18h!

On continue le combat, parce que le combat du Québec libre est aussi une lutte de classe!