Le gouvernement Charest vient de cracher sur la démocratie. Pire, il la piétine comme rarement elle le fut dans l’histoire du Québec. S’il y a une chose à retenir de la Loi spéciale que le gouvernement Charest s’apprête à décréter à la hâte comme un bandit qui nous dépossède d’un de nos biens les plus précieux, c’est qu’aux yeux de ce gouvernement, la démocratie étudiante ne vaut rien. Et l’individualisme consumériste vaut tout.
Cette semaine, un journaliste de Québecor m'a contacté pour recueillir mes propos sur la crise sociale que traverse le Québec. Mais il n'a pu accomplir librement son travail. Voici le message qu'il m'a fait parvenir:
"Je suis désolé, je ne pourrai pas passer le débat que je t'ai proposé, mon boss m'a interdit de publier une entrevue avec toi. Je ne sais pas ce qui s'est passé entre toi et les hautes instances de Québecor mais on m'a formellement interdit de publier l'entrevue. J'en suis fort désolé, je n'y suis pour rien."
Voici le compte rendu de l'entrevue (les questions m'avaient été transmises par courriel). À vous de juger...
J’admire la lutte des étudiants. D’ailleurs, j’espère qu’elle sera victorieuse, que l’on reviendra au gel des frais de scolarité et qu’il s’agira d’un premier pas vers la gratuité scolaire. La hausse doit être bloquée, c’est clair. Toutefois, au-delà de la hausse ou du financement de l’éducation, quelque chose doit être discutée présentement qui l’est trop peu, tant chez les étudiants que chez ceux qui les appuient : l’avenir du Québec et de son modèle social-démocrate.
Je me suis réjoui comme beaucoup de Québécois de voir Nicolas Sarkozy, le protégé des arnaqueurs financiers de Power Corporation, pourfendeur de la souveraineté du peuple québécois, mégalomane narcissique de l’Élysée et dindon d’une poule de luxe exhibitionniste, se faire dégager par ses compatriotes dimanche dernier. J’ai félicité mes amis français pour ce clin d’oeil à l’humanité et j’ai levé mon verre à leur santé. Il faisait un soleil radieux en plus. Prenons le bonheur pendant qu’il passe.
Depuis que le printemps québécois a pris son envol, paradoxalement les Québécois ne semblent plus se soucier du fait que leur avenir se joue aussi beaucoup à Ottawa et de leurs impôts qu’ils y envoient… Sans doute est-ce un peu normal en raison de l’ampleur de la crise étudiante et de la colère générale contre le gouvernement Charest, mais c’est tout de même très inquiétant.